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Cameroun : Lutte contre la toxicomanie : La Maison des Jeunes et des Cultures au chevet des détenus

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L’association qui suit de près la situation des détenus à la prison centrale de Douala a engagé une croisade contre la dépendance des détenus et des ex-détenus à la drogue. Le Comité national de lutte contre la drogue participe à cette campagne.  

L’accompagnement psychosocial des détenus et des ex-détenus figure en bonne place dans le cadre du projet ‘’Regard au-delà de la prison’’ implémenté par l’ONG Italienne Centro Orientamento Educativo (COE) avec l’appui financier de l’Agence Italienne pour la Coopération au Développement (AICS), La Maison des Jeunes et des Cultures (MJC) partenaire local du COE dans le cadre de ce projet, met un accent particulier sur l’activité portant sur la réduction de la dépendance des bénéficiaires aux stupéfiants.

Les opérateurs du projet sont accompagnés dans cette activité par le Comité National de Lutte contre la Drogue (CNLD du Cameroun) et Nadia BOZ, une psychologue italienne. Cet accompagnement a commencé, à Douala, par une formation de capacitation des opérateurs du projet, des acteurs de la société civile et du personnel du corps médical de l’administration pénitentiaire pour une prise en charge de l’addiction à l’alcool, au tabac et au cannabis. Il s’est agi, entre autres, de présenter une vue d’ensemble du problème de drogue et de toxicomanie au Cameroun, de relever les motivations qui peuvent conduire les jeunes à partir d’un simple usage de la drogue à la toxicomanie.

Grace à cette formation, les opérateurs sont aujourd’hui en mesure de reconnaitre les signes d’abus de drogue qui doivent alerter : les changements d’apparence, la perte d’appétit, la négligence de l’hygiène personnelle, la perte de mémoire, la perte d’intérêt pour les activités sociales, les requêtes financières récurrentes, des comportements secrets et sournois, des troubles de la personnalité.

Plusieurs outils ont été mis à la disposition des opérateurs, des autres acteurs de la société civile et du personnel du corps médical de l’administration pénitentiaire pour s’investir dans le processus de réduction de la dépendance chez les détenus et des ex-détenus :

  • La psychoéducation : Elle est une association de trois pôles.
  • Le pôle pédagogique qui consiste à éduquer et à informer de manière nuancée sur la nature de la dépendance et ses conséquences pour le patient et les membres de sa famille ;
  • Le pôle psychologique qui consiste au soutien émotionnel et à amener le patient et ses proches à accepter la dépendance et ses effets ;
  • Le pôle comportemental qui enseigne les façons de gérer la maladie et le stress, et apprend à avoir recours à des stratégies de modifications du comportement.
  • La psychothérapie : il faut entendre par là « toute méthode de traitement des désordres psychiques ou corporels utilisant des moyens psychologiques et, d’une manière plus précise, la relation du thérapeute et du malade » (Laplanche et Pontalis).

La psychothérapie vise soit à développer des capacités présentes chez la personne, soit à modifier des schémas de pensée, soit enfin à limiter les conséquences négatives des désordres.

L’applicabilité de ces outils repose sur trois principes majeurs de l’accompagnement psychosocial à savoir : Créer une alliance thérapeutique fondée sur le fait que le patient a un savoir essentiel et par conséquent mettre en place un dispositif de collaboration (approche expérientielle et motivationnelle) ; Traiter l’addiction et ses complications et Contribuer au mieux-être et au rétablissement.

Cette capacitation des opérateurs du pôle leur a permis d’incuber, à ce jour, trois ex-détenus à travers des cycles de 6 mois d’apprentissage auprès trois entreprises et ateliers de la ville de Douala : l’un dans le domaine de l’esthétique, un autre dans le domaine de la confection et le dernier en menuiserie aluminium. Simultanément, plusieurs autres sont encore dans le processus de réduction de leur dépendance dans l’espoir qu’ils développeront aussi suffisamment de la détermination pour passer à l’étape de leur réinsertion professionnelle.

La lutte à la consommation des stupéfiants passe aussi Par la sensibilisation et la prévention des populations de la ville, surtout les jeunes, catégorie à risque, afin de réduire les risques pour leur santé mais aussi d’éviter qu’ils s’engagent dans des conduites susceptibles de les amener à l’incarcération. Dites NON à la drogue, dites NON à la prison ! Le conseil est encore plus important car il vient directement des opérateurs de la MJC qui travaillent en milieu carcéral et se retrouvent au quotidien à suivre des cas des détenus incarcérés à cause des infractions liés aux stupéfiants.

hurinews.com

 

 

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