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Cameroun : Opinion : Ce QU’IL FAUT COMPRENDRE ET RETENIR DE L’ « AFFAIRE MICHEL BIEM TONG »

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6 mois après sa sortie de prison, le directeur de publication de votre journal en ligne www.hurinews.com accuse le chef de la redoutée Division de la sécurité militaire (Sémil) du ministère camerounais de la Défense, le tout puissant colonel Emile Bamkoui de sinistre réputation, non seulement de l’avoir fait embastiller parce qu’il a divulgué sur les réseaux sociaux le rendez-vous que le colonel lui a donné par téléphone, mais aussi d’avoir tenté de le corrompre une fois sorti de taule pour qu’il ne témoigne pas des horreurs qu’il a vécues pendant son incarcération. Le journaliste et web-activiste Michel Biem Tong explique qu’il a été accusé d’apologie de terrorisme sans que ce chef fasse l’objet d’une enquête préliminaire et a été traduit au Tribunal militaire de Yaoundé pour répondre de ce chef d’accusation sur l’unique base du rapport d’enquête de sécurité de la Sémil alors que cette dernière n’a aucune compétence en matière de police judiciaire, du moins pour ce qui est des infractions pénales. Témoignage d’une victime de la tyrannie.    

« Justice : L’affaire Michel Biem Tong ». Ainsi titrait à sa grande Une le journal camerounais Défis Actuels N°347 du 19 au 21 novembre 2018, 4 jours après mon arrivée à la prison centrale de Yaoundé. L’affaire Michel Biem Tong, qu’on ne s’y méprenne pas, n’a rien de judiciaire,  loin de là. Il s’agit de la traduction en affaire judiciaire (quelle justice même ?) d’une volonté pour la pègre qui tient ce Cameroun d’une main de fer de faire taire un journaliste et cyber-militant des droits humains qui ne passait pas par 4 chemins pour mettre à nu la voyoucratie qu’ils imposent aux Camerounais depuis 37 ans, pour tomber le masque sur leurs agissements hors-norme. Surtout qu’il m’a été rapporté que plusieurs barons du régime qui avaient de bonnes raisons de se plaindre d’avoir été griffés par ma plume acérée gravitaient autour de mon affaire. A l’instar de l’actuel ministre de l’Administration territoire, Paul Atanga Nji dont le nom était cité chaque fois par mes informateurs.

Le traquenard qui s’est finalement refermé autour de ma personne un 23 octobre 2018 s’est ouvert des mois voire des années auparavant. Notamment lorsque j’ai commencé non seulement à dénoncer l’utilisation par le dictateur camerounais Paul Biya des institutions judiciaires contre certains de ses ex-proches collaborateurs à des fins politiques sous le prétexte de la soi-disant lutte contre les prévaricateurs de la fortune, mais aussi à troubler la campagne d’abrutissement des masses autour de cette croisade dite anti-corruption. Il fut une fois, une connaissance très proche du secrétariat d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie nationale (SED) m’a mis en garde car, m’a-t-il dit, je faisais l’objet d’un suivi permanent de ce côté. Par ailleurs, le 15 avril 2017, mon domicile à Yaoundé a été cambriolé et les « bandits » n’ont pris que mon ordinateur et mon matériel de travail !

La veille de ce cambriolage assez curieux, j’ai publié sur Facebook un article dans lequel je dénonçais le rôle du député Bonaventure Mvondo Assam, de son petit nom BONIVAN, neveu de Paul Biya, dans la séquestration de Marafa Hamidou Yaya, ancien ministre et prisonnier politique selon le département d’Etat américain et plusieurs organismes internationaux. Si mes multiples dénonciations de l’Opération Epervier, du Tribunal criminel spécial, m’ont placé dans la ligne de mire, mes informations inédites dans le cadre du conflit anglophone ont fini par faire de moi l’homme à abattre. La création le 3 mai 2018 de HURINEWS TV, une chaîne YouTube à travers laquelle je consacrais la plupart de mes sorties à la crise anglophone n’était pas pour arranger les choses.

