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Cameroun : Crise anglophone : Voici la liste des faux combattants séparatistes présents au dialogue national

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Lors du dialogue national qui s’est tenu à Yaoundé du 30 septembre au 4 octobre 2019 dans le but de trouver une solution à la crise anglophone, le pouvoir de Yaoundé a présenté à l’opinion nationale et internationale des jeunes comme étant des ex-combattants séparatistes ayant volontairement choisi de déposer les armes. Pourtant, il ne s’agit ni plus ni moins que de prisonniers, d’anciens bandits, de parents de hauts gradés dans l’armée et autres jeunes n’ayant jamais porté les armes.

 

C’est à une véritable escroquerie intellectuelle que l’on a assisté entre le 30 septembre et 4 octobre 2019. En organisant le Grand Dialogue National, le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya a donné l’impression qu’il était mû par la volonté de trouver une solution au conflit qui sévit depuis près de 2 ans dans le Cameroun anglophone. Au regard de certains faits qui ont marqué ce qu’il est convenu d’appeler une « grande foire nationale », force est de relever sans risque de se tromper que l’objectif visé par le pouvoir de Yaoundé en organisant ce « dialogue national » était de rouler l’opinion internationale dans la farine en donnant l’impression que ce dialogue était véritablement inclusif. La propagande officielle a par exemple présenté de jeunes gens comme étant des ex-combattants séparatistes ayant volontairement déposé les armes. Or d’après les investigations menées par votre journal en ligne www.hurinews.com, ils n’ont jamais combattu nulle part au côté des séparatistes armés. Il s’agit pour la plupart d’entre eux de prisonniers, de commerçants, d’ancien chef de gangs, etc. Ci-dessous, la liste non exhaustive de ces faux ex-combattants séparatistes.

1-Kawa Yannick Kawa

Agé de 27 ans, Kawa Yannick Kawa a été présenté comme un ex-combattant séparatiste lors du dialogue national. C’est lui qui, au nom des combattants ayant déposé les armes, a pris la parole lors de la cérémonie d’ouverture de ce grand dialogue. Mais Yannick Kawa Yannick n’a jamais combattu au côté des véritables séparatistes armés. Il était le chef d’un gang de voyous qui, profitant du conflit anglophone, kidnappaient contre rançons, terrorisaient la population. Invité dans une radio locale à Kumba (sud-ouest) fin juillet dernier, Kawa Yannick Kawa a avoué que s’il a déposé les armes c’est parce que les populations de Mamfe, Kumba et Mundemba où il a installé des camps commençaient à avoir peur de ses méthodes et les autres chefs de gang lui en voulaient à cause du mauvais partage du butin des kidnappings contre rançons. Rappelons que les vrais combattants séparatistes vivent en harmonie avec la population et ne tournent pas ses actions contre celle-ci mais contre tous les symboles de l’Etat (police, gendarmerie, armée, autorités administratives, etc.) qu’ils considèrent comme colonisateur, « annexeur ».

2-Gloria Akwen Ndawi

Il s’agit de la jeune fille qui apparait en rouge au premier rang des prétendus ex-combattants qui ont chanté l’hymne national du Cameroun lors de la cérémonie d’ouverture du grand dialogue national au palais des Congrès de Yaoundé. Pourtant, il n’y a pas quelques semaines, elle était présentée dans une vidéo virale ayant suscité émotion et consternation comme ayant été enterrée vivante par les présumés séparatistes dans la localité de Guzang, au nord-ouest du Cameroun. Dans d’autres vidéos précédentes, elle s’est présentée comme ex-combattante ayant déposé les armes. C’est à se demander comment on peut passer d’ex-combattante séparatiste à enterrée vivante avant de ré-apparaître dans une cérémonie si ce n’est pas de la manipulation.

