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Cameroun : Liberté de manifestation : Le président de l’Assemblée nationale brûle les T-Shirt d’un parti d’opposition

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Le week-end dernier, le président de l’Assemblée nationale Cavaye Yéguié Djibril et non moins député du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir, a fait brûler les T-shirt et les pancartes du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, le parti du juriste et avocat international Maurice Kamto à Maroua, dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Un acte qualifié d’ « inacceptable » par le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale qui crie à la violation du droit de manifestation et de la liberté d’association. Ci-dessous, l’intégralité du communiqué parvenu à notre rédaction.

Douala-Cameroun, 16 juillet 2018 : Le samedi 14 juillet 2018, dans le Diamaré, région du Nord Cameroun, les symboles du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), parti de l’opposition ont été brûlés sur la place publique par le Président de l’Assemblée Nationale, M. Cavaye Yeguié Djibril. Il s’agit d’une violation grave des libertés fondamentales dans un Etat de droit.

Cavaye Yeguié Djibril (3e position à partir de la gauche) en train de faire brûler les T-Shirt du MRC

Samedi, 14 juillet 2018, Le Président de l’Assemblée National, membre du Bureau
Politique du Rassemblement Démocratique Du Peuple Camerounais (RDPC), M. Cayaye
Yeguié Djibril a fait confectionner des T-shirts et des pancartes aux effigies du
Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) et les a brûlés publiquement.
L’acte a été posé devant la Section du RDPC Diamare Centre III en présence des
membres du RDPC, des jeunes arborant des T-Shirts du RDPC et des forces de l’ordre.
Cet acte du Président de l’Assemblée Nationale est inacceptable dans un Etat de droit et
une démocratie. C’est une barbarie, qui donne le ton de l’intolérance vis-à-vis des
formations politiques de l’opposition et annonce les couleurs des élections
présidentielles à venir.

C’est pourquoi, Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale :
CONDAMNE AVEC FERMETE ET TOUTE SON ENERGIE :

1) Les actes du Président de l’Assemblée Nationale, M. Cavaye Yeguié Djibril qui a
commandé les T-shirts aux effigies du MRC pour les faire brûler dans la région de
l’Extrême-Nord;

2) L’impunité qui s’est installée au sein du gouvernement camerounais qui commet
des graves violations des libertés fondamentales ;

Le REDHAC :

Regrette l’acte posé par le Président de l’Assemblée Nationale, M. Cavaye Yeguié
Djibril, à l’approche des élections présidentielles ainsi que des dignitaires du
RDPC présents à cette cérémonie.
Le REDHAC :

– Urge les autorités Camerounaises de respecter :

1) La Déclaration universelle des droits de l’homme :

Le Préambule :

« Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille
humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
»

« Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer avec l’Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales. »
L’Article premier

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
2) Pacte international relatif aux droits civils et politiques

Le Préambule« Reconnaissant que, …, l’idéal de l’être humain libre, jouissant des libertés civiles et politiques…, ne peut être réalisé que si des conditions permettant à chacun de jouir de ses droits civils et politiques,… »

– L’Article 2 al3:« Les Etats parties au présent Pacte s’engagent à: a) Garantir que toute personne dont les droits et libertés reconnus dans le présent Pacte auront été violés disposera d’un recours utile, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l’exercice de leurs fonctions officielles; »

3) La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples
– Le Préambule

« Reconnaissant que d’une part, les droits fondamentaux de l’être humain sont fondés sur les
attributs de la personne humaine, …; »

« Convaincus qu’il est essentiel d’accorder désormais une attention particulière au droit au
développement; que les droits civils et politiques sont indissociables des droits économiques,
sociaux et culturels, …, et que la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels garantit la jouissance des droits civils et politiques; »

– L’Article 13 al1:

« Tous les citoyens ont le droit de participer librement à la direction des affaires publiques de leur pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis, ce,
conformément aux règles édictées par la loi. »

Le REDHAC une fois de plus :

Tient pour responsable l’Etat du Cameroun pour les violations des libertés
fondamentales et les crimes graves des Droits Humains commis par les autorités
camerounaises en tout lieu et tout temps ;

Le REDHAC enfin,

Appelle les populations camerounaises et celles de l’Afrique Centrale à refuser d’être complices des actes odieux posés par nos dirigeants ; LE REDHAC RAPPELLE A L’ETAT DU CAMEROUN ET AUX AUTRES ETATS DE L’AFRIQUE CENTRALE QU’ILS SONT LES GARANTS DES LIBRTES FONDAMENTALES ET DES DROITS
HUMAINS.

Fait à Douala, le 16 juillet 2018

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