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Cameroun : Répression : Une association proche du pouvoir lance la traque des homosexuels à Yaoundé

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Le Rassemblement de la jeunesse camerounaise, une association dirigée par un journaliste proche de Martin Belinga Eboutou, tout puissant directeur du cabinet civil de la présidence de la République, a engagé depuis fin juin dernier, une chasse aux personnes présumées homosexuelles. Plusieurs jeunes soupçonnées de pratiques homosexuelles arrêtées et

 « Je déteste les homosexuels, je déteste l’homosexualité, cette pratique me donne de la nausée », a crié Sismondi Barlev Bidjocka le 19 juin 2015 au cours de l’émission « Au Cœur de la Cité » sur Satellite FM, une chaîne de radio du groupe de presse Anecdote réputé homophobe. Le président de l’association Rassemblement de la jeunesse camerounaise (Rjc) s’est exprimé ainsi quelques jours après un assaut lancé le 15 juin 2015 dans certains points chaud de Yaoundé à la recherche des homosexuels et lesbiennes.

D’après un témoin contacté par hurinews.com, au lieu-dit carrefour Pakita, les gros bras du Rjc auraient surpris dans un snack des personnes aux allures féminines et des jeunes en couple bras-dessus, bras dessous, les ont molestés, ligotés.  Parmi eux se trouvait Emmanuel Etima H. Âgé de 31 ans et venu d’Edéa (centaine de kilomètre de Yaoundé) où il exerce comme maintenancier informatique et reporter audiovisuel privé. Dans cette localité où il vit avec la mère de ses deux enfants, il y est reconnu comme étant un homosexuel. Plusieurs fois, il a été menacé par des jeunes et les autorités de cette localité pour cette pratique.

Lors de la descente dans ce snack des militants homophobes du Rjc, Emmanuel a été surpris en train de s’amouracher avec un homme qui l’a convié à Yaoundé en vue de réaliser des vidéos pour le mariage de son frère cadet. S’en est suivie une bagarre entre lui et un gros bras du Rjc : « au cours de la bagarre, il s’est cassé le bras. Il a été roué de coups par les hommes de M.Bidjocka. C’est grâce à des âmes sensible qu’il a été transporté dans un centre de santé ici à Edéa, inconscient », raconte sa compagne, la mère de ses enfants, contactée par hurinews.com.

Emmanuel Etima

Mandat d’arrêt

Sortie de l’hôpital un mois après, Emmanuel apprend qu’un mandat d’arrêt pour « homosexualité » a été lancé contre lui par un juge d’instruction près le tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou.  Craignant d’être jeté en prison, Emmanuel a quitté Edea pour une destination inconnue.

Journaliste, Sismondi Barlev Bidjocka a de qui tenir. Il est réputé proche du tout puissant directeur du cabinet civil du président Paul Biya, Martin Belinga Eboutou. L’homosexualité est punit par l’article 347 bis du Code pénal camerounais à au plus 5 ans de prison. Mais d’après Human Right Watch, cette prescription du Code pénal viole les dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) qui protège la vie privée et le droit à la non-discrimination.

Alternatives-Cameroun, l’Association pour la défense des Homosexuel-le-s (ADEFHO), l’association Cameroonian Foundation for AIDS (CAMFAIDS) et Human Rights Watch ont constaté en 2013 que depuis 2010, 28 personnes au moins ont fait l’objet de poursuites judiciaires pour relations homosexuelles au Cameroun.

 hurinews.com

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