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Conflit en zone anglophone : Le gouvernement camerounais refuse le dialogue

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De sources proches de la présidence de la République du Cameroun, une réunion secrète entre élites gouvernementales de la région du nord-ouest anglophone s’est tenue ce  vendredi 26 juillet à Yaoundé au domicile de l’ancien Premier Ministre Philemon Yang, lui aussi originaire de cette région. Il a été question au cours de cette réunion de lever des fonds en vue d’acheter des fournitures scolaires aux écoliers anglophones en vue de la rentrée scolaire prochaine. Pour le régime Biya, il est question de donner l’impression que tout revient à la normale à travers la reprise des classes plutôt que de négocier.

Ne leur parlez pas de la médiation canadienne ni allemande. Ne leur parlez pas de l’appel lancé par le Congrès américain récemment de négocier avec les séparatistes. Paul Biya et sa bande n’en veulent pas et ont choisi de rouler la communauté internationale dans la farine. Le pouvoir de Yaoundé a choisi de résoudre le problème anglophone par le mot d’ordre « rentrée scolaire à tout prix».

En effet, d’après des sources bien introduites au sein de la présidence de la République du Cameroun, des élites gouvernementales du nord-ouest anglophone ont tenu une réunion secrète et nocturne le 26 juillet dernier à Yaoundé au domicile de l’ex-Premier Ministre, Philemon Yang (sorti du gouvernement le 4 janvier dernier), lui aussi originaire du nord-ouest. Au cours de cette rencontre, près de 100 millions de francs CFA ont été levés en vue d’acheter des fournitures scolaires aux parents d’écoliers et d’élèves anglophones en vue de les amener à retrouver le chemin de l’école le 2 septembre prochain, date de la rentrée scolaire.

Au cours de cette réunion, a rapporté à hurinews.com notre source, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji a déclaré que sur hautes instructions de la présidence de la République, il est question que la rentrée scolaire ait lieu à tout prix afin de tuer les villes-mortes observées tous les lundis dans tout le Cameroun anglophone et de donner l’impression à la communauté internationale que la situation est en train de revenir à la normale : « il n’est pas question de dialoguer avec les terroristes », aurait martelé Atanga Nji au cours de cette rencontre secrète.

Etat unitaire

Le pouvoir Biya n’est donc pas prêt à participer à une négociation de sortie de crise, ni aujourd’hui, ni demain. Il a opté pour la rentrée scolaire à tout prix et à tous les prix afin de sauver l’Etat unitaire décentralisé auquel il tient comme la prunelle de ses yeux mais qu’une grande majorité du peuple anglophone rejette. Malgré les combats qui persistent sur le terrain entre les soldats camerounais et les combattants séparatistes qui revendiquent le retour au British Southern Cameroons d’avant le 1er octobre 1961.

L’initiative consistant à ramener les jeunes écoliers et élèves anglophones sur les bancs d’école est plus que salutaire car cela participe de promouvoir le droit à l’éducation qui est un droit fondamental de l’homme. Mais quelle idée que d’inviter les parents à envoyer leurs enfants à l’école dans un contexte où les armes continuent de crépiter ? Dans un contexte où des bandes armées formées de militaires en civils planifient, d’après des sources confidentielles, de kidnapper des enfants pour exiger des rançons à leurs parents et ainsi retourner les populations anglophones contre les combattants séparatistes qui bénéficie du soutien de la population ?

Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale

« Ambazonie »

En réalité, le gouvernement du Cameroun est sous pression. Pendant qu’il décide d’être prêt à tout dialogue à condition qu’il ne porte pas sur la forme de l’Etat, une résolution votée le 23 juillet dernier par le Congrès américain a suggéré au pouvoir de Yaoundé de participer aux négociations sans pré-conditions avec les séparatistes ainsi que d’envisager le retour au fédéralisme d’avant le 20 mai 1972 entre autres objet de ces négociations.

Pour mémoire, sur son compte tweeter le 18 septembre 2018, l’ancien sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines Herman J.Cohen avait mis en garde le gouvernement camerounais de ce qu’il avait un an pour retourner au fédéralisme d’avant 1972, autrement, il devrait faire face à la séparation devant aboutir à l’ « Ambazonie ». Herman J.Cohen a conduit en 1991 les négociations ayant abouti à la proclamation de l’indépendance de l’Erythrée, 30 ans après la guerre avec l’Ethiopie.

 

Michel Biem Tong

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