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Cameroun : SOS Santé : Le prisonnier politique Amadou Vamoulké au bord de la paralysie de ses jambes

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D’après des médecins parisiens, l’état de santé de l’ancien directeur général de la Cameroon radio and television, détenu à la prison centrale de Yaoundé depuis fin juillet 2016 pour malversations financières, nécessite une évacuation sanitaire hors du Cameroun. Amadou Vamoulké doit à nouveau comparaître ce jeudi 21 novembre 2019 au Tribunal criminel spécial pour la 24e fois. Ci-dessous, le communiqué de presse du Comité international de réhabilitation et de libération d’Amadou Vamoulké :

Amadou Vamoulké est un prisonnier politique détenu illégalement depuis plus de 1212 jours. Son procès, qui ne peut se dérouler faute de preuve ni de témoin à charge, a établi un record mondial avec 23 renvois consécutifs. La prochaine audience, qui se tiendra jeudi 21 novembre 2019 à Yaoundé, doit enfin permettre sa réhabilitation intégrale et sa libération immédiate. Aujourd’hui aucun médecin n’accepte plus de suivre ce journaliste. Les nombreux soutiens de ce journaliste en appellent à une évacuation sanitaire d’urgence compte tenu de la dégradation de son état de santé, conformément aux recommandations du Yaounde Central Hospital qui diagnostique : « Compte tenu du plateau technique limité et de la sévérité de l’affection neurologique, nous recommandons une évacuation de Monsieur Amadou Vamoulké ».

Après examen complet de ce dossier médical, le Professeur Hervé TAILLIA, (neurologue à l’Hôpital Américain de Paris) a confirmé que M. Vamoulké présente « un tableau déficitaire des deux membres inférieurs, sévère et évolutif ». Il préconise des examens et un traitement qui « semblent difficiles à réunir sur place », considérant que « une hospitalisation pour bilan éthiologique et traitement semble de fait souhaitable en France (par exemple) ». Les recommandations officielles de ces deux éminents professeurs en neurologie sont détaillées dans ce communiqué de presse. M. Amadou Vamoulké bénéficie du soutien de la société civile camerounaise, de ses collègues étrangers, des ONG (Reporters sans Frontières, FIDH, Union de la Presse Francophone, REDHAC, …) et de personnalités politiques. Ces soutiens sont détaillés en annexes du communiqué. Le député Français Sébastien Nadot a publié le 30 octobre 2019 un livre intitulé « Amadou Vamoulké, Lettres à la France depuis Kondengui ». Cet ouvrage est présenté dans ce communiqué de presse.

Dans sa réponse à une lettre de parlementaires français de huit groupes politiques, le cabinet du Ministre des affaires étrangères français a pris une position officielle en écrivant : « Après 15 renvois à l’issue d’audiences qui n’ont duré que quelques minutes chacune, la dernière audience s’est terminée par un nouveau renvoi. L’accusation n’a pas apporté de preuve de la pertinence de son action. RSF a annoncé également la saisine du groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU. Nous suivrons avec la plus grande attention les conclusions du groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU ». Le journaliste Amadou Vamoulké est détenu illégalement car il bénéficie officiellement du statut d’inculpé libre. Son procès ne peut se tenir car il n’y a aucun document ni témoin à charge. Cette personnalité camerounaise, reconnue dans son pays mais aussi à l’international pour son intégrité et son honnêteté, a été inculpé pour des motifs fallacieux de détournement de fonds publics du ministère des finances… au seul profit de la CRTV. L’accusation a fini par déclarer n’avoir trouvé aucun témoin à charge et les documents qu’elle a produits sont des photocopies non signées et non certifiées qui ont été toutes rejetées par le tribunal. L’avocat général a enterré les rapports de trois expertises pourtant effectuées dans le cadre de l’enquête judiciaire car celles-ci étaient trop favorables à M. Vamoulké.

Après plus de 1212 jours (plus de trois années) d’incarcération  illégale, cette personnalité   camerounaise   bénéficie   d’une   vaste  campagne internationale de soutien qui associe des milliers de personnes dont de nombreux dirigeants internationaux de l’audiovisuel public avec lesquels il a collaboré, au premier rang desquels figure M. Hervé Bourges ainsi que les dirigeants actuels ou anciens de TV5 Monde, Radio Canada, Radio France, l’Union Internationale de la Presse Francophone,   URTI,  RFP  et  d’autres  organismes  audiovisuels   publics   africains (Nigéria, Bénin, Burundi, Tunisie, Tchad,  …). De nombreuses personnalités de la société civile camerounaise (ambassadeur, magistrat, juriste, banquier, entrepreneur, ingénieur, comédien, journaliste,  …)  ont aussi eu le courage de lui apporter un soutien public.

 

 

 

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