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Cameroun : Détention arbitraire : Jean de Dieu Momo et Blaise Pascal Talla veulent-ils tuer une femme politique en prison ?

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L’ex-opposant politique nommé ministre délégué auprès du ministère de la Justice en janvier 2019 est à l’origine d’une plainte pour vol d’argent contre la nommée Nounamo Kamto, militante du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir, et conseillère municipale à la mairie de Baham (ouest du pays). Incarcérée à la prison centrale de Bafoussam (ouest) depuis début décembre 2019 où elle purge une peine de 5 ans de prison ferme, les responsables de l’administration pénitentiaire font feu de tout bois pour qu’elle soit privée de soins alors qu’elle se trouve dans un état critique.

Viscéralement opposé au régime de Paul Biya pendant une dizaine d’années, Me Jean de Dieu Momo a décidé à la faveur de la présidentielle du 7 octobre 2018 d’être un défenseur attitré du régime qu’il a longtemps honni. Pour récompenser son virage à 180°, Paul Biya lui a confié le 4 janvier 2019, le poste de ministre délégué auprès du ministère de la Justice. Ce qui signifie que si Inès Laure Nounamo Kamto, conseillère municipale du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti de Paul Biya, à la mairie de Baham (ouest), venait à mourir en prison, Me Momo en porterait la responsabilité en tant que tutelle de l’administration pénitentiaire et surtout en tant que plaignant.

En effet, d’après l’ONG camerounaise Mandela Center International, le ministre délégué Jean de Dieu Momo accuse dame Nounamo Kamto d’avoir dérobé la somme de 1 500 000 FCFA dans son bureau à Yaoundé. Ce que conteste la dame qui soutient que cette somme représente une avance que le ministre lui a versé dans le cadre du suivi de son dossier de demande d’une carte de résident en France et d’admission au barreau de Paris. Jean De Dieu Momo n’est pas le seul geôlier de la dame. L’éditorialiste et directeur de publication du magazine Jeune Afrique Economie, Blaise Pascal Talla, l’accuse à son tour de lui avoir volé la somme de 45 millions de FCFA à l’aéroport de Bafoussam. Ce que Dame Nounamo a toujours nié.

Détenue depuis le 4 décembre dernier à la prison centrale de Bafoussam, condamnée à 5 ans de prison ferme le 4 février dernier par la Cour d’appel de l’Ouest, victime d’actes de torture en prison, Dame Nounamo Kamto est, à en croire Mandela Center, internée à l’hôpital régional de Bafoussam où elle souffre d’une « pathologie grave chronique nécessitant des prises régulières de médicaments et des contrôles fréquents en milieu hospitalier », d’après le certificat médico-légal établi le 4 décembre 2019  dans les Hôpitaux Universitaires Paris Nord Val-De-Seine, en France.

Mais l’administration pénitentiaire est en train de manœuvrer pour que Dame Nounamo Kamto n’ait pas accès aux soins. D’après Mandela Center, pour s’être présenté au chevet de la prisonnière à l’hôpital régional de Bafoussam, le chef du bureau du service de la discipline et des activités socio-culturelles et éducatives à la prison centrale de Bafoussam, Mofema Lyonga Edmond, a été menacé de suspension par le secrétaire d’Etat au ministère de la Justice en charge de l’Administration pénitentiaire, Doh Jérôme Penbaga. Jean De Dieu Momo et Blaise Pascal Talla seraient-ils en train de manœuvrer pour que Dame Nounamo Kamto trouve la mort en prison ? Et si les ficelles étaient tirées depuis le haut sommet de l’Etat pour infliger cette torture à la dame dont le patronyme Kamto rappelle l’opposant farouche au régime de Paul Biya, Maurice Kamto. Affaire à suivre !

Michel Biem Tong

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