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Cameroun : Cyrille Bechon : « Une élection en zone anglophone n’est pas possible »

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Directrice exécutive de Nouveaux-Droits de l’Homme-Cameroun, Cyrille Rolande Bechon s’explique sur le déploiement de l’ONG dont elle assure la direction en qualité d’observatrice accréditée pour l’élection présidentielle du 7 octobre prochain. La militante des droits de l’homme  dénonce le manque d’équité notamment lors de la campagne électorale.

Quels sont les moyens dont dispose Nouveau Droits de l’Homme-Cameroun pour marquer sa présence sur le terrain de l’observation électorale le 07 octobre prochain ?

Pour marquer sa présence sur le terrain de l’observation électorale le 07 octobre prochain, NDH-Cameroun dispose de plusieurs moyens. Déjà, elle a obtenu une accréditation du Ministère de l’Administration Territoriale (MINAT),  pour observer les élections sur toute l’étendue du territoire nationale.Aussi, NDH-Cameroun dispose aussi d’un capital humain conséquent de volontaires qui vont se déployer sur le terrain pour couvrir ces élections. Il faut rappeler que NDH cumule 21 ans d’expérience de terrain dans les domaines des droits de l’homme, de la démocratie et donc des élections.Enfin, NDH à l’expérience technique et l’expertise électorale nécessaire pour se prononcer sur les droits de l’homme, la crédibilité et la sincérité d’un processus électoral. Dans ce sens, nous faisons davantage l’observation des droits de l’homme pendant le processus électoral. Il nous semble en effet important d’aller au-delà de l’observation simple du déroulement du scrutin, pour questionner le respect des principes démocratiques à observer au cours d’un processus électoral de manière spécifique et dans un Etat de droit de manière globale.

Il nous semble en effet important d’aller au-delà de l’observation simple du déroulement du scrutin, pour questionner le respect des principes démocratiques à observer au cours d’un processus électoral de manière spécifique et dans un Etat de droit de manière globale.

C’est ce que NDH a fait en 2011 lors de la dernière élection présidentielle et en 2013 lors des dernières élections municipales et législatives. Il s’agit donc à titre illustratif d’observer et d’analyser l’expression des libertés publiques (liberté d’expression, de réunion, de manifestation, d’association, de circulation), d’analyser la qualité du cadre légal, d’observer la campagne électorale (accès aux médias, financement, accès aux lieux publics), etc.

Les régions anglophones sont en proie à un conflit armé entre séparatistes et forces de défense, comment NDH-Cameroun envisage se déployer de ce coté ?

NDH s’est rendu dans les régions en conflit en juin 2018 pour observer et documenter les violations des droits de l’homme. C’est d’ailleurs au sortir de cette mission que nous avait une première déclaration pour demander le report des élections ; et quand le corps électoral a été convoqué pour la présidentielle, nous avons fait une autre déclaration pour rappeler que l’intégrité du processus électoral était en jeu si les deux régions en crise n’y participaient pas et avons demandé au régime de Yaoundé de saisir la main tendue du Cardinal Christian Tumi. Nous pensions alors que cette main tendue était une opportunité pour redonner confiance et créer les conditions pour baliser la voie d’une élection apaisée.

nous disposons des éléments qui nous permettent d’affirmer qu’une élection réelle et véritable dans cette zone n’est pas possible. L’absence totale d’activité de campagne ici en est une autre illustration. Néanmoins, les organisations partenaires de NDH avec lesquels nous travaillons pour la surveillance, la documentation et le rapportage des violations des droits de l’homme sont à pied d’œuvre. En effet la situation des droits de l’homme dans ces régions est plus préoccupante que le simple déroulement du scrutin.

Revenant à l’observation du scrutin, nous n’avons plus vraiment des choses à voir dès lors que nous disposons des éléments qui nous permettent d’affirmer qu’une élection réelle et véritable dans cette zone n’est pas possible. L’absence totale d’activité de campagne ici en est une autre illustration. Néanmoins, les organisations partenaires de NDH avec lesquels nous travaillons pour la surveillance, la documentation et le rapportage des violations des droits de l’homme sont à pied d’œuvre. En effet la situation des droits de l’homme dans ces régions est plus préoccupante que le simple déroulement du scrutin.

Quelle appréciation Nouveaux Droits de l’Homme fait à cette étape du processus électoral du point de vue de l’équité et de la transparence ?

Nous remarquons plusieurs insuffisances du point de vue de l’équité et de la transparence de ce processus électoral.  Notre premier regret a été le constat fait, de la décision du MINAT de limiter la participation des Organisations de la Société Civile à l’observation de ce scrutin. Cette option déplorable pour la démocratie au Cameroun a pour conséquence d’empêcher les organisations à être présentes partout à travers leurs observateurs. L’autre aspect c’est la campagne électorale qui n’a vraiment pas été très équitable, surtout en termes de moyens mis à la disposition des candidats.

Le parti au pouvoir en a tiré avantage de sa position ou la position de son leader pour jouir à titre privé du matériel public. Dans le même ordre d’idées, les espaces publiques d’affichage ont été largement utilisés ou réquisitionnés pour un seul parti.

Le parti au pouvoir en a tiré avantage de sa position ou la position de son leader pour jouir à titre privé du matériel public. Dans le même ordre d’idées, les espaces publiques d’affichage ont été largement utilisés ou réquisitionnés pour un seul parti. L’accès aux médias publiques n’as été équitable pour tous les candidats. Plus globalement, on comprend mal l’équité et la transparence quand deux régions du pays sont privées de la ferveur et de l’ambiance d’un tel rendez-vous dans la vie d’une République.

 

Quand est-ce le rapport d’observation sera publié, peut-on avoir une idée de la date ou de la période précise ?

Nous ferons une première sortie quelques jours après l’élection présidentielle pour partager les résultats de notre observation le jour du scrutin. Ensuite nous publierons après le contentieux donc à la fin du processus électoral, un rapport complet sur le processus électoral.

Propos recueillis par Michel Biem Tong

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