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Congo : Arrestation des membres de « Ras-le-Bol » : Le REDHAC dit non !

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Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale après l’arrestation d’une vingtaine de militants du mouvement citoyen « Ras-Le-Bol » à Pointe-Noire, au Congo.

Douala-Pointe Noire, le 08/05/2018 : Au moins 20 militants du Mouvement Citoyen Ras-Le-Bol, à  Pointe-Noire  au  Congo  Brazzaville, ont  été  arrêtés  le  07  mai  2018 alors qu’ils menaient une action pacifique de sensibilisation devant le palais de justice. Ils sont détenus par les Agents de la Direction Générale de la Sécurité du Territoire (DGST).

De sources concordantes, les manifestants étaient réunis devant les Palais de Justice des villes  de  Brazzaville  et  de  Pointe-Noire  pour   manifester  contre  la  vague  de  procès politiques  en  cour  au  Congo. Parmi  lesquelles,  le procès  du  général Jean  Marie  Michel Mokoko, qui a débuté le 07/05/2018 à Brazzaville.

Après le dépôt auprès des autorités judicaires du palais de justice de Pointe Noire, d’un plaidoyer exigeant la libération des prisonniers politique, les éléments de  la Direction Générale de la Sécurité du Territoire (DGST) de Pointe-Noire ont fait irruption devant le palais de justice et ont procédé aux arrestations.Jusqu’à  ce  jour,  nous  n’avons  aucune  nouvelle  des  militants  conduits  dans  un  lieu inconnu.  Ils  n’ont  reçu  aucune  visite  ni  de  leurs,  parent,  avocats,  encore  moins  des organisations de la Société Civile. Nous nous inquiétons de leur état de santé physique et psychologique.

En rappel :

Le général Jean Marie Michel Mokoko, candidat aux élections présidentielles de 2016, est  arrêté et détenu depuis lors. Après plus  de deux ans de détention préventive, il a vu son  procès s’ouvrir le, 7 mai 2018 à Brazzaville. Il est accusé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de détention illégale d’armes et de munitions de guerre ».

De  tout  ce  qui  précède,  le  Réseau  des  Défenseurs  des  Droits  Humains  en  Afrique Centrale (REDHAC) :

  Dénonce  fermement  les  arrestations  et  détention  arbitraires  des  membres  du Mouvement Citoyen Ras-Le-Bol;

  Condamne  toutes  les  menaces  et  intimidations  à  l’encontre des activistes,  des défenseurs des droits humains au Congo ;

  Condamne l’atteinte à la liberté de manifestation pacifique qui se caractérise par la  répression  des  manifestations  organisées par  les  activistes  et  les  défenseurs des Droits Humains ;

Aussi,  Le  Réseau  des  Défenseurs  des  Droits  Humains  en  Afrique  Centrale demande :

Aux Autorités République Congo de :

  Libérer sans conditions les 20 manifestants arrêtés et détenus au secret et tous les défenseurs et activistes des droits humains encore en détention ;

  Garantir  en  toutes  circonstances  leur  intégrité  physique  et  psychologique,  ainsi que de leurs proches et l’ensemble des défenseurs des droits humains au Congo ;

  Respecter  la Résolution  281  sur  le  droit  de  manifestation  pacifique  de  La Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples de 2014 ;

  Respecter  les  droits  fondamentaux  des  citoyens  Congolais  garantis  par  la constitution et la Déclaration Universelle des Droits de l’homme de 1948 ;

  Ratifier les instruments juridiques internationaux et régionaux relatifs aux Droits Humains ; en particulier la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance (CADEG) ;

A la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) :

  D’exiger  des  Etats  de  l’Afrique  Centrale,  en  particulier  le  Congo  Brazzaville  de respecter  scrupuleusement  la Résolution  281  sur  le  droit  de  manifestation pacifique de la CADHP ;

A l’Union Africaine :

  De  mettre  en  place  un  mécanisme  pour  assurer  la  lutte  contre  l’impunité  de quelque groupe que ce soit ;

  Donner  des  moyens  adéquats  au  Rapporteur  Spéciale  sur  la  situation  des Défenseurs  en  Afrique  afin  qu’il  veille  à  la  documentation  de  toutes  les représailles à l’encontre des Défenseurs et autres activistes des droits humains ;

  D’amener  les  gouvernements  de  l’Afrique  Centrale  par  des  moyens  coercitifs  à ratifier et respecter les dispositions de la CADEG et à faire des droits de l’homme une priorité;

Fait à Douala le 08 mai 2018

 

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