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Tchad : Péril sur la liberté de manifester

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59 personnes ont été arrêtées le 25 janvier dernier à N’djamena suite à des manifestations contre la vie chère. En plus d’interdire la manifestation la veille, le gouvernement tchadien a également ordonné la coupure d’Internet au cours de cette période. Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) dénonce ces violations flagrantes de la liberté d’expression et de manifestation.

A l’appel du collectif des associations de défense des droits de l’homme au Tchad, des milliers de manifestants se sont retrouvés le 25 janvier dernier dans les rues de N’djamena pour manifester contre la mal gouvernance et les mesures d’austérités prises par le gouvernement : hausse du prix du carburant, contre la cherté de vie, la coupure des indemnités, l’abattement de salaires des fonctionnaires, l’augmentation du taux de paiement des impôts sur le revenu des personnes physiques (IRRP) de 10 à 30% en fonction du niveau de salaires, etc.

La manifestation qui a été réprimée par la police s’est soldée par l’arrestation de près de 59 personnes accusées de« trouble à l’ordre public et non-respect d’un ordre d’interdiction ». La veille, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, M. Ahmadaye Abdelkerim Bhakit, a pris un décret d’interdiction de la manifestation pour « des raisons de sécurité ». Par ailleurs, dans la nuit du 24 au 25 janvier dernier, le gouvernement a ordonné la coupure de la connexion Internet avant qu’elle ne soit rétablie dans la nuit du 25 janvier. Accusés « d’attroupement non armé, coups et blessures volontaires sur les forces de l’ordre et destruction de biens », les manifestants arrêtés le 25 janvier ont été acquittés devant le Tribunal de grande instance de N’djamena.

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale dénonce fermement l’utilisation des moyens de répression disproportionnés par les forces de sécurité contre les manifestants pacifiques et condamne toutes les menaces et intimidations à l’encontre activistes, des défenseurs des droits humains au Tchad.

hurinews.com

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Extrait du communiqué du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale du 5/02/2018 au sujet des manifestations du 25 janvier dernier à N’djamena

De tout ce qui précède, le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale

(REDHAC) :

-dénonce fermement l’utilisation des moyens de répression disproportionnés par les forces de

sécurité contre les manifestants pacifiques;

-Condamne toutes les menaces et intimidations à l’encontre activistes, des défenseurs des

droits humains au Tchad ;

-Condamne l’atteinte à la liberté de manifestation pacifique qui se caractérise par la répression de la marche pacifique organisée par les activistes et les défenseurs des Droits Humains ;

-s’insurge contre l’atteinte à l’intégrité physique et psychologique des manifestants ;

Aussi, Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale demande :

Aux Autorités République Tchad de :

Assurer la protection physique et la sécurité de tous les Défenseurs des Droits Humains et des activistes au Tchad ;

Respecter la Résolution 281 sur le droit de manifestation pacifique de La Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples qui stipule : les Etats parties doivent « …S’abstenir de procéder à des arrestations arbitraires et au placement en détention de manifestants pacifiques et appelle à leur remise en liberté immédiate… » ;

Respecter les droits fondamentaux des citoyens Tchadiens garantis par la constitution et la Déclaration Universelle des Droits de l’homme de 1948 ;

Ratifier les instruments juridiques internationaux et régionaux relatifs aux Droits Humains, en particulier la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance (CADEG) ;

A la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) de :

Exiger des Etats de l’Afrique Centrale, en particulier le Tchad de respecter scrupuleusement la Résolution 281 sur le droit de manifestation pacifique de la CADHP ;

La Résolution 362 sur le droit à la liberté d’information et d’expression sur Internet en qui stipule : « 1. Engage les États parties à respecter et à prendre des mesures législatives et autres pour garantir, respecter et protéger le droit des citoyens à la liberté d’information et d’expression par l’accès aux services de l’Internet »… ;

la Résolution 20/8 du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies sur la “La promotion, la protection et l’exercice des droits de l’homme sur l’Internet”. Dispose : « 3. Engage tous les États à promouvoir et faciliter l’accès à l’Internet et la coopération internationale aux fins du développement des médias et des moyens d’information et de communication dans tous les pays;

A l’Union Africaine :

De mettre en place un mécanisme pour assurer la lutte contre l’impunité de quelque groupe que ce soit ;

-Donner des moyens adéquats au Rapporteur Spéciale sur la situation des Défenseurs en Afrique afin qu’elle veille à la documentation de toutes les représailles à l’encontre des Défenseurs et autres activistes des droits humains ;

-D’amener les gouvernements de l’Afrique Centrale par des moyens coercitifs à ratifier et respecter les dispositions de la CADEG et à faire des droits de l’homme une priorité;

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