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Cameroun : Lutte pour l’indépendance : 18 détenus du Southern Cameroon victimes de maltraitances

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Ces détenus ont été transférés des prisons centrales de Buea (Southern Cameroon) et du secrétariat d’Etat à la défense (gendarmerie nationale) pour la prison centrale de Yaoundé où ils subissent des actes de torture. Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) parle de traitements cruels et dégradants et de détention dans des conditions déplorables. Ci-dessous, le communiqué du Redhac.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Douala-Buea, 04 juillet 2018 : Au moment où le REDHAC demande à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) que l’Etat du Cameroun soit condamné à indemniser les victimes de la crise pour cause d’incarcération abusive en violation des articles 6 & 7 (1) (d) de la CADHP, 18 activistes ont été transférés, ce lundi 02 juillet 2018, de la Prison Centrale de Buea et du SED pour celle de Kondengui à Yaoundé par les officiers, où ils subissent des traitements cruels, inhumains et dégradants.De sources concordantes, Ces 18 activistes sont actuellement détenus dans une section de haute sécurité de la prison de Kondengui : le «Kosovo». Il s’agit des détenus :

1) TATI ERIC NGU

2) HARRIS BOSEME

3) NKWETATO ROBERT

4) IKOE CLINTON

5) ACHA IVO ABEN

6) JOHN MARINUS NDENGE

7) OBEN FRANKLINE TABOT

8) EYONG CHARLES

9) EFFIA GIDEON

10) ORDEMA FRANCIS

11) AGBOR TAKU JOSEPH

12) AWU GREGORY ASHU

13) TANYI ROBERT TATAW

14) JONG ORLANDUS

15) NJEYA JUKIUS BAWE

16) KUM NESTOR

17) AYUKEM FRANKLIN

18) FONJONG ARMSTRONG

14 ont été transférés de la Prison Centrale de Buea pour Kondengui, Yaoundé et 4 ont ététransférés du SED.

Traités d’ambazoniens, ils auraient été enchainés avant d’être brutalement torturés dans la nuit du 02-03 juillet 2018, par des gardiens de prison. Leurs conditions de détention irrégulière a entrainé, le 03 juillet 2018, une grève des prisonniers d’expression anglaise.

L’on fait état de plusieurs blessés. Suite aux pressions de la grève, l’administration pénitencière a déclaré recevoir les ordres de la hiérarchie de garder les détenus enchaînés pour observation. Pour le REDHAC, qui est profondément préoccupé par le transfert brusque de ces 18 activistes, il s’agit des traitements cruels, inhumains et dégradants en violation des articles :

Articles 5 : de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples : « Tout individu a
droit au respect de la dignité inhérente à la personne humaine …. Toutes formes
d’exploitation et d’avilissement de l’homme … la traite des personnes, la torture physique ou
morale, et les peines ou les traitements cruels, inhumains ou dégradants sont interdites. » ;
Article 7 Pacte international relatif aux droits civils et politiques : « Nul ne sera soumis à la
torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. En particulier, il est
interdit de soumettre une personne sans son libre consentement à une expérience médicale
ou scientifique ».
Article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 : « Nul ne sera soumis à
la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »

De tout ce qui précède, Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale
(REDHAC) :
1) Dénonce le transfert des 18 activistes de la Prison Centrale de Buea et du SED vers la Prison de Kondengui et leur détention sur haute sécurité ;
2) S’insurge contre les actes de tortures, de mauvais traitements cruels, inhumains et dégradants infligés par les gardes prisonniers contres ces détenus
Aussi, le REDHAC demande instamment à l’Etat du Cameroun de :

 

3) D’assurer a protection physique et morale des 18 activistes et de tous les détenus d’expression anglaise arrêtés et détenus dans le cadre de la crise sociopolitique;

4) Traduire devant les juridictions compétentes, impartiales et neutres les responsables des
actes de tortures sur les 18 activistes.
Enfin, le REDHAC recommande à l’Etat du Cameroun de :

 

1) Procéder à la réécriture des articles 2 et 3 de la loi N° 2014/028 du 23 décembre 2014 réprimant les actes de terrorisme au Cameroun pour favoriser un environnement sûr, respectueux et propice à la société civile;
2) Publier la liste des 18 activistes et de les libérer instamment ;
3) Publier la liste des ‘’ 47 indépendantistes extradés du Nigeria’’ en Janvier 2018 ainsi que celle de toutes les personnes mortes ou arrêtées dans le cadre de la crise sociopolitique dans les régions du Sud-Ouest et Nord-Ouest sans discrimination. Afin de permettre aux familles soit de faire leur deuil, soit d’entrer en contact avec leurs proches en prison et leur assurer le droit à un procès équitable ;

4) Assurer l’indépendance réelle des magistrats et la séparation effective des pouvoirs en mettant en place les mécanismes pour la célérité des procès incluant le droit à un procès équitable et la lutte contre l’impunité qui se caractérise par la sanction des auteurs des exactions et violations des droits humains ;

5) Libérer tous les défenseurs des Droits Humains, les membres de la société civile, les activistes et les manifestants qui sont en détention depuis 2016 et Adopter une loi portant ‘’promotion et protection des défenseurs et activistes des droits humains’’ pour assurer à ces derniers une protection étatique ;

6) Assurer la liberté d’expression et la liberté des médias en intégrant la législation nationale conformément aux normes internationales en examinant les dispositions relatives aux restrictions dans le code pénal qui sont utilisées pour détenir, charger et condamner les journalistes en particulier ceux poursuivis pour les délits de presse. Les dispositions révisées devraient être conformes à l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) ;

7) Terminer le processus de ratification du Statut de Rome pour que le Cameroun soit membre de la Cour Pénale Internationale (CPI) afin que les coupables soient punis.

8) Mettre en place dans les délais une commission vérité, justice et réconciliation pour sortir de l’impasse liée à la crise du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Fait à Douala le 04 Juillet 2018

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