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Cameroun : Opinion : Droit à l’éducation d’accord, droit à la vie d’abord

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Suite aux incidents survenus la semaine dernière dans certaines écoles du Southern Cameroon, les Nations Unies tout comme le gouvernement camerounais ont condamné  les attaques sur le corps éducatif tout en invitant à la préservation du droit à l’éducation. Mais peut-on assurer le droit à l’éducation là où le droit à la vie est en péril ?  

Des blessures. Du sang. Des larmes. La rentrée scolaire dans le Southern Cameroon (territoire mué en région du nord-ouest et du sud-ouest de La République du Cameroun) a été mouvementée le 3 septembre dernier. Dans une communication délivrée le 4 septembre dernier, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Issa Tchiroma Bakary parle de « l’assassinat du directeur d’une école à Bamali dans le département du Ngoketunja, puis l’attaque du collège presbytérien pour filles de Bafut dans la Mezam » et accuse les indépendantistes anglophones.

Cette situation n’a guère laissé indifférente la représentation camerounaise du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). Dans son communiqué, Jacques Boyer, représentant de l’Unicef au Cameroun a condamné «  tout acte de violence, enlèvement, intimidation et agressions contre des écoles ». L’UNICEF a par ailleurs appelé à la préservation du droit à l’éducation des enfants.

Instruments juridiques

Si la réaction du gouvernement n’est pas surprenante, celle de l’Unicef qui est un organisme spécialisé des Nations Unies étonne et ne va pas sans être teintée d’un brin d’irréalisme. Il est vrai que les instruments internationaux et régionaux africains ratifiés par le Cameroun protègent le droit à l’éducation.

La Déclaration universelle des droits de l’homme en son article 26 protège le droit à l’éducation. La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples en son article 17 fait pareil. Mais ce droit est-il dissociable du droit à la vie ou du droit à la sécurité qui sont codifiés par ces instruments juridiques ?

Hypocrisie

Autant, le gouvernement camerounais et le système des Nations Unies sont à cheval sur le droit à l’éducation des enfants du Southern Cameroon, autant ils doivent l’être sur le droit à la vie et à la sécurité des enfants dans un contexte où les affrontements entre l’armée camerounaise et les forces indépendantistes anglophones sont quasi-quotidiens. L’ONU le sait. Le pouvoir de Yaoundé le sait aussi. Mais tous deux font l’autruche.

Comment ne pas pointer du doigt la responsabilité de ces deux entités dans la situation qui prévaut en ce moment dans le Southern Cameroon ? Pendant que le gouvernement camerounais attise la révolte  armée en obstruant toutes les voies du dialogue et en massacrant des civils, l’ONU quant à elle reste silencieuse et laisse l’atmosphère pourrir pour ensuite demander aux parents d’envoyer leurs enfants à l’école. Quelle hypocrisie ! Quel cynisme !

Michel Biem Tong  

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