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Comme Ayuk Tabe et Cie : Des réfugiés anglophones continuent d’être livrés au Cameroun par le Nigéria

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Privés de visite, d’accès aux soins médicaux, détenus dans des conditions désastreuses, le cri de détresse de deux jeunes pensionnaires de la prison centrale de Kondengui, originaires du Cameroun anglophone, sont parvenus à notre rédaction. Ils ont été kidnappés à Calabar, à l’est du Nigéria en mars 2018, puis transférés à Abuja avant d’être livrés aux autorités camerounaises.

18  mois qu’ils souffrent le martyr dans un quartier terrible de la prison centrale de Kondengui. Benjamin alias « Benji » et Nelson alias « Nelo », originaire du Cameroun anglophone, sont tous deux mariés et pères d’enfants. Alors qu’ils étaient réfugiés à Calabar, dans l’Etat de Cross River à l’est du Nigéria, ils ont été kidnappés par la police nigériane le 1 mars 2018, transférés à Abuja, la capitale nigériane, deux jours plus tard avant d’être livrés aux autorités camerounaises le 10 mars 2018, a appris hurinews.com d’une source proche des familles de ces deux jeunes gens.

La même source rapporte qu’à leur arrivée au Cameroun, ils ont été enfermés dans une cellule au secrétariat d’Etat à la défense (SED) du 10 mars au 8 novembre 2018 où ils ont été torturés presqu’à mort, privés de soin médicaux, interdits de visite, enchaînés et menottées. A leur arrivée à la prison centrale de Yaoundé, poursuit notre informateur, Benjamin et Nelson ont été placés dans des conditions de détention catastrophiques au quartier « Kosovo » qui accueille des fumeurs de chanvre et des bandits de grand chemin.

Selon la source, quand ils ont cherché à savoir auprès de l’administration pénitentiaire pourquoi ils étaient sujets à d’aussi horribles conditions de détention, il leur a été répondu que ce sont des ordres venus « d’en haut » et que leur nom figurait sur une liste noire  par rapport à ce que ces deux jeunes gens faisaient en zone anglophone. Hurinews.com a également appris d’un des co-détenus de Benjamin et Nelson qu’il leur a été demandé de payer s’ils veulent changer de quartier, ces derniers s’étant plaints des menaces qui pesaient sur leur état de santé dues à la fumée du chanvre indien qui  est consommé au « Kosovo ».

Benjamin et Nelson ont été enlevés de Calabar au Nigéria avec 9 autres réfugiés. Soit presque deux mois après que le président du gouvernement par intérim de l’ex-British Southern Cameroons, Sisiku Ayuk Tabe et 9 membres de son staff aient été arrêtés le 5 janvier 2018 dans un hôtel à Abuja, trimballés dans toute la ville menottés, les yeux bandés, avant d’être transférés au Cameroun deux semaines plus tard.

Le Nigéria semble avoir fait de la livraison des réfugiés anglophones au Cameroun un sport favori. En mai 2018, le site internet Cameroon Intelligence Report faisait état de ce que la police nigériane livrait des réfugiés anglophones au Cameroun contre de fortes sommes d’argent versées par le pouvoir de Yaoundé, l’ambassade de France à Abuja et les multinationales françaises qui opèrent dans la zone de Bakassi, au sud-ouest du Cameroun.

www.hurinews.com

    

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