Accueil»Dernières Infos»Cameroun : Répression : Au secours, ils musèlent tout le monde !

Cameroun : Répression : Au secours, ils musèlent tout le monde !

2
Partages
Pinterest Google+

Sale temps pour les voix dissidentes au Cameroun par ces temps qui courent. Après plus de 10 jours de garde-à-vue, accusé de diffamation par l’écrivaine franco-camerounaise Calixte Beyala, l’influenceur web et journaliste Paul Chouta a été placé en détention provisoire le soir du 10 juin 2019 à la prison centrale de Yaoundé.

Les abonnés de Facebook sont sevrés de ses alertes et ses articles depuis le 28 mai 2019. Et pour cause, Paul Chouta, journaliste à Cameroonweb, lanceur d’alerte camerounais et administrateur de la page Facebook Le TGV de l’Info, est aux prises avec la justice (du moins ce qui en tient lieu) de son pays. Depuis le 10 juin 2019, Paul Chouta est sous mandat de détention provisoire à la prison centrale de Yaoundé. De sources judiciaires, le jeune journaliste âgé de 32 ans est accusé de diffamation et de dénonciations calomnieuses. D’après un article du journaliste de Radio Siantou, Serge Aimé Bikoi, consulté par la rédaction de www.hurinews.com sur sa page Facebook, les avocats de Paul Chouta vont saisir le juge des libertés (habeas corpus) dans les prochains jours pour démontrer l’illégalité de sa détention provisoire et obtenir sa libération.

Paul Chouta qui est loin d’être un bandit de grand chemin, qui a un domicile connu (et est en plus reconnu) et disposent de garanties de représentation a été jeté comme un malfrat en prison. La cause des malheurs des Paul Chouta ? Une dame. Et pas des moindres. Calixte Beyala. Cette écrivaine qui rêvait de secrétariat général de la Francophonie. Qui a vécu en France, terre des libertés, de démocratie et des droits de l’homme. Qui, lors de la crise post-électorale en 2011, a tant crié « Libérez Gbagbo ! Libérez Gbagbo ! ». C’est celle-là même qui prive de liberté un jeune homme de média. Et bien plus, c’est la même qui s’accommode de méthodes dignes de gangsters qui consiste pour des policiers en civil à interpeller un citoyen nuitamment sans convocation ni mandat. Sur la base d’une plainte en diffamation qu’elle a déposée un mois plus tôt.

Paul Chouta

Quand Calixte Beyala diffamait Kamto

Pour Calixte Beyala, « le TGV de l’Info » a commis le crime de diffuser une vidéo qui la montre, munie d’une pierre, en train de se disputer violemment avec un homme dans un quartier populaire de Douala. L’autre crime de Paul Chouta, selon l’écrivaine, est d’avoir inventé une interview de l’homme en question à travers laquelle il traite Beyala de tous les noms d’oiseaux. Mais ne nous y méprenons pas. Calixte Beyala n’est que la face visible d’un iceberg qui laisse apparaître la pègre qui gouverne au Cameroun.  C’est ce groupuscule de ripoux sans scrupules qui, embarrassés par les scoops et les révélations de Paul Chouta sur leurs coups fumants, ont décidé de lui faire la peau en le précipitant à la case prison. Sans états d’âme.

C’est cet amas de voyous sans foi ni loi qui protège Calixte Beyala de la cellule puis la prison qu’a subi et que subit Paul Chouta, elle qui à coups de posts sur son mur Facebook n’a eu de cesse de diffamer l’homme politique et candidat à la dernière présidentielle Maurice Kamto (en prison) en le traitant d’homosexualité, de pédophilie, etc.  Paul Chouta est emporté par le vent de répression que la dictature du vieux lion rabougri Paul Biya fait abattre sur toutes les voix dissidentes depuis sa victoire à problèmes au sortir de la présidentielle du 7 octobre 2018. Les prisons de la Biyalâtrie sont pleines de cyber-activistes et militants de l’opposition jetés dans la moiteur des cellules justes pour avoir contesté la légitimité du roi Biya dans la rue. Depuis le 18 mai, on est sans nouvelle de Raymond Anama Jules, militant des droits de l’homme, arrêté par des hommes en civil au rond-point de la Poste Centrale à Yaoundé en plein direct sur sa page Facebook dans lequel il dénonce le pouvoir en place.

Liste noire des services secrets

Il y a longtemps que Paul Chouta est dans le viseur de ces serviteurs de la « Ripouxblique ». Depuis novembre 2018, son nom tout comme celui de votre humble serviteur figure sur la liste noire des services secrets camerounais parmi une trentaine de personnes (hommes politique, journaliste, acteur de la société civile, etc.) « à suivre spécialement ».  Fin janvier dernier, le journaliste était agressé aux premières heures de la matinée non loin de son domicile à Yaoundé par des inconnus. La détention de Paul Chouta est une couronne d’épines qu’il porte. Mais une couronne tout de même pour avoir eu le courage de remuer les placards malodorants d’une « voyoucratie » en mal de régénérescence.

Michel Biem Tong

Commentaires

commentaires

Article précédent

Burkina Faso : Lutte contre le terrorisme : Blaise Compaoré hors-jeu

Article suivant

Cameroun : Dictature : Au tribunal militaire pour avoir demandé le départ de Paul Biya

Aucun Commentaire

Laisser un réponse