“Colonel Bamkoui a eu la fameuse bande sonore dans un   d’un groupe whatsapp des « ambazoniens » dont il était membre. Il ne l’a jamais intercepté comme il l’a dit au Syndicat national des journalistes du Cameroun”

Le pouvoir de Yaoundé a cherché à me le faire payer. Mais comment, puisque je me borne à relater les faits historiques, à évoquer les arguments juridiques qui fondent les revendications par le peuple anglophone du droit de disposer de lui-même et à dénoncer les agissements de certains soldats camerounais en zone anglophone ? Dans le cadre de mes investigations sur ce conflit, pour mieux m’immerger dans le milieu des anglophones et créer un rapprochement avec ces derniers de manière à être informé plus souvent sur ce qui se passe chez eux, je fais enregistrer un message whatsapp (en privé donc) dans lequel je demande à ce peuple (et non à un groupe armé puisqu’il existe des formes non-violente de lutte) de s’unir pour continuer à résister à ce régime assassin et génocidaire qui, d’ailleurs, se prépare à les décimer après les élections présidentielles de 2018. J’envoie le message à une de mes sources d’information basée à Mamfé (au sud-ouest), libre à elle de le partager à ses contacts et ainsi de suite.

Membre d’un groupe whatsapp créé par nos compatriotes anglophones dans le cadre de leur lutte (c’est lui-même qui me le dit à son bureau), un colonel délinquant et prisonnier ambulant pour ses hauts faits en termes d’assassinat au nom d’Emile Bamkoui, tenancier d’un laboratoire spécialisé en torture et en crime appelé « Division Sécurité Militaire » (Sémil), tombe sur cette bande et exulte : youpiii ! Le prétexte est enfin trouvé. Mais au lieu de transmettre cette bande à la justice pour que je sois convoqué en bonne et due forme pour « apologie de terrorisme » (c’est à se demander si ce colonel en sait quelque chose !), il décide de prendre les devants. Le 18 octobre 2018, ce triste personnage m’invite par téléphone au centre-ville de Yaoundé vers la tombée de la nuit et s’abstient de me dire pourquoi il tient tant à me voir. Sans doute pour m’enlever ou me faire disparaitre comme à son habitude.

Michel Biem Tong, dans un hôtel à Kumba (sud-ouest anglophone) en août 2015, de retour d’un reportage à Betock, un village situé à une trentaine de kilomètres de Kumba.

Ayant constaté que je ne suis pas venu à ce rendez-vous visiblement très important pour lui et que j’ai alerté l’opinion publique à travers les réseaux sociaux, ce pauvre type jure de me pourrir la vie. Une fois à son bureau après avoir su pourquoi il cherchait à me voir (même s’il a menti en parlant de message aux sécessionnistes, c’est-à-dire aux Amba Boys), alors que je m’attends sans doute à des conseils ou des mises en garde gentils, je m’entends dire « allez l’auditionner ». Quelle audition ?  Suis-je militaire ou gendarme pour me faire auditionner par la Sémil en qualité de suspect? Une fois devant l’adjudant Tiam, son secrétaire particulier et homme de main, je me rends compte que je fais l’objet d’une « enquête de sécurité ». Mais écoutez alors les questions : « pourquoi n’avoir pas rendu public ce message-là comme vous en avez l’habitude ? Est-ce que vous vous êtes soucié de l’image du pays ? Est-ce que ce n’est pas une stratégie que vous leur donniez (suis-je un stratège militaire ?) ? Ne pensez-vous pas que vous avez fait dans de l’apologie de terrorisme (comme si j’allais dire oui !) ? ». Rien sur un possible lien ou contact avec les « généraux » des Amba Boys. Rien sur un financement quelconque reçu du mouvement indépendantiste anglophone. Rien sur une quelconque participation à l’achat d’armes pour le compte des « Amba Boys ». Rien d’une enquête de sécurité donc. Une véritable justice aurait balayé ce torchon de PV d’enquête de sécurité d’un revers de la main pour « vice de procédure ».

