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Cameroun : Drame de Kumba : Ces dignitaires du régime Biya qui risquent la Cour pénale internationale

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De tous les indices rassemblés par votre journal en ligne hurinews.com, il apparait de manière claire que l’attaque d’une école dans la ville de Kumba (sud-ouest anglophone) exhalent le parfum d’un crime d’Etat. Votre journal en ligne revisite le profil des responsables tant hiérarchiques qu’opérationnels de ce scandale, qui se recrutent aussi bien au haut sommet de l’Etat que dans la préfectorale et la hiérarchie militaire et devront faire face à la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité. Enquête.

I-Le contexte de la crise ?

Alors que les blessures du massacre de Ngarbuh ont encore tout le mal du monde à se cicatriser, voilà Kumba. De jeunes gens dont l’âge varie entre 9 et 12 ans, arrachés à la vie par des individus sans foi ni loi alors qu’ils se trouvaient au Mother Fransisca International Bilingual Academy, une école située dans la ville de Kumba (sud-ouest anglophone), au lieu-dit Fiango, en train d’acquérir le savoir. Nous sommes le 24 octobre 2020. Du sang innocent, des larmes des parents. Des larmes qui peut-être sècheront un jour.

L’attaque de Kumba est intervenue dans un contexte de conflit entre les soldats camerounais loyaux au gouvernement de Yaoundé et les forces indépendantistes anglophones. Les premiers ne jurent que par l’unité et l’indivisibilité du Cameroun (dans ses parties anglophone et francophone) obtenues après le référendum du 20 mai 1972. Les secondes quant à elles estiment que le Southern Cameroons (considéré comme étant le Nord-Ouest et le Sud-Ouest) n’est pas une partie de la République du Cameroun et que l’indépendance acquise par ce territoire le 1er octobre 1961 n’a jamais pris effet du fait de son annexion par la République du Cameroun, en violation des textes onusiens.

Le conflit anglophone charrie des enjeux géopolitiques et géostratégiques énormes. Le Southern Cameroons est un territoire riche en ressources du sol et du sous-sol telles que le cacao, le café, l’hévéa, la banane et surtout le pétrole. Les revenus du pétrole extrait en zone anglophone sont gérés exclusivement par la présidence de la République sans le moindre contrôle par des mécanismes de contrôle mis en place par l’Etat du Cameroun. Dans l’ombre du pouvoir de Yaoundé, il y a la France qui a tout intérêt à voir le Southern Cameroons maintenu dans cette « unité » avec la République du Cameroun à cause bien évidemment de ses ressources. C’est dire si les enjeux sont importants et Yaoundé serait prêt à l’inimaginable pour barrer la voie à toute idée d’indépendance du Southern Cameroons à la faveur de laquelle la France tout comme le régime Biya perdra beaucoup d’avantages.

Voilà pourquoi dans sa gestion du conflit anglophone en cours, le pouvoir de Yaoundé est hanté par toute idée de fédéralisme où même d’indépendance totale du Southern Cameroons (qui est pourtant légitime !) et privilégie toute initiative visant à préserver cette unité problématique entre les deux Camerouns. Le drame de Kumba est donc intervenu à quelques semaines des élections régionales prévues le 6 décembre prochain et à l’issue desquelles le régime Biya compte accorder un statut spécial au peuple anglophone et implémenter le « Plan présidentiel de reconstruction des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ». Tout doit être mis en œuvre pour stopper la montée en puissance des revendications indépendantistes. Tout, tout, tout. Mais comment ?

II- A qui profite le crime ?

Chaque fois que survient un crime de sang, la première question que tout investigateur se poserait est de savoir à qui profite le crime ? A qui profite le massacre d’élèves le 24 octobre dernier dans la ville de Kumba dans un contexte d’affrontements armés ? A première vue, les Ambazonia Restorations Forces, forces indépendantistes anglophones, apparaissent comme les premiers suspects pour avoir lancé un mot d’ordre de boycott des cours tant que des négociations de sortie de crise dirigées par un médiateur international n’ont pas lieu. L’assassinat de ces écoliers peut donc être considéré à juste titre comme une mesure de représailles envers les parents qui ont violé le mot d’ordre des indépendantistes en envoyant les enfants à l’école.

Mais une telle hypothèse ne peut résister au bon sens car si les membres des forces indépendantistes veulent empêcher les cours, c’est dès le départ des élèves à la maison le matin car ces combattants ne sont ni plus ni moins que les fils et filles de familles vivant dans les localités de la zone anglophone qu’ils contrôlent. De plus, ce serait se planter un couteau dans le ventre pour ces combattants indépendantistes que de commettre un tel crime car c’est risquer de révolter leurs propres populations ainsi que leurs frères de la diaspora qui les sponsorisent. Un tel crime susciterait également le courroux de la communauté internationale qui pourrait exiger des poursuites judiciaires contre les leaders indépendantistes basés en Occident et demander la fin de cette lutte d’indépendance qui sera aisément classée au rang d’activité terroriste.

Les indépendantistes anglophones ne pouvant donc pas commettre un tel crime de peur de se mettre à dos le monde entier qui serait appelé à reconnaître l’Etat d’Ambazonie auquel ils tiennent tant, quel intérêt le pouvoir Biya aurait à tuer des élèves à Kumba ? En effet, le régime de Yaoundé, pour tuer la révolte anglophone et conscient de l’harmonie entre les forces séparatistes et les populations locales, use de stratégie pour dépeindre les groupes armés indépendantistes aux yeux de l’opinion internationale comme une organisation terroriste. Et si l’attaque de Kumba obéissait à cette logique !

