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Cameroun : Selon le REDHAC : Le Tribunal criminel spécial, un instrument d’épuration politique

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Dans son rapport rendu public le 5 juin dernier à Yaoundé, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale fait une critique acerbe de la campagne anti-corruption lancée par le gouvernement il y a 15 ans.

En 2004, le gouvernement camerounais, sous la pression des bailleurs fonds internationaux, lance à grand renfort de publicité la lutte contre la corruption et les atteintes à la fortune publique. Cette campagne de salubrité publique connue sous le nom « Opération Epervier » vise d’après le gouvernement à assainir les mœurs publiques. Ce qui a conduit à la mise en place d’un Tribunal criminel spécial (TCS) en octobre 2012. Mais pour le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique Centrale, il s’agit d’un tribunal politique.

D’après le rapport 2015-2017 sur l’état des droits de l’homme en Afrique centrale du Redhac, le  TCS n’est ni plus ni moins qu’un instrument de règlement de comptes  : « Il devrait juger les criminels mais il est devenu comme une institution de règlement de compte », lit-on dans

Le Tribunal criminel spécial à Yaoundé

le rapport rendu public le 5 juin dernier à Yaoundé. D’après le Redhac, l’on arrête d’abord la personne pour retrouver les preuves 3 ans près.

Pierre Nyemeck

Et le Redhac de citer le cas de Pierre Nyemeck qui personnifie l’échec de ce tribunal : « En avril 2016, la juge d’instruction près le TCS, Annie Noëlle Bahounoui a placé Pierre Nyemeck, syndicaliste reconnu, sous mandat de détention provisoire à la Prison Centrale de Yaoundé pour ‘détournements de fonds publics’  d’un montant de 380 millions de F CFA alors qu’il n’a fait que dénoncer le crime. »

Pour le Redhac, les victimes de règlements de comptes sous le couvert de la lutte contre les atteintes à la fortune publique sont  l’ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation Marafa Hamidou Yaya, l’ancien secrétaire généraJean Marie Atangana Mebara, ancien secrétaire général à la présidence, l’ancien super-maire de Douala, Edouard Etondè Ekotto, et l’ancien directeur général de la Cameroon radio and television (Crtv), Amadou Vamoulké.

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