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Cameroun : Selon des ONGs camerounaises : L’élection présidentielle n’a été ni juste, ni transparente

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Ci-dessous, la déclaration de la plate-forme d’organisations de la société civile Dynamique Citoyenne rendue public le 15 octobre dernier à Douala.

Douala le 15 Octobre 2018

L’élection présidentielle du 07 Octobre 2018 au Cameroun, comme il fallait s’y attendre, a été émaillée de multiples irrégularités ainsi que de nombreux cas de fraude. Au-delà des insuffisances et incohérences contenues dans le Code Électoral (CE) et qui discréditent le système électoral camerounais, nous pouvons citer entre autres :

1- La publication hors délai (5 jours au lieu de 8 prévus par le CE) des listes électorales et de la cartographie des bureaux de vote ;

2- L’exclusion des OSC de l’observation des élections à travers le refus de délivrer des accréditations officielles ;

3- L’immixtion illégale du MINAT Mr. ATANGA NJI Paul dans la gestion du scrutin du 07 Octobre 2018 en lieu et place de ELECAM (allocation aux candidats de la subvention prévue par la loi ; délivrance des accréditations aux observateurs nationaux et internationaux ; etc.) ;

4- Les sorties malveillantes et autres déclarations intempestives de Mr. ATANGA NJI Paul assorties de menaces à l’encontre des Camerounais ;

5- La volonté manifeste de désinformation des Camerounais à travers la CRTV de la part de certains membres du Gouvernement avec pour chef de file le Ministre de la Communication Mr ISSA TCHIROMA BAKARY ;

6- La corruption des autorités administratives à travers l’appui financier injustifié à eux accordé par le MINAT dans le cadre de l’élection du 07 Octobre 2018.

Comme vous pouvez le constater, la présidentielle du 07 Octobre 2018, au vu de tout ce qui précède, n’aura été ni transparente, encore moins équitable. Par conséquent, les résultats qui en sortiront ne seront pas justes. C’est la raison pour laquelle la coalition des OSC constituée de Dynamique Citoyenne, Un Monde Avenir, REDHAC, WILPF Cameroun et de la CSP :


Interpelle le Conseil Constitutionnel par rapport à la gestion des différents recours qui lui ont été soumis par certains candidats et autres parties prenantes d’une part, et le met en garde contre toute proclamation complaisante des résultats ne reflétant pas la réalité des suffrages effectivement exprimés (la vérité des urnes) d’autre part ;

Rappelle aux hommes politiques de tous les bords que l’élection présidentielle n’est pas une fin en soi, mais juste un temps d’arrêt. Et que le plus important pour les Camerounais c’est la résolution des multiples problèmes auxquels ils sont confrontés et qui attendent désespérément des solutions appropriées de la part des gouvernants ;

Invite les populations camerounaises qui se reconnaissent évidemment à des groupes ethniques précis, à ne pas prêter le flanc aux replis identitaires exacerbés dans les réseaux sociaux et certains médias. Et à se tenir prêts pour se mobiliser non seulement contre le déni de droit et l’imposture si jamais (au cas où) les résultats venaient à être écornés, mais aussi et surtout pour exiger l’organisation d’un Dialogue National Inclusif réclamé par tous les citoyens camerounais en vue de :

  • La consécration de la vérité historique et la réconciliation des camerounais entre eux et leurs gouvernants ;
    § La réforme des institutions et la rationalisation de la gouvernance de notre pays ;
    § La résolution de la crise dite anglophone à travers des solutions spécifiques et appropriées aux problèmes et préoccupations des compatriotes de la partie anglophone du Cameroun ;
    § L’exorcisation des problèmes et la prévention des conflits latents dans les autres régions du Cameroun.

Appelle les dirigeants des partis politiques et tous les Camerounais à bien s’organiser et à se tenir prêts pour les municipales et les législatives qui constituent le véritable enjeu pour le changement souhaité par tous.

Pour la coalition Tournons La Page Cameroun

BIKOKO Jean Marc

Point Focal National Dynamique Citoyenne

Président de la CSP (Centrale Syndicale du Secteur Public)

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