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Cameroun : Liberté d’expression : L’appel à manifester de l’activiste Sébastien Ebala n’a rien de criminel

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En garde-à-vue à la gendarmerie nationale à Yaoundé depuis le 17 avril dernier, le consultant de la page Facebook et Youtube Médiatik  est accusé de terrorisme par le parquet du Tribunal militaire de Yaoundé. Pourtant, au sens des textes internationaux et de la Constitution du Cameroun, son appel à un rassemblement au centre de Yaoundé en vue de faire tomber Paul Biya est légalement irréprochable.

L’enlèvement puis la torture de l’activiste Sébastien Ebala le 17 avril dernier par la Division de la Sécurité Miitaire-laquelle semble être devenue un repaire de brigands, de voyous et de hors-la-loi à l’image de son patron, colonel Jöel Emile Bamkoui-ne va pas  sans rappeler à la communauté des défenseurs des droits humains et de la liberté d’expression que le Cameroun est une véritable tyrano-monarchie où remettre en question la gouvernance du roi Paul Biya vous expose à pas moins que la guillotine. Aux dernières nouvelles, Sébastien Ebala est accusé par le Tribunal militaire de Yaoundé d’actes de terrorisme. De quoi lui faire encourir une peine capitale. Au moment où nous écrivons ces lignes, le très suivi consultant de la chaîne Youtube et Facebook « Médiatik » est séquestré dans une cellule du secrétariat d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie nationale (SED).

Le seul tort du bouillonnant Ebala est d’avoir à travers une vidéo (voir plus bas) publiée le 15 avril dernier sur les réseaux sociaux, appelé les Camerounais à manifester pacifiquement au rond-point de la Poste Centrale afin de faire partir Paul Biya du pouvoir et installer l’opposant Maurice Kamto, candidat malheureux à la présidentielle d’octobre 2018, qui continue à revendiquer sa victoire à cette élection. Cela s’appelle de la liberté d’expression et lorsqu’on a l’habitude de citer en exemple des pays occidentaux où appeler à un rassemblement en vue du départ du président relève du banal, l’on devrait se l’enfoncer dans la cervelle.

Sébastien Ebala à la Division de la Sécurité Militaire à Yaoundé après avoir été torturé par les agents de ce service en charge du renseignement militaire

Que le commissaire du gouvernement (procureur) près le Tribunal militaire de Yaoundé, lieutenant-colonel Engono Eric Thadée et toute la horde de magistrats au « garde-à-vous » prêts à dévorer du Sébastien Ebala tels des hyènes sauvages, sachent qu’appeler à manifester pour faire tomber un pouvoir qui a failli à sa mission d’apporter le bien-être et la sécurité à son peuple est conforme à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948.  En effet, le préambule de cette Déclaration adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Ubies dispose que : « Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression ».

La souveraineté du peuple confisquée

Or le peuple camerounais est depuis 38 ans sous la férule de Paul Biya, un assoiffé du pouvoir absolu qui s’est entouré de sa famille, de ses frères du village, de ses camarades et amis pour faire main basse sur le Cameroun et ses richesses laissant son peuple sans le strict minimum pour vivre. En cette période de Coronavirus, ce peuple a été abandonné par celui qui exerce le pouvoir à son nom. Quoi de plus légitime qu’une révolte dans la rue pour permettre au peuple abusé de recouvrer la plénitude de sa souveraineté. C’est dans cette logique que s’inscrit l’appel à manifester de Sébastien Ebala.

En tant que membre des Nations Unies depuis le 20 septembre 1960, le Cameroun doit donc intégrer qu’il est possible sur son sol de se révolter (même avec les armes) pour exiger le départ de Paul Biya. Le Cameroun doit également se conformer à la Charte africaine des droits de l’homme et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui protège la liberté d’expression de l’arbitraire de l’Etat. Surtout que la Constitution du 18 janvier 1996 dispose à son article 45  que les traités et accords internationaux dûment approuvés ou ratifiés ont, dès leur entrée en vigueur, autorité sur les lois. A moins d’être une enclave du non-droit et de la forfaiture juridique, le Tribunal militaire doit respecter les textes suscités et libérer Sébastien Ebala qui n’a violé aucune loi, même pas la fameuse loi scélérate anti-terroriste du 23 décembre 2014 que le lieutenant-colonel Engono Thadée ne cesse de lui brandir au parquet du Tribunal militaire de Yaoundé.

Michel Biem Tong

 

https://www.youtube.com/watch?v=aYH-TdoIqu8

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