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Cameroun : Crise anglophone : Une victime des événements du 1er octobre 2017 parle…

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Passée à côté de la mort, rescapée de la journée du 1er octobre 2017 où l’on a dénombré 17 morts, SUZANNE NGUIMBOUS II,  sexagénaire raconte les atrocités et le modus operandi des séparatistes. Entre barbarie et sauvagerie vécues par cette dernière, c’est un traumatisme qui sévit de façon permanente en elle.

HURINEWS : Suzanne NGUIMBOUS II, que vous rappelle la date du 1er octobre 2017 ?

Suzanne N. « C’est dur, très dur même d’évoquer cette date. Seulement à y penser je revis le film d’horreur de ma vie. J’ai vu mon mari être tué à bout portant, mes filles être violées devant mes yeux, j’ai vu comment des hommes ligotent des êtres humains comme des animaux. Le 1er octobre s’effacera de ma mémoire quand la mort me prendra ».

HURINEWS : Qu’est-ce qui s’est concrètement passé ce jour-là ?

Suzanne N.   « Je ne sais pas si c’était le plan de Dieu ou le destin. Nous étions au petit matin de ce jour-là, nous venions comme il était de coutume de finir la méditation matinale étant donné que mon mari et moi étions chrétiens. C’est après 5 minutes que des hommes sont apparus à la maison avec des armes, des couteaux et des gourdins. Ils étaient 5. Je n’ai pu voir le visage de personne d’entre eux. Ils avaient l’air d’être des soldats comme des Ninjas. Seuls leurs yeux étaient visibles. Ils ont maitrisé la maison et ce triste spectacle a duré une vingtaine de minutes sans que personne dans le village ne se rende compte. Ils ont accompli ce que je vous ai dit tout à l’heure et ils nous ont conduit vers une destination inconnue en laissant mon mari mort sur du sang au salon ».

HURINEWS :  Comment expliquez-vous que votre domicile ait été pris pour cible par ces personnes ?

« Cette crise a tué mon mari et détruit ma vie. Je reviens de loin… »

Suzanne N.   « Je ne peux vraiment pas vous expliquer. La seule chose que je sais c’est que mon mari était trop affiché en tant que militant du parti de Paul Biya et les membres du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais) pour la plupart ne s’affichait plus car la population jetait la responsabilité du mal être, de la pauvreté et du sous-développement à ce parti politique. Je me dis que c’est cette affaire de politique qui nous a plongé dans cette situation ».

HURINEWS : Qu’est devenu le reste de votre famille aujourd’hui ?

Suzanne N. « Ça me fait mal ! Ça me fait très mal. Je ne connais pas ou sont mes filles, mon fils. Est-ce qu’ils vivent ? Est-ce qu’ils sont morts ? Dieu seul connait. Je lance d’ailleurs un appel à ceux qui connaissent les enfants NGUIMBOUS de leur dire que je suis en vie. Je ne sais plus s’ils sont dans le nord-ouest ou le sud-ouest. J’ai une fille qui était allé en aventure, j’ai perdu ses traces. Elle n’est pas au courant que son père est mort et que nous avons failli aussi mourir. S’il vous plait aidez – moi à retrouver mes enfants. Le pays est devenu difficile à vivre. Chaque jour qui passe je me dis je vais mourir ».

HURINEWS : Comment comptez-vous vous remettre de cette situation ?

Suzanne N. « Je n’ai plus envie de vivre ici, à l’extrême nord il y a BOKO HARAM, dans le centre et l’ouest c’est le tribalisme, dans le nord-ouest et le sud-ouest, les anglophones et les ambazoniens veulent avoir leur pays à part et nous les francophones ont est pas la bienvenue là-bas. Le pays ne change pas. Mes enfants sont soit perdus soit morts, notre champ de culture du manioc pour faire du tapioca, notre maison sont perdus, je veux aller mourir loin car ici c’est la peur tout le temps. Même quand je dors revois comment on viole mes filles, on tue mon mari et on me viole. Que le Seigneur me protège ! ».

HURINEWS : Avez-vous un mot pour la fin ?

Suzanne N. « Je veux qu’on me remette mon mari, je veux me retrouver avec mes enfants et surtout mon petit fils. Il faut que le gouvernement parte voir la situation dans les zones anglophones. Tous les jours on menace les gens avec les armes, tous les jours les gens meurent, on vit avec la peur. Il faut que la paix revienne au Cameroun, au temps de AHIDJO ce n’était pas comme ça même si c’était aussi dur. Je veux qu’on me redonne ma vie ».

Propos recueillis par la rédaction de hurinews.com

 

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