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Cameroun : Droit des autochtones : Le commissariat de Moloundou (Est) complice du viol collectif d’une jeune pygmée

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C’est ce qui ressort d’un rapport d’enquête établi par 3 ONG locales début novembre dernier. La victime âgée de 13 ans a chopé une infection sexuellement transmissible suite à cette agression sexuelle. Saisi de ce cas de viol, le commissariat de Sécurité de Moloundou a étouffé l’affaire après avoir reçu de fortes sommes d’argent des présumés auteurs du viol.

Le Commissariat de sécurité publique de Moloundou (à l’Est du Cameroun) est en train d’étouffer le viol collectif d’une jeune fille gbaka (pygmée) de 13 ans. D’après un communiqué rendu public le 14 décembre dernier par l’ONG Mandela Center, c’est ce qui ressort du rapport d’une enquête menée par des ONGs telles que Ligue Camerounaise des Droits de l’Homme (LICAMDH) et Centre pour l’éducation, la formation et l’appui aux initiatives de développement au Cameroun (CEFAID), lesquelles sont basées à Yokadouma (située à 200km de Moloundou).

Selon Mandela Center qui rend compte du contenu du rapport d’enquête, les faits se sont déroulés le 7 novembre dernier au village Ekelemba, à une vingtaine de kilomètres de Moloundou. La jeune fille pygmée de 13 ans a été violée par les sieurs Boumot, Narcisse Konda et Moussa alors qu’elle venait à peine de se soulager dans une broussaille du village. Les bourreaux de la jeune fille sont des riches exploitants agricoles du village.

La jeune fille victime d’une IST

D’après le rapport d’enquête coté à Mandela Center, le 14 novembre dernier, le commissariat de sécurité publique de Moloundou a été saisi d’une plainte pour viol. Mais au lieu d’ouvrir une enquête et interpeller les suspects, l’officier de police de 2e grade, Martin Aouas, a demandé des centaines de milles FCFA pour étouffer l’affaire.

A en croire le rapport, conduite à l’hôpital de district de Moloundou, la jeune fille « a été consultée par le chef du district de santé de Moloundou qui a diagnostiqué de graves Infections Sexuellement Transmissibles (IST) à la suite de ce viol ». L’on apprend également du rapport que le 12 décembre dernier, l’officier de police de 2e grade a transporté l’un des auteurs du viol pour aller menacer la mère de la victime et la communauté Gbaka de représailles si elles venaient à ébruiter l’affaire.

La localité de Moloundou est réputée pour abriter une forte communauté autochtone gbaka. En laissant courir les présumés violeurs de la jeune gbaka de 13 ans, le commissariat de Moloundou et à travers lui l’Etat du Cameroun est en train de transiger avec  la Déclaration des Nations Unies des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques de 1992 qui protège les peuples autochtones.

Michel Biem Tong

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