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Cameroun : Crime de guerre : La famille du pasteur ghanéen Isaac Attoh menace de poursuivre Paul Biya devant la CPI

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Elle donne une semaine au gouvernement pour donner des nouvelles de l’homme de Dieu. Les proches d’Isaac Attoh qui accusent l’armée camerounaise de l’avoir assassiné  disent avoir appris que son corps a été sorti de la morgue de l’hôpital de Bali, au Southern Cameroon, puis enterré sans qu’ils aient été prévenus.

« Nous voulons justice, tout ce que nous voulons c’est que justice soit faite et si d’ici une semaine nous n’entendons rien de ce président (Paul Biya, ndlr), nous allons le traîner devant la Cour pénale internationale », rage Priscilia, belle-sœur du Revérend Isaac Attoh, pasteur ghanéen tué le 14 juillet dernier à Batibo, dans le Southern Cameroon au cours d’une opération militaire dans cette localité contre les combattants indépendantistes. Ce vœu de saisir la justice internationale, la famille de l’homme de Dieu l’a exprimé dans une interview réalisée à Accra au Ghana par nos confrères de National Telegraphist.

Quelques membres de la famille du pasteur à Accra au Ghana, attristés

D’après Ebenezer Attoh, son grand frère, Rév.Isaac Attoh a été tué par des militaires camerounais. Il raconte dans la vidéo que son frère cadet a quitté le Ghana le 10 juillet 2018 pour une mission évangélique au Cameroun. Il est d’après Ebenezer Attoh arrivé à Yaoundé le vendredi 13 juillet 2018. C’est à cette date que la famille dit avoir eu de ses nouvelles pour la dernière fois.

Le gouvernement accusé d’avoir enterré le corps

S’agissant de la dépouille du pasteur, la famille dit avoir appris mardi dernier que le corps se trouvait à la morgue d’un hôpital à Bali. Avant d’être informé le lendemain que le gouvernement camerounais a enterré le corps pour effacer toute évidence : « l’on nous a appris que le gouvernement a enterré le corps d’Isaac. La famille n’a même pas été prévenu ni le gouvernement gnanéen. C’est méchant et inhumain », rage le frère aîné du pasteur.

Depuis la nouvelle du meurtre du pasteur ghanéen, le gouvernement camerounais n’a fait aucune déclaration à propos. La tentative de la rédaction de www.hurinews.com de joindre son porte-parole et ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, s’est avérée infructueuse. Âgé de 28 ans, Isaac Attoh a laissé une femme et un bébé de 2 mois.

Michel Biem Tong   

 

A propos de la saisine de la Cour pénale internationale

Contrairement à ce que pensent très souvent les soutiens et thuriféraires de son régime, Paul Biya est bel et bien passible de poursuites devant la Cour pénale internationale. Il est vrai que le Cameroun n’est pas partie au Statut de Rome pour ne l’avoir pas encore ratifié. Mais le pays fait partie des Etats signataire dudit Statut. La famille Atoh peut bien saisir la Cour pénale internationale en s’appuyant sur l’article 15 alinea 1 du Statut de Rome qui dispose que « Le Procureur peut ouvrir une enquête de sa propre initiative au vu de renseignements concernant des crimes relevant de la compétence de la Cour ».  L’article 13 (b) dispose que le Conseil de sécurité des Nations Unies puisse renvoyer une affaire de crime de guerre ou de crime contre l’humanité devant la CPI, que l’Etat soit partie au Statut de Rome ou pas. Que les « Biyalâtres » ne se réjouissent donc pas trop vite !

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