« Mon audition à l’enquête préliminaire a porté sur mes activités de journaliste et de cyber-activiste et non sur l’apologie de terrorisme dont m’accusait le colonel Bamkoui »

Après que ce colonel voyou m’ait jeté dans les cellules de sa Sémil, non sans avoir au départ souhaité que j’y passe la nuit, il ordonne mon transfèrement au SED. Il était plus de 20H. Il fait un soit-transmis (des instructions) au colonel Kaole Serge, chef service central de la recherche judiciaire au SED pour que je sois coffré pour « apologie de terrorisme ». La loi anti-terrorisme du 23 décembre 2014 prescrit pourtant qu’on ne fait de l’apologie de terrorisme que publiquement ou par tout moyen visant à atteindre le public. Or ce message n’a jamais été rendu public. La preuve, même mes avocats, un mois après ma séquestration, ont cherché à avoir cette bande sonore. Dans ce message, je ne faisais nullement appel à la prise des armes ni à l’usage d’explosifs. C’est à se demander si le colonel « Chef Sémilard » qui ne comprend que le langage du crime et n’hume que l’odeur du sang a lu cette loi scélérate que le pouvoir de Yaoundé a fabriqué à la hâte et de toute pièce pour se prémunir de tout soulèvement populaire à l’instar de celui qui a fait tomber Blaise Compaoré au Burkina Faso quelques mois plus tôt.

Une fois à la cellule 22 (C22) au SED, le colonel- délinquant s’assied dans son bureau et suit la situation de près. A l’ouverture de mon audition le 24 octobre 2018, miracle ! Cette dernière tourne autour de tout sauf de la fameuse bande sonore en question : « qu’as-tu contre le chef de l’Etat ? Qu’as-tu contre l’armée ? Quelles sont les sources d’information de hurinews.com ? Quelles sont ses sources de financement ? Quels sont tes liens avec le hashtag chassement ? Quels sont tes liens avec le parti d’opposition MRC, avec l’ « Ambazonie » ? etc. ». A la fin de mon audition, l’enquêteur me demande de revenir le lendemain pour une autre audition cette fois-là au sujet de la bande. Mais cette audition n’aura plus jamais lieu. Pourquoi, alors que c’est la fameuse bande qui m’a conduit en cellule ? Je ne le saurai jamais. Nul doute que « Chef Sémilard » a donné des instructions pour qu’on n’aborde pas cet aspect se sachant compromis dans cette histoire de bande sonore, car les Camerounais et le monde entier allaient se rendre compte de son double-jeu qui consiste à côtoyer des « terroristes sécessionnistes » qu’il prétend pourtant combattre. Autre hypothèse, les enquêteurs du SED n’ont rien trouvé dans cette bande qui puisse me valoir d’être accusé d’apologie de terrorisme.

« La capitaine Josephine Nkoa Akouna, juge au Tribunal militaire de Yaoundé, m’a traité de pseudo-journaliste, chassé mon avocat de son bureau, m’a torturé psychologiquement et renvoyé devant le Tribunal militaire sans m’avoir interrogé »

Même devant la capitaine (aujourd’hui chef d’escadron) Nkoa Akouna Josephine, substitut du commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire de Yaoundé, devant laquelle je suis déféré pour la première fois le 29 octobre 2018, l’histoire de la bande sonore est aux abonnés absents. La seule chose que cette mégère au cœur de pierre a trouvé à me reprocher, c’est d’avoir outragé le chef de l’Etat, Paul Biya, dans mes écrits. A titre de rappel, son époux, un certain Akamba, officie au sein de la Garde Présidentielle. Aux yeux de cette louve, qui m’a traité de pseudo-journaliste et éconduit de son bureau tel un malpropre un de mes avocats Maître Nouga, j’ai outragé celui à qui son mari doit tout. Après m’avoir trimballé entre le SED et ses bureaux, m’infligeant au passage une indicible torture psychologique, Nkoa Akouna m’a signifié le 15 novembre 2018 que je suis placé en détention provisoire à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui. Le pire est que pendant que je suis au quartier 4 de ladite prison, cette dame reste dire aux miens que je dois adresser une lettre d’excuses à Paul Biya que j’ai d’après elle outragé, que j’ai intérêt à rester tranquille et à demander aux ONG qui se mobilisaient pour ma libération d’arrêter de le faire de peur d’aggraver ma situation.

