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Cameroun : Crise anglophone : Près de 2 ans en prison sans procès pour un mineur

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Arrêté le 1er octobre 2017 en zone anglophone, le jeune Norbert, aujourd’hui âgé de 19 ans, est à la prison centrale de Yaoundé depuis le 3 octobre 2017, date à laquelle le Tribunal militaire de Yaoundé s’est déclaré incompétent pour le juger parce qu’il avait moins de 21 ans et par conséquent décidé de faire transférer le jeune homme à Bamenda pour être jugé devant un tribunal civil.

Abia Norbert Abah c’est son nom. Le 1er octobre 2017, alors qu’il a 17 ans, il a été arrêté à Mamfe (sud-ouest anglophone) par un soldat du Bataillon d’intervention rapide (BIR) lors des manifestations marquant la commémoration du 56e anniversaire de l’indépendance du British Southern Cameroons (devenu régions anglophones de la République du Cameroun), a appris hurinews.com d’une source proche de la famille du détenu. Déporté à Yaoundé, il est d’abord gardé-à-vue au secrétariat d’Etat à la défense (SED) avant d’être transféré à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui.

Le 3 octobre 2017, le parquet du Tribunal militaire de Yaoundé a décidé que ledit Tribunal n’a pas compétence pour le juger parce qu’il a moins de 21 ans. Par la même occasion, son transfèrement à Bamenda en vue d’être jugé par un tribunal civil a été décidé. Mais jusqu’à ce jour, Abia Norbert, aujourd’hui âgé de 19 ans, est toujours à la prison centrale de Yaoundé. Tous les efforts y compris financiers entrepris par les membres de sa famille à cette fin n’ont pas abouti, confie un membre de sa famille.

Voilà comment le pouvoir de Yaoundé entretient un conflit qui dure depuis près de 2 ans. Il inflige des tortures, des brimades, des frustrations et des souffrances inutiles aux familles anglophones en séquestrant arbitrairement de jeunes enfants à la fleur de l’âge. Juste parce qu’ils sont originaires des régions anglophones. Juste parce que les Anglophones revendiquent la souveraineté de leur territoire, l’ex-British Southern Cameroons, indépendant depuis le 1er octobre 1961, l’union avec la République du Cameroun s’étant avérée être un marché de dupes.

Au nom des intérêts de la France en zone anglophone, le pouvoir de Yaoundé, en bon valet de chambre de cette dernière, nie aux Anglophones le droit d’exister en tant que peuple alors que la Charte des Nations Unies leur reconnait le droit de s’autodéterminer. Jusqu’à quand ?

Michel Biem Tong    

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