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Conflit armé dans le NOSO au Cameroun : Le Gouvernement s’acharne sur les citoyens anglophones de la diaspora

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Alors que la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO), qui s’est transformée en conflit armé, fait rage, le Gouvernement Camerounais continue de cibler les activistes anglophones de la diaspora, les accusant d’être ceux qui alimentent le conflit.

Dans cette optique, la plupart des anglophones résidant dans la diaspora ont été déclarés persona non grata dans leur propres pays, le Cameroun. Pour le pouvoir en place, ces Camerounais de la diaspora auraient participé à la plupart des manifestations pacifiques organisées par les leaders séparatistes d’Ambazonie. Certains d’entre eux sont  ainsi arrêtés dans les aéroports lorsqu’ils rentrent chez eux. Il s’agit surtout de ceux qui s’expriment sur les médias sociaux. Ils attendent d’être jugés devant les tribunaux militaires, en vertu de la loi antiterroriste, dont la peine maximale est la peine de mort.

C’est que, de nombreux groupes WhatsApp classés dans la diaspora comme des groupes séparatistes ont été infiltrés par des agents du gouvernement. Les groupes les plus ciblés sont, entre autres: Avocats sans frontières, groupes de réflexion pour l’Afrique, Birocol UK, Southern Cameroons Women, Le Cameroun au Royaume-Uni, bataillon islamique d’Ambaland, Communauté du Southern Cameroons au Royaume-Uni, et Front de résistance du Southern Cameroons. Les noms des membres de ces groupes ont été bien repertoriés et la plupart d’entre eux qui se sont déjà rendus au Cameroun ont été arrêtés à l’aéroport de Douala ou à Yaoundé (Cameroun). Ils sont détenus et attendent d’être jugés par le tribunal militaire de Yaoundé au Cameroun, qui pourrait leur attribuer la plus grande peine, car ils sont accusés d’actes terroristes et de rébellion.

Harmony Bobga, avocat et défenseur de la cause anglophone

   

Réclusion à perpétuité

L’on se souvient que des activistes sur les médias sociaux et tous ceux qui militent contre le gouvernement du Cameroun à l’instar de Mark Bareta, Tapang Ivo, Mbuton Bobga Harmony, Anu Chris, Ray Timah, Sako Samuel, Emmy Tricia Kesah, Cho Ayaba Lucas, Aaron YanchoKaah ont été qualifiés de terroristes. Ces activistes ont été inculpés et condamnés à la réclusion à perpétuité par contumace pour actes de terrorisme et de rébellion.

D’autres, surtout les citoyens américains, sont rapatriés aux États-Unis et avertis de ne plus jamais mettre pieds au Cameroun. C’est le cas d’un professeur d’université aux États-Unis, Patrice Nganang, qui a été arrêté, détenu et accusé d’avoir menacé la vie du président Biya. Il a la double nationalité camerounaise et américaine, mais les autorités ont saisi son passeport camerounais et l’ont expulsé du Cameroun, l’avertissant de ne plus jamais y revenir.

On se rappelle que depuis que la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest a dégénéré en conflit armé, des combats à main armée ont eu lieu entre des forces de sécurité et des combattants fidèles au mouvement d’Ambazonie, qui a proclamé l’indépendance des régions anglophones  du Cameroun, en la baptisant République d’Ambazonie.

Mark Bara Bareta et Tapang Ivo Tanku, deux activistes anglophones très suivis

 

Conditions épouvantables

Il y a eu une forte répression militaire de la population de ces régions alors qu’elle célébrait ce qu’elle appelle l’indépendance de l’Ambazonie autoproclamée, le 1er Octobre de chaque année. À cette occasion, beaucoup ont été tués, d’autres arrêtés, torturés et détenus dans des conditions épouvantables. Certains seraient morts en détention. Des soldats déployés dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour combattre les combattants d’Ambazonie auraient violé des femmes et des filles innocentes. Des civils auraient disparu sans que l’on sache où ils se trouvent jusqu’à ce jour.

Le 1er octobre 2017, plusieurs civils ont ainsi été tués dans les deux régions anglophones au moment où des anglophones se sont rassemblés pour célébrer ce qu’ils ont appelé l’indépendance d’Ambazonie. Il en est découlé un exode massif des habitants de Buea et de nombreuses autres villes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Plusieurs personnes se sont réfugiées dans les brousses et forêts dangereuses où elles ont construit des tentes temporaires, tandis que d’autres se sont rendues au Nigéria.

Des villes des régions anglophones restent détruites et désertes, la majorité de la population ayant fui pour sa sécurité. Des milliers de personnes ont traversé la frontière pour se rendre au Nigeria voisin, où elles vivent comme réfugiés. D’autres personnes qui se sont rendus dans les régions francophones du Cameroun, plus particulièrement à Douala, ont reçu l’ordre de retourner dans leurs régions de résidence ; d’autres ont été qualifiés de terroristes, torturés et tués, tandis que beaucoup ont disparu du jour au lendemain sans que personne ne sache où ils se trouvent.

 

Emmy Tricia Kesah, avocate et défenseur de la cause anglophone

Des villages incendiés

Assassinats extrajudiciaires, incendies de villages ou de communautés ethniques entiers, fusillade des civils non armés,  disparitions forcées dans les régions du sud-ouest et du nord-ouest, voilà autant d’atrocités qui ont vu le jour dans cette partie du pays depuis le début de la crise qui est loin de s’achever.

Selon les organisations internationales, plus de 3000 personnes dans les régions touchées par la crise ont été déplacées à l’intérieur du pays. Le Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique, CHRDA, a déclaré qu’environ 250 villages ont été incendiés dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest. Les villages en questions comprennent :KwaKwa, Boa Bakundu, Kembong, Bole Bakundu, DiendaBakundu, BigNgwandi, Bakumba, Bokosso, Nake, Mission Kobonbe, Kake I, Kake II, Bekondo, BigMassaka, Nganjo, FoeBakundu, entre autres.

Pendant ce temps, les enfants ne sont pas scolarisés depuis plus de 3 ans. Plus de 1500 enfants ne sont pas scolarisés. La plupart de ces enfants vivent  cachés, dans les brousses et les forêts, tandis que d’autres sont dans le camp des réfugiés au Nigéria.

Il convient de rappeler que les dirigeants des mouvements séparatistes anglophones, dont Sisiku  Ayuk  Tabe et neuf autres, arrêtés à Abuja (Nigéria) en janvier 2018 et déportés par la suite à Yaoundé, ont été condamnés à une peine d’emprisonnement à perpétuité en août 2019.

Reine ESSOMBA

 

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