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Cameroun : Climat social : Vers une autre émeute de la faim ?

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La crise anglophone a eu le don d’asphyxier économiquement le Cameroun. La crise des devises annoncée récemment pourrait entraîner une réduction des importations et par conséquent une hausse des prix sur le marché de la consommation largement extraverti, qui risque déboucher sur un autre soulèvement populaire comme en 2008. L’incendie (accidentel ou volontaire ?) de la Société nationale de raffinage n’est pas pour arranger les choses.

Les faucons et autres sécurocrates qui ont conseillé à Paul Biya de déclarer le 30 novembre 2017 la guerre aux « terroristes sécessionnistes » dans le Cameroun anglophone n’auront pas fait beaucoup de biens au Cameroun et aux Camerounais. Peut-être avait-il tellement confiance au Bataillon d’intervention rapide, au Bataillon d’infanterie motorisé, au Bataillon des troupes aéroportées et à d’autres unités d’élite de l’armée camerounaise croyant qu’elles n’allaient faire qu’une bouchée des « Amba Boys » porteurs de simples fusils de chasse en 2 semaines. Malheureusement, cette guerre qui continue de battre son plein aura fait plus de mal au Cameroun que de bien car elle expose le pays à un désastre économique qui risque déboucher vers une émeute de la faim comme celle de fin février 2008 si on n’y prend garde.

En effet, la guerre déclenchée au Cameroun anglophone par le pouvoir de Yaoundé a eu un fort impact sur l’économie de tout le pays. Des entreprises telles que Pamol, Cameroon Development corporation (2e gros employeur après l’Etat) sont en cessation d’activité. D’après L’Office national du cacao et du café, lors de la campagne cacaoyère de 2016/2017, 45% du cacao national était produit dans le sud-ouest anglophone. Avec ce conflit, l’on peut imaginer la chute libre. Fin mai dernier, c’est la Société nationale de raffinage de pétrole (Sonara) qui était incendiée. D’aucuns parlent d’une main criminelle derrière ledit incendie.

 

Cet état de fait n’est pas sans conséquences sur le coût de la vie car la Sonara en quasi-cessation d’activité risque influer sur les prix du pétrole et par conséquent sur ceux des produits de première nécessité. Déjà, sur les marchés camerounais, le poisson devient de plus en plus cher. Lors du Conseil de cabinet du 28 février 2019, le Premier Ministre, Dion Ngute a émis le souhait que l’importation du poisson et du riz soit réduite. Sans doute dans le but d’économiser de l’argent. Dans son communiqué rendu public le 29 juin dernier, le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) a annoncé une crise des devises (monnaie étrangère) qui ralenti considérablement les entreprises d’importation.

 

Cette situation risque entraîner une hausse généralisée des prix de produits de première nécessité. Et bonjour les émeutes de la faim. Bonjour la galère pour les fonctionnaires qui risquent avoir tout le mal du monde à être payé. Bonjour la galère des bénéficiaires de marchés publics qui auront tout le mal du monde à voir leur facture réglée. A cause de l’extrémisme de quelques dirigeants camerounais qui ont toujours pensé que la méthode forte peut étouffer une revendication vieille de plus de 30 ans.

Michel Biem Tong

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