3-Agha Roméo

Agha Roméo a aussi été présenté au cours du dialogue national comme un ex-combattant. Pourtant, d’après nos informations, il n’est ni plus ni moins que le neveu du général Agha Robinson, haut gradé de l’armée camerounaise et commandant de la 5e région militaire basé en zone anglophone. Comme quoi, un général d’armée envoie son neveu jouer les ex-combattants à Yaoundé. Qui sait ? Peut-être que combattant séparatiste Agha Roméo l’était véritablement. Dans cette hypothèse, il y a de forte chance qu’il ait été un infiltré au sein de ces groupes armés au profit de son général d’oncle.

4-Douanla Edune Kenne

Originaire de l’Ouest-Cameroun, commerçant bien connu à Bamenda depuis plusieurs années, il était pourtant présent parmi les combattants repentis au palais des Congrès de Yaoundé lors du grand dialogue national.

5-Kwela Marvin

Il s’agit de l’un des 9 prétendus ex-séparatistes armés présentés à la presse le 3 octobre dernier au palais des Congrès des Yaoundé et qui faisait un témoignage en feignant de pleurer. Kwela Marvin n’a jamais été un combattant. Avant le début de la lutte armée en zone anglophone en décembre 2017, Kwela Marvin avait déjà été arrêté puis jeté à la prison centrale de Yaoundé dans le cadre de la crise anglophone. C’est en mai dernier, à l’occasion de la visite du Premier Ministre, Dion Ngute, qu’il est sorti de la prison sous le prétexte d’une maladie pour aller jouer les ex-combattants à Nkambe (nord-ouest), la localité où il réside. De sources proches de ce pénitencier, il occupait un local au quartier 3 de ladite prison et était utilisé par les services secrets camerounais pour espionner les prisonniers anglophones.

  1. Barthélémy

Il s’agit du prénom d’un des 5 ex-combattants présentés à la presse ce 2 octobre 2019 au palais des Congrès dans le cadre du dialogue national. Nous n’avons pas pu obtenir son nom complet. Mais un habitant de Souza, localité située non loin de Douala dit l’avoir reconnu comme son voisin au lieudit « tapez les bœufs » non loin de l’école publique de Souza. D’après ce voisin, Barthélémy a disputé un championnat de vacances à Souza en août dernier baptisé « Devaloir Foot » et n’a jamais été en zone anglophone pour combattre.

7-Léo Awanghang Ambéapi

Léo Ambéapi était parmi les ex-combattants séparatistes présentés comme tels lors du dialogue national. Ce qui est curieux est que parmi les 333 libérés dans le cadre de la crise anglophone à la faveur d’une décision prise par le chef de l’Etat le 3 octobre dernier, son nom est le 67e parmi ceux libérés de la prison centrale de Bamenda. Comment peut-on être à la fois prisonnier et ex-combattant ? Rappelons que Léo Awanghang est un faux combattant séparatiste en ceci qu’il y a deux mois, dans une vidéo, il a été présenté comme ayant été torturé à mort par les séparatistes. Puis, en septembre dernier, il réapparaissait dans deux autres vidéos parmi de prétendus ex-combattants qui, munis du drapeau du Cameroun, appelaient leurs frères à déposer les armes.

8- Christopher Neba et Desmond Tah Neba

D’après un informateur anonyme qui a contacté notre consoeur Mimi Mefo du blog Mimi Mefo Infos, parmi les ex-combattants présents à Yaoundé pour le dialogue national se trouvent deux frères, Christopher Neba et Desmond Tah Neba, habitant la localité de Kompina dans le Mungo, région du Littoral, dans le Cameroun francophone. Autrement dit, ils ne vivent même pas dans le Cameroun anglophone et n’y ont jamais combattu nulle part.

A titre de rappel, personne de tous ces « ex-combattants séparatistes » n’a pu dire aux médias qui les ont interviewé quels sont  les noms des groupes armés séparatistes dans lesquels ils ont combattu, qui étaient leurs commandants de zone, qui étaient leurs leaders séparatistes dans la diaspora, quelles sont les différentes batailles auxquelles ils ont été engagées, à quelle date et avec quel bilan, etc. De quels ex-combattants parle-t-on ?

Michel Biem Tong

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