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Cameroun : A quelques jours du dialogue : Le régime Biya fait enlever un activiste anglophone

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Abdulkarim Ali a été enlevé ce jeudi 26/09/2019 à Douala par des hommes armés et transférés à Yaoundé où il serait détenu au secret. L’acteur de la société civile est soupçonné de par ses prises de position d’être proche des milieux séparatistes.

Il symbolise le courage. Celui d’élever la voix contre les injustices que subit le peuple anglophone là où beaucoup préfère s’exiler. Pour le peuple du Southern Cameroons en quête de la restauration de la souveraineté de leur Etat telle que proclamée le 1er octobre 1961 par l’ONU, il est la voix des sans voix. Le pouvoir de Yaoundé n’a sans doute pas apprécié ses prises de position osées tant sur les chaînes de télévision que sur les réseaux sociaux. Ce dernier a procédé à son enlèvement.

De sources dignes de foi, Abdulkarim Ali a été enlevé ce jeudi 26/09/2019 à Douala par des hommes armés, détenu au secret avant d’être transféré à Yaoundé. Aux dernières nouvelles, Abdulkarim Ali se trouve au secrétariat d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie nationale (SED). Ce n’est pas la première fois qu’Abdulkarim Ali fait l’objet d’une arrestation par des forces de sécurité. Le 25 janvier dernier, l’activiste a été interpellé par la police à Douala, conduit à la délégation régionale à la sûreté nationale pour le Littoral avant d’être relâché le lendemain.

Abdulkarim Ali

Cet enlèvement d’Abdulkarim Ali intervient après qu’il ait participé récemment au côté des séparatistes anglophones à Genève en Suisse à une réunion avec l’organisme suisse HD Center en vue de la médiation pour une solution au conflit en cours dans le Cameroun anglophone.

Invitation des séparatistes au dialogue

Cette arrestation témoigne de l’hypocrisie et de la fourberie des dirigeants camerounais qui disent vouloir organiser un grand dialogue national en vue de trouver une solution à la crise anglophone mais en même temps on procède à l’arrestation de tous ceux qui épousent une vision contraire à celle du pouvoir en place concernant cette question anglophone. Quelle est donc la garantie qu’offre ce régime Biya aux séparatistes de la diaspora d’un retour sain et sauf dans leurs pays d’accueil au cas où il pose le problème de la séparation au cours du dialogue national auquel le gouvernement les convie ?

Il est tout de même curieux que pendant qu’on prône un dialogue inclusif, pendant qu’on demande aux forces séparatistes et à leurs leaders politiques basés à l’étranger de prendre part au dialogue national, on continue de massacrer des civils dans le Cameroun anglophone, on interpelle ceux qui sont soupçonnés d’avoir des opinions favorables aux séparatistes, on finance une campagne de presse contre les leaders séparatistes qu’on qualifie de « terroristes » coupables de tous les maux, contre les diplomates suisses accusés de « soutiens aux terroristes sécessionnistes ». Au fait, de qui se moque-t-on ?

Michel Biem Tong

 

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