Alors que j’attends l’ouverture de mon procès fixée le 5 décembre 2018, cette magistrate militaire aussi incompétente qu’embrouillée qui ne sait pas ce que déclarations mensongères veut dire selon la loi anti-terroriste, n’est pas fichue de m’extraire de mon local en prison pour m’interroger sur tous les chefs d’accusation qu’elle a bricolés sur mon dos tels qu’usurpation de titre de journaliste, propagation de fausses nouvelles susceptible de nuire aux autorités publiques, apologie de la sécession, crime d’appels à l’insurrection, etc.  Le chef d’apologie de terrorisme est resté pendant depuis la Sémil alors que ce machin n’a aucune compétence en matière de police judiciaire du point de vue de l’infraction pénale. Aucun officier de police judiciaire ne m’a posé de question à propos, je répète aucun.

Je me retrouve donc devant le Tribunal militaire de Yaoundé le jour dit sans avoir fait l’objet d’une instruction judiciaire pourtant obligatoire selon la loi camerounaise en matière de crime, du moins pour ce qui est des faits tels que crime d’appel à l’insurrection et appel à la sécession où je risquais au moins 10 ans de prison (le fait d’apologie de terrorisme, c’est le jugement direct selon la loi anti-terroriste, après enquête préliminaire bien sûr, laquelle n’a pas eu lieu sur ce chef !). Pendant l’audience, l’inattendu se produit. Le représentant du parquet, profitant de la sollicitation que j’ai faite d’un renvoi le temps pour moi de préparer ma défense, lâche le morceau : « nous sollicitons aussi un renvoi car nous ne sommes pas prêts » ! Comment ça vous n’êtes pas prêts alors que vous avez un message aux « terroristes sécessionnistes » dans votre dossier ?, me suis-je demandé au fond de moi. A travers ce « nous ne sommes pas prêts ! », il faut comprendre que non seulement « Chef Sémilard » s’est mêlé de ce qui ne le regarde pas mais aussi que la capitaine Nkoa Akouna a joué d’incompétence et fait n’importe quoi.

« Le Tribunal militaire a abandonné les poursuites contre moi parce que selon le ministère de la Défense, je n’avais rien fait de grave. A ma sortie de prison, j’ai été menacé à plusieurs reprises par le parquet militaire d’être jeté en prison à nouveau si je continue d’exercer comme journaliste libre et indépendant »

Ma libération s’imposait donc. Et elle est intervenue après que le Tribunal militaire de Yaoundé ait, le 14 décembre 2018, décidé d’abandonner les poursuites contre moi. Surtout qu’à cette même date, dans un communiqué du ministère de la Défense (tutelle du Tribunal militaire) qui  définissait les critères d’éligibilité à cette mesure d’arrêt des poursuites décidée la veille par le président de la République, il a été précisé que seuls ceux qui ont commis des crimes moins graves seront libérés. Et j’en faisais partie. Le ministère de la Défense, à la disposition duquel je me trouvais, a donc estimé que je n’avais rien fait de grave au point de me valoir un procès aussi draconien. Avis donc à ceux qui pensent que cette libération est une manne tombée du ciel d’Etoudi (où se trouve le palais présidentiel à Yaoundé).

