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Cameroun : Liberté de presse : Ils ont finalement tué Samuel Wazizi, ces assassins !

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Porté disparu depuis près d’un an après son kidnapping par des soldats camerounais, Samuel Wazizi a été donné pour mort ce mardi 2 juin 2020. Le tort de ce journaliste en service dans une chaîne de télé privée basée à Buea (sud-ouest anglophone) : dénoncer les massacres des civils anglophones par l’armée camerounaise.

Ils l’ont finalement tué. Oui, ils ont tué Samuel Abuwe Ajieka dit Wazizi. Ils l’ont tué pour faire taire une voix qui dénonçait leurs crimes crapuleux sur des civils innocents dans le Cameroun anglophone. Les téléspectateurs de la chaîne de télévision privée Chillen Media Television (CMTV) ne le verront donc plus jamais.

On ne le dira jamais assez, la bestialité qui caractérise le régime démoniaque de Yaoundé n’a d’égale que la longévité au pouvoir de Paul Biya. C’est de cette bestialité, voire de cette cruauté animale que Samuel Wazizi et sa famille aujourd’hui éplorée sont victimes.

Le malheur du confrère Samuel est d’être né dans une République bananière et du hors-norme où un citoyen peut pour un oui ou pour un non être enlevé sans convocation ni mandat avant de disparaître pendant des mois sans que ni sa famille ni ses avocats ne sachent où il se trouve.

C’est le 7 août 2019 que Samuel Wazizi a été vu pour la dernière fois. C’était dans un commissariat à Muea, à la périphérie de Buea (capitale du sud-ouest anglophone du Cameroun). Après avoir passé 5 jours de garde-à-vue dans cette unité de police, le présentateur de CMTV a été enlevé par des soldats du 21e Bataillon d’infanterie motorisé de Buea et conduit dans leur caserne où il a été victime de cruels sévices. Aux dernières nouvelles, c’est à l’hôpital militaire de Douala qu’il a finalement trouvé la mort.

Honte à ces magistrats de la ville de Buea qui ont maintenu l’action publique contre Samuel Wazizi peu importe qu’il soit mort ou vivant. Honte à ces soldats du 21e BIM de Buea qui lui ont ôté la vie de manière lâche. Honte au Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc) qui aujourd’hui, à l’image du médecin après la mort, programme des actions de protestation alors qu’il est resté muet pendant tout ce temps où le journaliste était porté disparu.

La leçon à tirer de cet autre scandale après le massacre de Ngarbuh, est qu’au fil des années, le Cameroun est en train de devenir cette espèce de Far West, no go zone pour les journalistes, activistes, militants des droits humains qui y risquent soit la prison, soit l’assassinat pour le travail d’éveilleur de conscience. Dommage qu’on en soit là et surtout qu’on ne soit pas prêts de sortir de l’auberge !

Michel Biem Tong

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