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Cameroun : Justice : Le procès de l’activiste Sébastien Ebala dans l’impasse

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Kidnappé par la Sécurité militaire le 17 avril dernier, jeté en prison quelques semaines plus tard, accusé d’appel à manifestation sans autorisation, Sébastien Ebala risque un prolongement sans issue de sa détention provisoire. Son accusé a interjeté appel dans une autre affaire jointe à la sienne. Depuis le 23 juillet dernier, date de la dernière audience au Tribunal de première instance de Yaoundé, silence radio du côté de la Cour d’appel.

Sébastien Ebala, en train d’être torturé par les brigands de la SEMIL

Sébastien Ebala est depuis le 23 juillet dernier livré aux caprices de la justice (de l’injustice, c’est nettement mieux !) camerounaise. Lors de la dernière audience à cette date au Tribunal de première instance de Yaoundé-Centre administratif, le bouillonnant activiste de la page Facebook et chaîne YouTube Médiatik a été surpris, ses avocats avec, que son co-accusé, Tchebo Tchebo Bernard, a interjeté appel à la Cour d’appel du Centre pour une autre affaire. Du coup, l’audience est suspendue le temps pour la Cour d’appel de vider sa saisine. Mais la date de la prochaine audience à ladite Cour demeure un mystère. Sébastien Ebala est accusé d’appel à manifestation sans autorisation et croupit depuis le 27 mai dernier à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui.

Rien à faire. Il s’agit de manœuvres ourdies par les juges en charge de connaître de cette affaire dans le but de prolonger indéfiniment le séjour de Sébastien Ebala en prison et par conséquent de le torturer psychologiquement. Paul Chouta, journaliste et lanceur d’alerte détenu depuis plus d’un an, en sait quelque chose. Sébastien Ebala est réputé pour ses critiques acerbes vis-à-vis du régime de Paul Biya. Après avoir été consultant dans plusieurs chaînes de radios basées à Yaoundé, Sébastien Ebala a dès novembre 2019 investi les réseaux sociaux. Corruption, ésotérisme au sommet de l’Etat, violations des droits humains. Nulle place n’était laissée où les dénonciations d’Ebala ne passent et ne repassent et les fans de l’activiste devenaient de plus en plus nombreux au Cameroun et dans la diaspora.

Le 17 avril dernier, une vingtaine de gros bras cagoulés de la redoutable Division de la Sécurité Militaire (SEMIL), sur ordres de son commandant, le criminel Jöel Emile Bamkoui, a procédé à l’enlèvement de Sébastien Ebala et de Tchebo Tchebo Bernard (administrateur des pages Médiatik) au domicile de ce dernier au quartier Mballa II à Yaoundé. Conduit aux bureaux du colonel Bamkoui au ministère de la Défense, Sébastien Ebala sera torturé par les brigands de la SEMIL avant d’être jeté dans une cellule du secrétariat d’Etat à la défense (SED) chargé de la gendarmerie nationale le 18 avril vers 2 heures du matin en compagnie de Tchebo Tchebo, son compagnon d’infortune. 2 jours plus tôt, Sébastien Ebala, à travers une courte vidéo virale sur la toile, a appelé les Camerounais à converger vers le rond-point de la Poste Centrale pour une manifestation visant à déloger Paul Biya et à installer au pouvoir Maurice Kamto, président élu de la République du Cameroun selon lui.

Michel Biem Tong

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