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Cameroun : Armée : Ce BIR que le pouvoir de Yaoundé ne peut ignorer

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Créé pour lutter contre le grand banditisme et le terrorisme, le Bataillon d’intervention rapide (BIR) s’affirme de plus en plus comme la machine à terroriser du régime de Paul Biya sur le champ des opérations où il est interpellé. En cherchant à tenir pour quantité négligeable les accusations du journal d’investigation Mediapart contre cette unité d’élite de l’armée camerounaise, le gouvernement camerounais veut débarrasser le tigre des tâches noires qui peuplent son pelage.

Dire que « le  BIR est régulièrement accusé de violer les droits de l’Homme et de réprimer, sous couvert de la lutte anti-terroriste, les populations locales.» n’est pas nouveau. En l’écrivant, nos confrères du journal web français Médiapart n’ont fait que défoncer une porte déjà ouverte car le Bataillon d’intervention rapide (BIR) au Cameroun, unité d’élite créée en 2001 sous les cendres du Bataillon Léger d’Intervention est tristement célèbre pour ses violations massives des droits de l’homme. Et le gouvernement camerounais ne saurait l’ignorer.

A la seule évocation du BIR, le Camerounais ordinaire n’éprouve que de la peur. Normal. Le pouvoir de Yaoundé utilise ce corps d’élite de l’armée camerounaise choyé (financé sur le budget de la Société camerounaise des hydrocarbures) et puissamment armé pour soumettre le peuple camerounais au silence et même à l’assujettissement. Ce pouvoir a toujours usé du BIR pour réprimer dans le sang toute contestation populaire.

Limitation des mandats présidentiels

En avril 2008, Paul Biya a fait passer à l’Assemblée Nationale où son parti (RDPC) détient une majorité obèse un projet de loi portant levée du verrou de la limitation des mandats présidentiels lui permettant de s’éterniser au pouvoir. Ce, deux mois après que le BIR ait écrasé dans le sang le soulèvement populaire contre ce projet de modification de la loi fondamentale. Bilan : Plus de 100 morts selon des ONG. Une quarantaine de sources officielles.

Le BIR en action

 

Dans le cadre de la lutte contre la secte islamiste Boko Haram à l’Extrême-Nord, le BIR n’a pas bonne presse. Des ONG internationales ont épinglé ce corps d’armée pour ses multiples violations des droits humains. Dans un rapport de 74 pages redu public le 20 juillet 2017 et intitulé « Chambres de torture secrètes au Cameroun : violation des droits de l’homme et crimes de guerre dans la lutte contre Boko Haram », Amnesty international documente 24 méthodes de torture utilisées notamment par le BIR contre des civils soupçonnés d’être des membres de Boko Haram, dans des centres de détention notamment le camp du BIR de Maroua-Salak (Extrême-Nord).

Crise anglophone

Dans le Cameroun anglophone où le peuple se bat pour la restauration du Southern Cameroons, indépendant depuis le 1er octobre 1961, le BIR y procède à des massacres des civils ainsi qu’à l’incendie des villages et des champs, à la torture et aux mutilations des corps de leurs victimes.

S’il est vrai comme le pense le gouvernement camerounais dans sa communication de ce dimanche 22 septembre 2019 que le Bataillon d’intervention rapide s’illustre par des actes de bravoure notamment dans le cadre de la lutte contre Boko Haram ainsi que par ses actions humanitaires en faveur des populations, il est cependant irresponsable de toujours balayer d’un revers de la main toutes les informations sur les violations des droits humains perpétrées par ce corps d’élite de l’armée camerounaise. Passer tous ces crimes de guerre et crimes contre l’humanité du BIR par pertes et profits contribue à les favoriser.

Dire également que dans le cadre du conflit dans le Cameroun anglophone, le BIR utilise les armes et du matériel roulant fournis par la France n’a rien d’une révélation. Le silence de la France face aux massacres des populations civiles dans la zone anglophone du Cameroun cache difficilement sa complicité et même sa participation à ce climat de terreur que fait régner le BIR dans le Southern Cameroons.

Michel Biem Tong

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