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Cameroun : Droit à la vie : 5 leaders séparatistes menacés d’assassinat par les services spéciaux

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L’alerte a été donnée ce lundi 22 juin 2020 au cours d’une émission sur une chaîne de télévision proche du mouvement indépendantiste anglophone. Les leaders séparatistes ciblés tous basés aux USA disent avoir saisi les services de sécurité et de renseignement américains.

Après l’enlèvement de 10 leaders séparatistes le 5 janvier 2018 dans un hôtel d’Abuja au Nigéria puis leur déportation vers le Cameroun, le pouvoir Biya serait-il en train de vouloir porter un autre coup fumant dans le leadership du mouvement indépendantiste anglophone ? En effet, au cours de l’émission the state of the revolution diffusée ce lundi 22 juin 2020 sur la chaîne de télévision ABC Amba TV (qui est regardé dans les régions anglophones), il a été annoncé que 5 leaders indépendantistes anglophones sont ciblés par les services secrets camerounais dans le cadre d’une opération visant à les éliminer physiquement.

D’après le secrétaire à la communication du mouvement séparatiste anglophone, Chris Anu, qui présentait l’émission, une équipe mixte de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) et de la Division de la Sécurité Militaire (SEMIL), respectivement les services secrets et le renseignement militaire, séjourne depuis près d’un mois en France. Dirigée par le patron de la DGRE, Maxime Eko Eko et le commandant de la SEMIL, le colonel Joël Emile Bamkoui, cette équipe de tueurs professionnels envisagent une opération secrète aux Etats-Unis où sont basés les leaders ciblés.

A gauche, le colonel Bamkoui, patron de la SEMIL, à droite, le commissiare Eko Eko, patron de la DGRE

L’Interim Government, un caillou dans la chaussure du régime Biya

Les 5 leaders séparatistes visés par les services secrets camerounais sont Samuel Sako Ikome (président par intérim), Chris Anu lui-même, Pastor Egyawan (secrétaire en charge de la sécurité), Martin Ayim (chargé des affaires étrangères) et Irène Ngwa (en charge des questions de finances). Il s’agit là des membres du Interim Government, le gouvernement intérimaire créé le 21 juillet 2017 au Nigéria sous l’appellation Southern Cameroons Ambazonia Council United Front.

Après avoir tenté en vain de casser la lutte d’indépendance du peuple du Southern Cameroons (actuelles régions anglophones du Cameroun) en utilisant une faction dissidente du mouvement appelée l’Ambazonian Government Council contre l’Interim Government, le gouvernement camerounais à travers ses services d’intelligence veut désormais neutraliser ce dernier. Du fait de sa légitimité au sein de la population anglophone, l’Interim Government représente un obstacle dans la volonté du pouvoir Biya de reprendre en main le Cameroun anglophone, en grande partie contrôlé par les indépendantistes. Par mesure de précaution, les leaders séparatistes disent avoir saisi le département d’Etat américain, le secrétariat d’Etat à la sécurité intérieure, le FBI et la CIA.

Michel Biem Tong  

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