Accueil»Dernières Infos»Cameroun : Crise anglophone : L’armée et les indépendantistes accusés de violations des droits humains

Cameroun : Crise anglophone : L’armée et les indépendantistes accusés de violations des droits humains

1
Partages
Pinterest Google+

Dans un rapport qu’elle vient de rendre public, l’ONG Amnesty International accuse les forces de défense et de sécurité d’exécutions extrajudiciaires, de torture, d’incendies des cases villageoises. L’organisation pointe aussi du doigt les indépendantistes armés pour leurs nombreuses atteintes aux droits humains.

Pour Amnesty International, la violence dans le Southern Cameroon est le fait des deux camps. Celui de l’armée accusée de s’en prendre aux populations civiles soupçonnées d’être d’intelligence avec les mouvements indépendantistes et celui de ces derniers qui ciblent aussi bien les personnes qu’ils considèrent comme des traîtres à leur cause que les forces de défense et de sécurité. Telle est du moins la conclusion que l’on tirerait du rapport de 39 pages que vient de commettre l’ONG internationale Amnesty International.

D’après ce rapport intitulé « Une tournure tragique : Violences et atteintes aux droits humains dans les régions anglophones du Cameroun », l’armée, dont le redoutable Bataillon d’intervention rapide (BIR), a procédé à des exécutions extra-judiciaires des civils non armées lors des opérations menées à Dadi en décembre 2017 et à Kombone en février 2018. Il s’agit des personnes soit qui fuyaient les militaires, soit qui revenaient des champs.

Mais Amnesty International n’a pas produit le chiffre global des civils non armés sommairement exécutés par des militaires dans le Southern Cameroon au cours de la période considérée dans son enquête (septembre 2017 et mai 2018) si ce n’est celui des personnes tuées lors des manifestations du 1er octobre 2017 marquant la commémoration de l’indépendance du Southern Cameroon. L’ONG parle de plus de 20 personnes tuées par des militaires à cette occasion.

Des éléments du Bataillon d’intervention rapide (BIR)

Kwakwa parti en fumée

En plus des homicides, l’armée camerounaise est également accusée d’user de la torture pour extorquer des aveux aux personnes soupçonnées d’être proches des indépendantistes anglophones. Amnesty international parle de « 23 arrestations arbitraires…(lors de la bataille de Dadi, dans le Sud-Ouest, ndlr). Les personnes arrêtées ont été détenues au secret et torturées, et l’une d’elles est morte en détention », lit-on dans le rapport.

Amnesty International accuse aussi l’armée de procéder à la destruction des biens et propriétés ainsi qu’à l’incendie des cases villageoises. Selon Amnesty International, le village Kwakwa a été presqu’entièrement rasé fin janvier 2018. Le rapport déplore qu’aucune sanction n’ait été prise à l’encontre des membres des forces de défense et de sécurité responsables de toutes ces violations des droits humains.

Amnesty International épingle également les indépendantistes anglophones : « Entre février 2017 et mai 2018, par exemple, au moins 42
écoles dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest ont été attaquées, dont 36 brûlées lors d’incendies volontaires, 11 endommagées par d’autres types d’attaques, sans compter deux autobus scolaires qui ont été réduits en cendres, ainsi que des étudiants et des enseignants qui ont dû faire face à des actes de harcèlements et des agressions divers. Au moins trois enseignants ont été tués au cours de la même période et deux directeurs d’écoles kidnappés »
, lit-on dans le rapport de l’ONG.

Des réfugiés anglophones s’enregistrant auprès du HCR à l’est du Nigéria

Enquête indépendante 

Ce dernier  fait également état d’« au moins 44 membres des forces de sécurité ont été tués lors d’attaques de postes de contrôle, dans les rues, ou sur leurs lieux d’affectation » entre septembre 2017 et mai 2018. Mais Amnesty international attribue ces actes de violence à  des « groupes d’individus agissant de leur propre chef ou en soutien de groupes séparatistes armés autoproclamés ». Notons qu’en dehors de deux fonctionnaires tués et des forces de sécurité, le rapport d’Amnesty International n’a pas recensé des cas de morts parmi les populations civiles, exécuté par les indépendantistes anglophones.

Cette atmosphère violente a entraîné comme conséquence « 150 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays et plus de 20 000 ont fui vers le Nigeria », d’après le rapport qui s’appuie sur les chiffres du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés d’avril 2018. Amnesty International invite les autorités camerounaises à ouvrir des enquêtes indépendantes sur ces violations des droits humains, entre autres recommandations.

www.hurinews.com

Commentaires

commentaires

Article précédent

Cameroun : Alerte : Un journaliste menacé de mort par des réseaux pédophiles

Article suivant

Cameroun : Massacres de Menka : Mandela Center appelle à un procès des auteurs devant la CPI