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Cameroun : Opinion : Ce que les Nations Unies doivent savoir sur l’assassinat d’un agent humanitaire au Southern Cameroons

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Dans un communiqué rendu public ce dimanche 1er décembre 2019, la coordinatrice des affaires humanitaires au sein du système des Nations Unies au Cameroun, Allegra Baiocchi, annonce l’assassinat d’un travailleur humanitaire par des hommes en armes dans le Donga Mantung, au nord-ouest anglophone du Cameroun. L’absence de précision sur la nature de ces hommes armés est-elle un signe de ce que la communauté internationale est informée de la présence de groupes armés à la solde du pouvoir de Yaoundé pour semer la confusion au sein de la lutte armée du peuple anglophone ? Voici dans tous les cas ce que le monde entier doit savoir sur ces « séparatistes armés » d’un autre genre.

Dans un communiqué (voir ci-dessous) daté du 1er décembre 2019, la coordinatrice des affaires humanitaires du système des Nations Unies au Cameroun, Allegra Baiocchi accuse des hommes armés d’avoir enlevé puis assassiné le 30 novembre dernier Pascal Ngwayi, président de l’ONG humanitaire COMINSUD, partenaire de l’ONU. L’assassinat, selon le communiqué, a eu lieu dans un village du Donga Mantung, au nord-ouest anglophone du Cameroun où il se rendait pour une action humanitaire en faveur des victimes du conflit qui sévit dans le Cameroun anglophone depuis le 30 novembre 2017

L’usage du terme « hommes armés » plutôt que « séparatistes armés » pour désigner les auteurs de ce « crime de guerre » est assez révélateur. En effet, ce que l’opinion internationale doit savoir est que pour semer la confusion dans la lutte armée du peuple anglophone pour la reconnaissance du Southern Cameroons (actuelles régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest) comme un Etat indépendant depuis le 1er octobre 1961, le pouvoir de Yaoundé a créé des bandes armées parallèles pour kidnapper contre rançons, commettre des crimes avec mutilations des corps, monter des scènes d’enterrement vivantes de jeunes filles. L’objectif ici étant de labelliser les groupes armés séparatistes authentiques comme étant des terroristes aux yeux de l’opinion internationale. L’objectif est également de dresser les populations locales contre les séparatistes armés.

Le 14 juillet 2018, un ministre anglophone révèle dans une lettre anonyme à un activiste indépendantiste basé aux USA que le gouvernement camerounais forces les élites politiques anglophones à former des groupes de jeunes dans le but de semer la confusion au sein de la lutte armée du peuple anglophone.

Lorsque l’auteur de ces lignes est invité au bureau du colonel Emile Bamkoui, le commandant de la Division de la sécurité militaire (SEMIL) le 23 octobre 2018, avant son enlèvement puis sa séquestration dans une cellule du Secrétariat d’Etat à la défense (SED) à Yaoundé, il apprend d’un agent de ce service en charge du renseignement et de la discipline militaire que la SEMIL a mis en place une stratégie pour infiltrer les groupes armés séparatistes en vue de les diviser.

Le 25 juillet 2019, au cours d’une réunion secrète des élites anglophones du Nord-Ouest tenue à Yaoundé au domicile  de l’ex-Premier Ministre, Philémon Yang, le ministre de l’Intérieur et ex-agent des renseignements, Paul Atanga Nji, a déclaré qu’il va falloir intensifier les kidnappings contre rançons et les assassinats qui, a-t-il soutenu, sont les meilleurs moyen de monter la communauté internationale contre les séparatistes armés. Atanga Nji a poursuivi en disant qu’il va falloir cibler des coopérants, des agents humanitaires étrangers pour marquer des esprits.

Le 17 septembre dernier, au lendemain de la mise en circulation sur les réseaux sociaux de la vidéo montrant une jeune fille enterrée vivante à Guzang (nord-ouest), le même Atanga Nji adresse une correspondance au gouverneur du Nord-Ouest anglophone, Adolphe Lele Lafrique. Dans cette correspondance, le ministre demande à son gouverneur de soutenir les actions des « comités de vigilance ». Allez donc savoir de quels comités de vigilance il s’agit dans un contexte où les populations anglophones se sont constituées en groupes d’autodéfense pour se prémunir des forces terroristes telles que le Bataillon d’intervention rapide (BIR) déversées dans cette zone par le pouvoir de Yaoundé.

Il est aisé de comprendre que le régime de Paul Biya, à travers le ministre Atanga Nji et le colonel Bamkoui de la SEMIL, a mis en place dans le Cameroun anglophone un véritable syndicat du crime crapuleux en l’enveloppant des oripeaux de groupes séparatistes juste pour gagner la sympathie de l’opinion internationale et la levée de boucliers de cette dernière contre les séparatistes armés authentiques. Si la piste de ces derniers est plausible, il n’en demeure pas moins que celle de ces « Amba Boys » version régime Biya soit privilégiée pour retrouver les assassins de ce travailleur humanitaire tué le 30 novembre dernier dans le Donga Mantung.

Michel Biem Tong

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