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Cameroun: Alerte homophobie : Un jeune échappe à la prison pour homosexualité

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Isolé par sa famille, mis à l’index par les autorités policières, le jeune Hudrile Lopes est porté disparu. D’autres sources l’annoncent en Libye. Le jeune homme a disparu d’un hôpital militaire pour échapper à la prison pour son orientation sexuelle.

La chasse aux homosexuels se poursuit au Cameroun. Hudrile Lopes Nguewo, âgé de 27 ans, vient de l’apprendre à ses dépens. Du fait de ses activités homosexuelles, ce dernier a réussi en juin dernier à sortir discrètement de l’hôpital militaire de Yaoundé pour une destination inconnue car recherché par la police. Celle-ci venait de l’échapper à la mort suite à un lynchage dans un hôtel au quartier 8e à Nomkana, de la part du Rassemblement de la Jeunesse Camerounaise (RJC), une association anti-gay.

Depuis le 11 juillet dernier, Hudrile Lopes est introuvable à son domicile à Nkomkana, à Yaoundé. D’après un de ses amis qu’hurinews.com a contacté, le jeune homme a quitté le Cameroun pour la Libye, fuyant les persécutions. Selon des témoignages recueillis sur le terrain, Hudrile Lopes Nguewo et son compagnon Patrick Atangana était soupçonnés d’être gays depuis longtemps par leur entourage. L’information a été prise au sérieux par le RJC qui les ont pris en filature jusqu’au jour où ils seront surpris à la sortie de l’hôtel non loin de son domicile.

C’est ainsi que les deux seront lynchés copieusement et sauvé d’une mort brutale par la police du commissariat du 8e qui n’était pas loin du lieu. Patrick Atangana va succomber à ses blessures tandis que Hudrile va être transféré à l’hôpital militaire de Yaoundé pour plus de sécurité car la famille du défunt accusait Hudrile d’avoir perverti leur fils. Or, selon le voisinage de celui-ci, les deux « tourtereaux » se connaissaient depuis longtemps. C’est pourquoi les parents du défunt ont voulu étouffer cette affaire pour préserver leur image.

D’après plusieurs témoignages recueillis par hurinews.com, Hudrile Lopes et son partenaire ont été plusieurs fois torturés puis arrêtés par la police avant d’être relâchés faute de preuves. Ils l’ont toujours été sur la base de simples soupçons et ont changé maintes fois de résidence et de métiers (enseignant au privé, techniciens, etc).   L’homosexualité est punit par l’article 347 bis du Code pénal camerounais à au plus 5 ans de prison. Mais d’après Human Right Watch, cette prescription du Code pénal viole les dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) qui protège la vie privée et le droit à la non-discrimination.

Alternatives-Cameroun, l’Association pour la défense des Homosexuel-le-s (ADEFHO), l’association Cameroonian Foundation for AIDS (CAMFAIDS) et Human Rights Watch ont constaté en 2013 que depuis 2010, 28 personnes au moins ont fait l’objet de poursuites judiciaires pour relations homosexuelles au Cameroun. Le RJC a lancé un appel à retrouver  Hudrile et à le mettre à la disposition de la justice pour qu’il réponde de ses actes.

www.hurinews.com

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