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Cameroun : Climat post-électoral : Maurice Kamto menacé d’assassinat, la liberté d’expression en péril

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Des militants de l’opposition ont été arrêtés ce dimanche 21 octobre en matinée par la police alors qu’ils voulaient prendre part à une manifestation contre ce qu’ils considèrent comme un hold-up électoral. Des journalistes qui voulaient couvrir la manifestation ont également été interpellés. Maurice Kamto, candidat du parti MRC, menacé d’assassinat d’après le Comité de Libération des Prisonniers Politiques et interdit de sortir du territoire. La connexion Internet perturbée.

A mesure qu’approche l’heure de la proclamation des résultats de la présidentielle du 7 octobre dernier, la tension monte. Une bonne partie de l’opinion favorable au candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), Maurice Kamto, estime qu’il est le vainqueur de l’élection présidentielle et est victime d’un hold-up électoral. C’est pour dire « non » à ce hold-up électoral que Jean Michel Nintcheu, député du parti d’opposition Social Democratic Front (Sdf), a appelé à une grande mobilisation des populations pour ce dimanche 21 octobre 2018 au rond-point Dakar à Douala.

Malgré l’interdiction de cette manifestation par les autorités administratives, le député du SDF a maintenu son initiative. Le lieu du départ de la manifestation ce dimanche matin était bouclé par la police et la gendarmerie. Des militants et sympathisants de Maurice Kamto qui voulaient s’y aventurer pour manifester ont été interpellés. C’est le cas de Christian Marcel et un certain Laurent Ngouabo Deffo. Le premier séjourne en ce moment au commissariat du 8e arrondissement tandis que le second se trouve dans les locaux de la sécurité militaire à Douala. Narcisse Nganchop, président du mouvement « Tout Sauf Biya » a également été arrêté puis conduit

Yaoundé déjà militarisé

à la division de la police judiciaire du Littoral à Douala. Pendant ce temps, les résidences de Jean Michel Nintcheu et d’Edith Kah Walla, présidente du CPP et du mouvement Stand Up Cameroon, étaient encerclées par la police.

Maurice Kamto

Des militants du Mrc ont également été pris à partie par les forces de maintien de l’ordre. En milieu de semaine dernière, un militant du parti de Maurice Kamto a reçu une balle dans les pieds de la part d’un gendarme à Ebolowa, dans la région du Sud dont est originaire Paul Biya. Les têtes de proue du Mrc ne sont pas épargnées par cette vague de menace et d’arrestations. Invité d’une émission sur la chaîne panafricaine Afrique Média, Paul Eric Kingue, directeur de campagne de Maurice Kamto a été interpellé par la police à son domicile à Yaoundé ainsi que le Directeur général de la chaîne de TV, Justin Tagouh. Au cours de l’émission, Paul Eric Kingue a appelé les populations à manifester pacifiquement pour défendre leur victoire et a déclaré qu’il ne reconnaît que Maurice Kamto comme président élu de la République du Cameroun.

S’agissant de Maurice Kamto, des informations concordantes font état de ce que la résidence du candidat du MRC à Yaoundé est surveillée par la police et les services de renseignements. D’autres informations font état de ce qu’il est interdit de sortie du territoire camerounais. Le 8 octobre dernier, Maurice Kamto avait annoncé qu’il est le vainqueur de la présidentielle de 2018 et invité le président sortant Paul Biya à se préparer à lui passer le pouvoir pour éviter une crise post-électorale. Dans une alerte publiée sur les réseaux sociaux (voir plus bas), le Comité de libération des prisonniers politiques, ONG basée en France, indique que les services de sécurité et de renseignement ont élaboré un plan pour assassiner Maurice Kamto.

Maurice Kamto

Facebook perturbé

En plus de la liberté d’expression mise en danger, la liberté de presse a également été sérieusement menacée. Josiane Kougheu, journaliste à Le Monde Afrique et correspondante de l’agence de presse anglaise Reuters a été arrêtée par la police tout comme son chauffeur. Tous deux ont été conduits à la Direction de la surveillance du territoire à Douala. Aux dernières nouvelles, ils ont été libérés grâce à la pression du président du Syndicat national des journalistes camerounais. La liberté d’Internet a également été fortement entravée. Le réseau social Facebook était sérieusement perturbé pendant toute la matinée du dimanche 21 octobre prévu pour la manifestation.

En ce lundi de proclamation des résultats des élections, des manifestations sont annoncées au rond-point de la poste centrale à Yaoundé. D’autres manifestations des Camerounais de l’étranger sont annoncées en France, en Italie, en Angleterre cette semaine après celles des USA, de l’Allemagne et du Canada qui ont eu lieu le week-end qui vient de s’achever.

Michel Biem Tong

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ALERTE SUR LES MENACES PESANT SUR LE CANDIDAT À LA PRÉSIDENTIELLE MAURICE KAMTO ET SES PRINCIPAUX SOUTIENS

Notre organisation vient d’être informée que deux véhicules de police stationnent ce soir (21 octobre, ndlr) à 18h28 devant le domicile à Douala de M. Albert Dzongang homme politique camerounais, ancien député du RDPC et ancien candidat à l’élection présidentielle au Cameroun, qui s’est rallié à la coalition conduite par le Professeur Maurice Kamto à l’occasion du scrutin du 07 octobre dernier.

Dans un bulletin d’alerte précédent publié le 15 octobre 2018 nous faisions déjà état selon une source anonyme d’un plan en préparation dans les services de sécurité et de renseignement du Cameroun, en prévision de la proclamation officielle de l’élection présidentielle demain lundi 22 octobre, visant notamment à, selon la source :

« Supprimer » Albert Dzongang, homme politique camerounais, ancien député du RDPC et ancien candidat à l’élection présidentielle au Cameroun, qui s’est rallié à la coalition conduite par le Professeur Maurice Kamto à l’occasion du scrutin du 07 octobre dernier.

« Neutraliser » Maurice Kamto et l’un de ses principaux lieutenants Christian Penda Ekoka, ancien conseiller économique du président Biya rallié lui-aussi à la coalition conduite par le Professeur Kamto à l’occasion du scrutin du 07 octobre dernier.

Nous alerterons ainsi autant que nous le pourrons les principaux partenaires du Cameroun, les opinions publiques, et les différents médias à mesure que ces menaces se feront précises et pourraient être mises à exécution.

Fait à Paris le 22 octobre 2018

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques – CL2P

http://www.cl2p.org

 

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