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Cameroun : Justice : Un condamné à mort risque l’exécution publique à Bafia

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Condamné à la peine capitale le 5 février dernier par le Tribunal de grande instance de Bafia (centaine de kilomètre de Yaoundé) pour assassinat, Martial Edoua risque d’être fusillé sur la place publique sans qu’il ait pu exercer un recours en grâce comme le prévoit la loi camerounaise. Cette condamnation fait suite à un procès bâclé et loin d’être équitable selon l’ONG camerounaise Mandela Center.

On croyait révolue l’application de la peine de mort au Cameroun. Le Tribunal de grande instance (TGI) de Bafia (au centre du Cameroun, à une centaine de kilomètres de Yaoundé) est venu rappeler à  la communauté des défenseurs des droits humains tant sur le plan national qu’international que la peine de mort continue d’être exécutée au pays de Paul Biya. D’après une alerte de l’ONG Camerounaise Mandela Center parvenue à la rédaction de hurinews.com a , le TGI de Bafia a par jugement N°08/CRIM du 5 février 2020, prononcé la peine de mort contre M.Edoua Martial Yannick, détenu à la prison centrale de Bafia. Ce dernier a été condamné pour assassinat et le juge a ordonné son exécution sur la place publique.

Selon Mandela Center, cette condamnation à mort du Sieur Edoua Martial n’aurait pas dû être exécutée sans que le président de la République ne se prononce sur le recours en grâce, comme le prescrit l’article 22 du Code pénal camerounais du 12 juillet 2016. D’après cette disposition de la loi, toute décision de condamnation à la peine capitale doit être soumise au chef d’Etat pour son exercice du pouvoir de grâce.

Mandela Center a également fait remarquer que cette décision de justice viole le droit international, notamment celui à un procès équitable édicté par l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civiques et politiques. En effet, M.Edoua a été condamné à l’issue de 4 audiences bâclées et expéditives, souligne Mandela Center. Pourtant, rappelle l’ONG, le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU a toujours indiqué toute affaire devant aboutir à une peine de mort doit s’inscrire dans le respect du droit du prévenu à un procès équitable.

Selon une enquête rendue publique en septembre 2019 par le Réseau des avocats camerounais contre la peine de mort (ECPM), le Cameroun est le pays d’Afrique francophone et le 7e à l’échelle mondiale avec le plus grand nombre de condamnés à mort.

Michel Biem Tong  

 

 

 

 

 

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