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Cameroun : Massacre en zone anglophone : Des organes de presse et des ONGs menacés de fermeture

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Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, menace de suspendre des organes de média qui relaient les rapports des ONGs nationales et internationales sur les massacres des civils par l’armée dans le Cameroun anglophone. Dans le même temps, il accuse lesdites ONG d’avoir perçu des milliards de FCFA pour produire des rapports erronés en vue de déstabiliser le Cameroun.

Et si le pouvoir de Yaoundé voudrait continuer à massacrer à huis-clos dans le Southern Cameroons (nord-ouest et sud-ouest anglophone du Cameroun). Loin des regards de la presse et des organismes tant nationaux que sous-régionaux et internationaux de défense des droits de l’homme. Voilà ce que cache cette sortie pour le moins maladroite du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, ce 9 mars 2020 au cours d’un point de presse à Yaoundé.

A certains médias privés camerounais tels que le journal Le Jour, les chaînes de radio ABK et Radio Balafon et les chaînes de télé Equinoxe Télévision et STV2, le ministre a reproché d’être le relais des rapports erronés de certaines ONGs qui selon Atanga Nji dénigre l’armée camerounaise : « Le Cameroun n’a pas besoin d’une radio Mille Collines. Les médias n’ont pas vocation à jeter de l’huile sur du feu », a averti Atanga Nji.

Atanga Paul Nji, ministre de l’Administration territoriale du Cameroun

Accusations sans preuves

Pour ce qui est des ONGs, le ministre de l’Intérieur a déclaré sans la moindre preuve que 5 milliards de FCFA ont été versés (par on ne sait qui !) à des ONGs tant nationale qu’internationale pour produire de faux rapports en vue de déstabiliser le Cameroun. Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), qui s’est senti visé par ces accusations  diffamatoires, promet de réagir ce mardi 10 mars 2020 au cours d’un point de presse à Douala.

Depuis le massacre perpétré par l’armée camerounaise et une milice gouvernementale sur des civils à Ngarbuh le 14 février dernier, le gouvernement camerounais est acculé par des condamnations venant de partout dans le monde. Au lieu d’opter pour une solution pacifique à la crise qui perdure, le régime Biya trouve plutôt des boucs émissaires en la presse et les organismes de défense des droits de l’homme qu’il veut museler pour continuer à massacrer en silence dans le Southern Cameroons. Pourquoi casser le thermomètre au lieu de soigner la fièvre qu’il vous indique ?

Michel Biem Tong

 

 

 

 

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