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Cameroun : Insécurité : International Crisis Groups appelle à la réinsertion des ex-membres de Boko Haram

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Dans un rapport que vient de commettre le centre d’analyse, il est également suggéré que les membres des comités de vigilance accusés de bavures et de crimes soient traduits devant les juridictions. Ci-dessous, un extrait du rapport d’International Crisis Groups sur les propositions au Gouvernement alors que les attentats-terroristes de la secte islamiste baissent en intensité. 

Annoncer publiquement que les membres de Boko Haram qui se rendent bénéficieront d’une forme de protection et auront accès à un procès équitable, et qu’il est peu probable que les membres non combattants aillent en prison ; le gouvernement devrait aussi poursuivre ses consultations avec les pays voisins sur les bonnes pratiques en matière de réinsertion des anciens membres combattants ;

-Elaborer un programme de soutien aux communautés dans lesquelles d’anciens membres de Boko Haram seront réintégrés, comprenant éventuellement un appui aux activités pastorales, agraires et commerciales dans les communautés d’accueil et des subventions aux petites entreprises qui emploient des jeunes ;

-Affiner les procédures pour faire la distinction entre les membres combattants de Boko Haram, ceux qui prônent la violence et ceux qui ont commis des atrocités, d’une part, d’autre part et les membres non combattants, ceux qui ont renoncé à la violence et ceux qui ne sont pas accusés de crimes graves, qu’ils se soient rendus ou qu’ils aient été arrêtés. Pilotées pour le moment par des militaires, les enquêtes pour déterminer le statut de chaque individu devraient davantage associer les policiers, des experts en protection du Comité international de la Croix-Rouge et/ou de l’ONU, et éventuellement des universitaires et chercheurs spécialistes de ce sujet ;

-Adopter une approche sur-mesure afin de tenir pour responsables les anciens membres de Boko Haram, sur la base de ces enquêtes. Pour certains, une procédure judiciaire formelle s’impose, voire, dans certains cas, une incarcération et un suivi rigoureux. Pour d’autres, des travaux communautaires, des confessions publiques, des cérémonies symboliques, et des formations à des métiers porteurs au niveau local semblent plus appropriés. Le gouvernement devrait renforcer les tribunaux de l’Extrême-Nord en ressources humaines et matérielles pour qu’ils puissent rapidement se prononcer sur le cas des anciens militants pour lesquels une procédure judiciaire s’impose ; et,

-Amender la loi antiterroriste de 2014 et le Code pénal pour donner aux juges et aux communautés un degré de flexibilité dans le traitement des anciens membres de Boko Haram. A défaut, le président de la République pourrait signer un décret pour organiser la prise en charge spécifique des individus qui se sont rendus.

Le gouvernement camerounais devrait par ailleurs préparer l’avenir des comités de vigilance après Boko Haram, et pour ce faire :

-S’abstenir de créer de nouveaux comités de vigilance et se concentrer plutôt sur le développement de réseaux de renseignement et d’alerte précoce pour apporter aux civils la protection de l’Etat en cas de besoin ;

-Dans les localités toujours exposées à Boko Haram, maintenir les comités de vigilance opérationnels, tout en les soutenant et en les encadrant mieux via des systèmes de vérification externe, y compris un contrôle communautaire, et intégrer certains membres dans la police municipale ; proposer à leurs membres des formations sur des compétences pratiques (en matière de renseignement, de premiers secours et de déminage) ;

-Démobiliser les comités dans les zones où Boko Haram n’est plus une menace en recensant les anciens membres possédant une arme à feu et en organisant la réinsertion dans la vie civile des membres démobilisés, soit en les aidant à trouver du travail dans des secteurs porteurs au niveau local, soit en finançant leurs microprojets dans des secteurs tels que le commerce et l’agriculture ; et,

-Mener des enquêtes transparentes sur tous les membres des comités de vigilance accusés d’abus ou de bavures, tenir pour responsables ceux qui ont perpétré des crimes, et rendre publiques les décisions de justice.

Lire l’intégralité du rapport ici 

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