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Cameroun : Liberté économique : La justice militaire veut-elle étouffer l’affaire Vodafone ?

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Accusés de financement du terrorisme et de blanchiment d’argent, les responsables de l’éphémère compagnie de téléphonie mobile continuent de circuler librement. Certains ont quitté le Cameroun alors qu’ils étaient interdits de sortie du territoire.  Le tribunal militaire de Douala a classé l’affaire sans suite alors que les justificatifs exigés par la police judiciaire n’ont pas pu être produits par les suspects. La plaignante maltraitée par un magistrat à Douala. La justice militaire en flagrant délit de sabotage de la lutte contre  le terrorisme si cher au peuple camerounais.

Et on reparle de Vodafone. Il s’agit de cette compagnie de téléphonie mobile qui s’est installée au Cameroun courant 2017 mais qui a fait long feu. Et pour cause, non seulement les responsables de la compagnie n’avaient pas de licence d’exploitation mais sont poursuivis entre autres pour financement du terrorisme et blanchiment d’argent. Vodafone a fermé boutique et des milliers d’emplois jeunes sont partis en fumée. Mais les responsables poursuivis ne sont toujours pas inquiétés. Pire, le Tribunal militaire de Douala vient d’abandonner les poursuites contre eux.

En effet, le 7 mars dernier, le Commissaire du gouvernement (procureur) près le tribunal militaire de Douala a classé sans suite (voir fac similé) la procédure déclenchée depuis le 17 novembre 2017 contre des responsables de Vodafone. Le tribunal estime qu’aucune poursuite pénale ne peut être engagée contre Pamboro Antoine, Sama Wilfried, Lars Stork, Bidias Wazek François et Me Etah Akoh pour « défaut d’infraction d’acte de terrorisme ».

Magistrat Jean Paul Kiam

Ces suspects ont donc été mis hors de cause alors que d’après les investigations menées par hurinews.com, jusqu’à ce jour, le cabinet Kpmg n’a pas pu produire son rapport sur la gestion financière de Northware Sarl, la société mise en cause qui vendait les produits Vodafone. Même la banque Ecobank n’a pas mis à la disposition de la justice le listing des opérations bancaires de cette société. Il s’agit pourtant des exigences contenues dans les réquisitions du parquet du tribunal militaire de Douala faites le 29 décembre 2017 à la direction de la police judiciaire à Yaoundé.

Le magistrat Jean Paul Kiam

D’après la lettre adressée au ministre de la Justice Laurent Esso le 2 mars dernier ainsi qu’au ministre de la Défense le 15 mars dernier, Ibrahim Zakari, homme d’affaire mandaté par dame Halimatou pour ester en justice, relate qu’en date du 7 juillet 2017, Hassana Halimatou a été placé en garde-à-vue sur ordre du magistrat Kiam Jean Paul pour diffamation. Soit 3 jours avant la plainte déposée par les soins de l’homme d’affaires à la Direction de la police judiciaire pour financement du terrorisme, exploitation électronique frauduleuse, tromperie envers les associés, abus de confiance, etc. Le magistrat est également accusé d’avoir aidé l’un des accusés en la personne de Lars Stork, de nationalité danoise, à quitter le pays alors qu’ils étaient frappés d’interdiction de sortie du territoire par la police.

Le magistrat a aussi, selon Ibrahim Zakari, comploté afin de faire lever des scellés apposés sur le Data Center de Vodafone par le Tribunal de première instance de Douala-Bonabéri le 2 août 2017 non sans s’être interposé à l’application de l’avis de recherche émis le 14 juin 2017 par la brigade de gendarmerie de Douala à l’endroit des accusés, sapant ainsi l’autorité de son collègue du Tribunal de grande instance du Wouri et empiétant sur les compétences matérielle de ce dernier  : « quel image ce magistrat donne t-il de notre gouvernement ? Celui d’un gouvernement laxiste incapable de protéger ses citoyens et les investisseurs étrangers… », fait remarquer Ibrahim Zakari au ministre de la Justice à qui il suggère des sanctions à l’encontre de ce magistrat qu’il accuse de collusion avec les suspects.

Cession des parts sociales

Rappelons que le 16 janvier 2012, Hassana Halimatou, gérante et actionnaire majoritaire de la société Northware Sarl cède ses parts sociales dans l’entreprise à la société néerlandaise Afrimax Cameroun qui a créé Vodafone en 2017. Madame Halimatou en tant que gérante statutaire de Northware est nommé responsable de la nouvelle société après cette mutation. Mais elle en est écartée par les responsables d’Afrimax. La dame venait en réalité de constater des mouvements financiers du compte bancaire de Northware vers l’étranger sans justificatifs. Elle dit également ignorer la destination des 3 milliards de F CFA issus de la convention de prêt signé entre la société et Afrimax. D’où la procuration donnée à Ibrahim Zakari, directeur général de l’entreprise Centre du Commerce extérieur et des relations extérieures, le 17 avril 2017 en vue d’une plainte pour financement du terrorisme, blanchiment de capitaux, etc.

Afrimax a également voulu se prévaloir de la licence d’exploitation ainsi que du titre transitoire d’exploitation octroyés à Northware Sarl par le ministère des Postes et télécommunications respectivement le 3 mai 2010 et le 8 janvier 2015 pour lancer les activités de Vodafone. Pourtant, les décisions du ministère portant octroi de ces agréments à Northway en font des droits non cessibles et non transférables à un tiers.

Voilà comment pour des intérêts égoïstes, des magistrats laissent courir des personnes suspectées d’activités terroristes et de blanchiment d’argent, mettant ainsi à mal les efforts de l’Etat du Cameroun pour combattre le terrorisme. Ces hommes en robe porte un sérieux coup non seulement aux populations qui subissent les effets des actes terroristes mais aussi à l’image du Cameroun à l’international qui a ratifié des conventions internationales sur la lutte contre le terrorisme.

Michel Biem Tong

 

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