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Cameroun: Crise anglophone: Il faut protéger les défenseurs des droits de l’homme

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L’appel vient d’être lancé par les organisations Frontline Defender et le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale  (REDHAC) à travers une lettre adressée au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Ci-dessous, l’intégralité de la lettre ci-dessous:

Chers membres du Conseil de sécurité;

Le Réseau des défenseurs des droits de l’homme en Afrique centrale, dont le siège est à Douala-Cameroun et qui couvre 8 pays d’Afrique centrale et Front Line Defenders dont le siège est à Dublin, les organisations en charge de la protection et de la sécurité des défenseurs des droits de l’homme saisissent votre illustre organisation pour vous exhorter de prendre les mesures appropriées pour la protection et la sécurité des défenseurs du Cameroun en général, et des défenseurs des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en particulier.

Depuis octobre 2016, le Cameroun connaît une crise socio-politique sans précédent, qui a débuté avec la grève des avocats anglophones (pour la traduction en anglais des textes de l’OHADA) (Bamenda, Nord-Ouest), suivie de la grève des anglophones professeurs et étudiants de l’Université de Buea (Sud-Ouest); suivi de la création du Consortium de la société civile anglophone et mise en place d’un dialogue entre l’État et le consortium, dialogue qui sera rapidement interrompu par le gouvernement:


1er octobre 2017: tentative de proclamation de la sécession par les Ambazoniens, 100 personnes ont été tuées par les forces de sécurité, et depuis cette date, la crise sociopolitique a pris de l’ampleur dans les conflits armés entre les séparatistes radicalisés et le gouvernement camerounais via les forces de sécurité et de défense.

De manière générale, la situation des droits de l’homme, des libertés fondamentales ainsi que de la protection et de la sécurité des défenseurs au Cameroun reste très préoccupante même si nous pouvons saluer la brève volonté politique du président Paul Biya dans la recherche de solutions. Cela a abouti à la convocation du Grand Dialogue national le 30 septembre 2019 bien qu’il ne reflète pas le caractère inclusif que tout le monde attendait, la libération de 333 militants le 3 octobre 2019 et la poursuite de l’accusation de certains dirigeants et militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), parti d’opposition, en particulier le Pr. Kamto, candidat et 2e à l’élection présidentielle de 2018.

Au-delà des nombreux abus et violations graves des droits de l’homme observés dans ce conflit et perpétrés par les deux parties au conflit, il convient de noter la prolifération des groupes armés et des armes de petit et de gros calibre. Ce qui nous préoccupe le plus, ce sont de nombreuses arrestations et détentions arbitraires. Plus de 1 000 dossiers de militants sont toujours pendants devant le tribunal militaire, qui n’a pas vocation à juger des civils. Outre les arrestations et les détentions, les défenseurs des droits humains paient le prix fort, les disparitions forcées, les menaces de mort, les assassinats ciblés, les agressions physiques et les contacts sexuels, les attaques contre la propriété privée, la filature, l’exil forcé.

 

 

 

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