III-    LA MAIN DE YAOUNDE DERRIERE LESTUERIES DE KUMBA

Quelques heures après l’attaque du Mother Fransisca International Bilingual Academy de Fiango-Kumba, l’auteur de ces lignes a obtenu des informations crédibles de sources proches des services de sécurité selon lesquelles 6 soldats camerounais ont participé à cet attentat. Quelques faits et gestes posés par le régime Biya et ses sympathisants laissent croire qu’il se reprochait de quelque chose et qu’il y avait à travers ce drame, une volonté de saboter la révolution anglophone : (1) Des responsables de la présidence de la République font circuler sur la toile une affiche comportant la déclaration du leader séparatiste emprisonné Sisiku Ayuk Tabe, déclaration dans laquelle il accuse son rival Dr Samuel Sako Ikome d’avoir commandité le crime. Malgré le fait que sur le compte Twitter d’Ayuk Tabe figurait un message différent, les médias tout comme les cyber-activistes proches du régime Biya ont amplifié cette fausse accusation (2) Au cours d’un point de presse au soir du 24 octobre, le ministre de la Communication, René Sadi, sans la moindre investigation, accuse les séparatistes armés d’avoir commis le crime (3) Dans un communiqué rendu public le 28 octobre, René Sadi annonce la neutralisation d’un des combattants indépendantistes responsables de cet assassinat au cours d’une opération militaire dont les populations de Kumba ne sont pas au courant. Des attitudes suspectes qui cachent mal la main de Yaoundé derrière ce massacre. Aussi est-il impérieux que les commanditaires tout comme les auteurs de ce crime en répondre devant la Cour pénale internationale (CPI). Qui sont ces responsables qui se recrutent aussi bien au sein de la hiérarchie militaire qu’au plus haut sommet de l’Etat ainsi que dans la préfectorale ?

FERDINAND NGOH NGOH

Secrétaire général à la présidence de la République depuis le 9 décembre 2011, proche parent de la Première Dame Chantal Biya, Ferdinand Ngoh Ngoh est actuellement considéré comme le président de la République de fait, Paul Biya étant devenu impotent. Ferdinand Ngoh Ngoh garde donc la main sur l’armée, le renseignement et la préfectorale. Au Cameroun, le secteur de la défense est rattaché directement à la présidence de la République et le ministre de la Défense est en réalité « délégué à la présidence de la République ». Ferdinand Ngoh Ngoh ne peut donc sortir indemne de cette opération ayant abouti au massacre de ces élèves de Kumba car mobiliser des soldats pour une mission précise et d’envergure requiert l’aval de la présidence.

PAUL ATANGA NJI

Ministre de l’Administration territoriale, affairiste de renom, agent secret et président du Conseil national de la sécurité, Paul Atanga Nji est le patron des gouverneurs, préfets et sous-préfets. Les autorités administratives qui ont piloté l’opération de Kumba avaient obligation de rendre compte à leur supérieur hiérarchique qu’est Atanga Nji qui, à son tour, doit rendre compte à la présidence de la République. Atanga Nji est également réputé pour être le parrain de faux groupes indépendantistes qui sèment la terreur au sein des populations anglophones dans le but de saboter la résistance armée de ce peuple.

GENERAL RENE CLAUDE MEKA

Chef d’EtatMajor des Armées, Général René Claude Meka ne peut pas dire qu’il n’a pas été informé des plans et multiples réunions relatives à cette opération qui n’avait pas que le Mother Fransisca International Bilingual Academy pour cible. Il doit donc répondre devant la CPI du massacre de ces jeunes élèves.

GENERAL EBAH EBAH BENOÎT

Commandant de la 2e région militaire inter-armée qui coiffe les régions du Littoral et du Sud-Ouest, le général Ebah Ebah Benoît a participé le 23 octobre 2020 à l’hôtel Elongo Gardeen de Kumba, à la réunion secrète au cours de laquelle le plan de cette opération a été arrêté.

 

GENERAL VALERE NKA

Commandant de la 5e région militaire inter-armée qui coiffe les régions du Nord-Ouest et de l’Ouest, le général Nka Valère a pris part à la fameuse réunion secrète. Sans doute pour mettre en pratique ce plan diabolique dans sa zone de compétence.

COLONEL JOËL EMILE BAMKOUI

Barbouze-en-chef du régime Biya, commandant de la redoutable Division de la Sécurité Militaire (SEMIL), un service logé au ministère de la Défense, le colonel Joël Emile Bamkoui est celui qui monte toutes les opérations secrètes visant à contenir la résistance armée anglophone. Bamkoui dispose en zone anglophone d’un véritable escadron de la mort pour lequel il pilote le ravitaillement en armes et en munition dans le but d’infiltrer le mouvement indépendantiste anglophone et de semer la discorde au sein dudit mouvement. Cette véritable machine à tuer qui jure d’avoir la peau de l’auteur de ces lignes sur sa terre d’asile ne saurait être étranger à l’opération de Kumba qui a été bien planifié à la base.

CHAMBERLAIN NTOU’OU NDONG

Préfet de la Meme (dont Kumba est le chef-lieu), Chamberlain Ntou’ou Ndong peut être considéré à juste titre comme le chef opérationnel de cette attaque. L’autorité administrative a présidé la réunion secrète d’Elongo Gardeen.  Après l’opération et d’après un échange whatsapp (voir ici) divulgué d’après nos sources par les services secrets camerounais, Chamberlain Ntou’ou a fait part à l’un des soldats impliqués dans cette attaque son mécontentement dans la mesure où il n’était pas question de tuer les élèves mais un enseignant. Dans l’échange whatsapp, le préfet instruit de faire interpeller la responsable de l’établissement (ce qui sera fait) et de faire interpeller quelques jeunes qui vont se passer pour des séparatistes et avouer avoir participer à ce crime.

Michel Biem Tong

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