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Cameroun : Procès équitable : Le REDHAC appelle à la libération des militants anglophones

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Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration parvenue à notre rédaction.  

(Douala- Cameroun  09/04/2018) : Le  Réseau  des  Défenseurs  des  Droits  Humains  en Afrique Centrale (REDHAC) est très préoccupé par l’acharnement judiciaire contre les activistes anglophones arrêtés dans le cadre de la crise sociopolitique au Cameroun. Le REDHAC observe les procès depuis l’ouverture devant le Tribunal Militaire de Yaoundé le 13 février 2017.

Le  31  août  2017,  suite  au  communiqué  de  presse  du  Ministre,  Secrétaire  Général  de  la Présidence de la République annonçant la décision du chef de l’Etat du  30 août sur l’arrêt des  poursuites  pendantes  devant  le Tribunal  Militaire de  Yaoundé  54  activistes ont  été libérés sur environ 1000.

Les procès ont repris le 1 mars 2018 pour Mancho Bibixy alias BBC, journaliste et 7 autres activistes parmi ceux encore en détention pour « présentation de la défense des accusés » ; le procès avait été renvoyé au 16 mars 2017.Le 16 mars 2017, à l’audience le journaliste Mancho Bibixy et ses 7 codétenus ont été devant les juges pour « réquisitoire du Ministère Public » ; ce jour, le procès avait été reporté au 29 mars 2018 pour « défaut d’accesseur » ;Le  29  mars,  l’audience  marquée  par  des  interprétations  approximatives,  a  été  une  fois  de plus renvoyée au 13 avril 2018 pour le délibéré. Ces procès durent depuis 1 an 3 mois déjà !

Pour le REDHAC :

–  Les arrestations et détentions des activistes d’expression anglaise sont arbitraires ;

–  Les  reports  réguliers  et  injustifiés  de ces  procès  s’apparentent  à  un  acharnement judiciaire.

Ces deux actes posés par les autorités camerounaises visent à restreindre l’espace civil des défenseurs et autres activistes au Cameroun, car ils n’obéissent pas aux articles :

–  Article 6 de la Charte africaine qui stipule :

« Tout individu a droit à la liberté et à la sécurité de sa personne .. . nul ne peut être arrêté ou détenu arbitrairement. »

–   Article 7 de la Charte Africaine qui stipule :

«1. toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue ».

  1. le droit d’être jugé dans un délai raisonnable par une juridiction impartiale. »

–  Article 9 de la Charte Africaine qui stipule :

« 1. Toute personne a droit à l’information.

  1. Toute personne a le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions … »

C’est   pourquoi,  le   Réseau   des   Défenseurs   des   Droits   Humains   en   Afrique   Centrale condamne fermement :

–  tout  acharnement  judiciaire  contre Mancho  Bibixy  alias  BBC,  journaliste et les autres activistes encore en détention ;

–  toutes les menaces et intimidations utilisées par les autorités de la République du   Cameroun   à   l’encontre   des   Défenseurs,   des   avocats,  des  journalistes,   des étudiants et autres activistes.

–  l’utilisation de la loi contre la « répression des actes de terrorisme» et la traduction des activistes devant le Tribunal Militaire de Yaoundé ;

Mancho Bibixy et des militants anglophones à l’entrée du Tribunal militaire à Yaoundé

AUX  AUTORITES  DE  LA  REPUBLIQUE  DU  CAMEROUN 

Le  Réseau  des  Défenseurs  des Droits Humains en Afrique Centrale exige de :

–  libérer  sans  condition  tous  les  manifestants  arrêtés  dans  le  cadre  de  cette  crise sociopolitique et ceux qui l’étaient avant ;

–  rendre  publique  la   liste  des  personnes  arrêtées  et celles mortes ou  portées disparues depuis le début de crise dans les deux régions anglophones du pays;

–  traduire  les  agents  des forces  de  sécurité  coupables  de  violence  devant  les  juridictions impartiales afin qu’ils répondent de leurs actes ;

–  garantir  l’intégrité  physique  et  morale  des  activistes  arrêtées  et  de  toutes les  autres personnes encore en détention dans le cadre de cette crise ;

–  cesser  d’utiliser  la  loi  antiterroriste  pour  justifier  les  représailles, les  arrestations  et  les détentions arbitraires des activistes, des défenseurs des droits humains, des membres des partis politiques de l’opposition et des journalistes ;

–  organiser des consultations inclusives avec la société civile (ONGs, activistes, défenseurs, journalistes)  pour  promouvoir  un  dialogue  inclusif  et  se  montrer  ouvert  à  recevoir  les recommandations et  les  observations  de  ces  acteurs,  à  les  prendre  en  compte  dans  la formulation des nouvelles lois ou dans l’amendement des lois existantes ;

LE REDHAC RAPPELLE AUX AUTORITES CAMEROUNAISES QUE L’ETAT DU CAMEROUN EST  SIGNATAIRE  DE  LA  CHARTE  AFRICAINE  DES  DROITS  DE  L’HOMME  ET  DES PEUPLES,  LA  DECLARATION  UNIVERSELLE  DES  DROITS  DE  L’HOMME  ET  DU  PACTE INTERNATIONAL  RELATIF  AUX  DROITS  CIVILS  ET  POLITIQUES  (PIRDCP)  PAR CONSEQUENT,  IL  DOIT  RESTER  DANS  LE  STRICT  RESPECT  DES  INSTRUMENTS RELATIFS A UN ETAT DE DROIT.

Fait à Douala, le 09 Avril 2018

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