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Cameroun : Liberté d’expression : Des panélistes d’une émission de débat menacés en direct

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Pour avoir critiqué les dernières arrestations dans le cadre de l’Opération Epervier, des panélistes d’une émission de débat sur une chaîne de radio privée à Yaoundé ont reçu en direct et au téléphone des menaces d’agression.

Elles ont l’air anodin. Surtout qu’elles peuvent venir de deux plaisantins. Mais ces menaces sont à prendre très au sérieux. Surtout qu’elles ont été proférées successivement par deux individus non identifiés. Ce vendredi 23 mars 2018, dans le cadre de l’émission « le Grand Forum » diffusé sur Dunamis FM, une radio privée chrétienne basée au quartier Mfandena à Yaoundé, les pénalistes ont été appelés à débattre sur les dernières arrestations d’anciens hauts commis de l’Etat dans le cadre de l’Opération anti-corruption Epervier.

Invités au débat radiophonique, le pasteur Charlemagne Adam, militant du parti d’opposition Front démocratique révolutionnaire,  l’activiste et consultant de votre journal en ligne Sébastien Ebala  et votre humble serviteur. Tous les panélistes ont émis de vives critiques envers l’Opération Epervier considérée comme une purge politique à la Staline visant à tenir l’opinion en haleine en perspective de la présidentielle d’octobre 2018.

Fortune de Paul Biya

Les participants au débat se sont étonnés de ce que le président camerounais qui dit combattre la corruption accumule une fortune de plus de 100 milliards de F CFA d’après un classement établi il y a quelques années par le journal Afrique Times, a amassé beaucoup d’argent en pillant, lui et sa famille, la Société camerounaise des banques au milieu des années 1980. Sebastien Ebala qui a accusé la Première Dame d’avoir bénéficié de l’argent détourné pour ses œuvres humanitaires  a invité ceux qui seraient dans le viseur de cette Opération Epervier à quitter le pays s’ils en ont la possibilité car les personnes arrêtées n’auront pas droit à un procès équitable, la justice étant aux mains de Paul Biya.

Des prises de positions qui ne sont pas de nature à plaire surtout au sommet de l’Etat. Dans le flot des auditeurs qui se bousculaient au standard pour donner leurs opinions, deux ont particulièrement cristallisé l’attention. Un premier, au bout du fil, s’est adressé au présentateur en ces termes : « dites à vos panélistes de faire attention avec les mots qui sortent de leurs bouches (sic) ». Un autre s’est montré plus menaçant : « Dites à Sébastien Ebala et sa bande que nous espérons que la bastonnade infligée à Me Simh ne va pas leur arriver (sic) ». C’est la toute première fois que des panélistes sont menacés au cours de cette émission créée il y a 5 ans.

Michel Biem Tong

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