Le colonel Bamkoui, le bourreau du journaliste camerounais Michel Biem Tong

Mais s’il vous plaît, je n’ai pas été libéré pour aller reprendre mes activités de journaliste et web-militant des droits de l’homme, de manière libre et indépendante et au Cameroun. Le commissaire du gouvernement (procureur) près le Tribunal militaire de Yaoundé, lieutenant-colonel Eric Engono Thadée me l’a d’ailleurs rappelé deux fois à la cour de la prison et une fois au camp de gendarmerie Yeyap devant le colonel Didier Badjeck (alors porte-parole de l’armée) en ces termes : « je pourrais te reprendre à tout moment si tu continues, vraiment, je n’hésiterai pas à appliquer la loi ».

Comme vous pouvez le constater, la logique à laquelle obéissaient les poursuites contre moi c’était de « casser de l’impertinent », de me museler à jamais et non de punir quelque criminel ou délinquant que ce soit. D’ailleurs, un ami de la famille, venu me rendre visite à la prison de Kondengui quelques jours avant ma libération, m’a dit avoir discuté de mon affaire avec une personnalité de haut rang qui est aussi une connaissance à lui. Ce dernier l’aurait rassuré en ces termes: « Le journaliste là ? Ah je vois, on va voir ce qu’on peut faire pour lui, mais à condition qu’il ne parle plus ».

Même le chef des Sémilard, colonel Bamkoui, ne dormait pas. Après avoir tenté sans succès de me piéger en me demandant, par personnes interposées, d’écrire une lettre d’excuses au ministre de la Défense pour que je sorte de prison (la lettre que le parquet militaire attendait pour être enfin prêt à requérir ma condamnation pour y avoir avoué les faits), ce démon au galon de colonel m’a envoyé, toujours  par personnes interposées, une mauvaise nouvelle selon laquelle il voudrait me transférer de l’argent sale par Orange Money. Offre que j’ai déclinée sans trop réfléchir parce qu’elle visait à m’inclure dans le cercle des compromis et des pourris auquel ce pauvre type appartenait et par conséquent à me faire taire pour de bon. A m’amener à ne pas témoigner de ce que j’ai vécu pendant près de 2 mois d’enfer carcéral.

MICHEL BIEM TONG
MICHEL BIEM TONG

« Si j’ai pu sortir du Cameroun pour me retrouver sur une terre d’asile, c’est grâce au silence que j’ai gardé plusieurs mois après ma libération »

A cette allure, si j’ai pu sortir de ce pays, c’est parce que j’ai gardé le silence pendant des mois et ainsi, donné l’impression que j’étais passé à autre chose, que j’avais cessé de me mêler de « leurs choses ». L’affaire Michel Biem Tong, et c’est lieu pour les Camerounais et l’opinion internationale de le savoir, c’est l’histoire d’un Etat et d’une République complètement à la rue où un type, parce que bardé de galons de colonel alors qu’il serait en train de purger une peine de mort en prison pour assassinat, invite à un rendez-vous un journaliste réputé pour être un empêcheur de tyranniser en rond. Le journaliste est dans son collimateur depuis des mois (c’est du moins ce qu’il a dit au Syndicat national des journalistes du Cameroun). Parce que l’homme de média commet le crime de lèse-majesté de ne pas venir à son rendez-vous informel, il décide de le faire jeter en cellule puis en prison. Et une fois le procès ouvert,  quand il apprend que le parquet n’a rien pour soutenir son accusation,  ce haut gradé veille à ce que le journaliste soit condamné sur la base d’une lettre d’excuses au ministre de la Défense qu’il lui a suggéré, par personnes interposées, d’écrire étant en prison. Sans doute parce qu’il craint que le journaliste ne fasse des témoignages au cours du procès qui vont l’éclabousser.

C’est cet Etat voyou qui m’a poussé à trouver une terre d’asile et qui en ce moment s’acharne sur le jeune journaliste et lanceur d’alerte Paul Chouta. Nul doute que ce dernier m’aurait rejoint à la prison de Kondengui le 10 juin dernier si j’avais repris la plume pour la porter aux plaies purulentes de ce régime luciférien.

Michel Biem Tong

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