Accueil»Dernières Infos»Crise anglophone au Cameroun: Bihnwi Che et cie menacés d’extradition

Crise anglophone au Cameroun: Bihnwi Che et cie menacés d’extradition

0
Partages
Pinterest Google+

Face à la presse récemment à Yaoundé, Paul Atanga Nji, le ministre de l’Administration territoriale n’est pas passé par quatre chemins pour annoncer que des Camerounais résidant à l’étranger, et qu’il soupçonne de financer les activités des rebelles séparatistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest, seront traqués, extradés et jugés.

C’était le vendredi 03 août 2018 à Yaoundé, au cours de la cérémonie d’hommage aux huit chefs traditionnels du Sud-ouest, kidnappés par les rebelles séparatistes, et libérés de leur captivité une semaine plus tard. « Le chef de l’État est avec vous et vous soutient sans relâche dans l’accomplissement de vos tâches et l’exercice de vos droits. Les terroristes vous kidnappent, et vous torturent sans motivation aucune. Et pourtant, vous êtes les garants de nos traditions. Je dois vous dire qu’ils vont payer pour ces actes de génération en génération », a menacé Paul Atanga Nji. Il a également déclaré que les activités de ces sécessionnistes, qu’il qualifie de terroristes, sont grassement financées depuis l’étranger, par des activistes déjà identifiés, et qui seront ramenés au Cameroun pour répondre de leurs actes.

Dénoncer les exactions

Si Paul Atanga Nji s’est gardé de révéler des noms, l’opinion devine, dans son viseur, les activistes les plus en vue. Un mandat d’arrêt international avait déjà été émis par la justice camerounaise l’année dernière contre la plupart d’entre eux.  Au rang de ces traqués : Mme Bihnwi Che et son mentor, l’avocat Alex Ndive Lisinge, leader du British Cameroon National Party (BCNP). Tous deux basés à Londres, ils font des duo télévisés et diffusés sur les réseaux sociaux pour dénoncer les exactions dans les zones anglophones, en proie à une guerre sans merci entre les forces loyalistes et les séparatistes de l’imaginaire Etat d'”Ambazonie”, qui eux, réclament la révision de la forme de l’Etat au Cameroun.

Dans le même sillage, il y’a les célèbres Samuel Ikome Sako (nommé en février 2018 à la tête du gouvernement sécessionniste anglophone après l’arrestation au Nigeria et l’extradition au Cameroun en janvier 2018 de Julius Sisiku AYuk Tabe et autres), John Mbah Akuroh (un ancien journaliste de la radiotélévision d’Etat, Crtv), Ashu Kingsley Ndip, Ivo Tapang Taku (un autre ancien journaliste de la Crtv, aujourd’hui Général autoproclamé d'”Ambazonie”, Emma Larry Daniel, Success Nkongho, Mbu taka Milton, Akoson Pauline Diale, Eric Tataw Tano, Mark Bareta, Christopher Anu (Secrétaire à la Communication et porte-parole du “gouvernement” ambazonien), Kenedy EJACHA et Emmy Tricia KESAH.

Les têtes de ces activistes résidant tous hors du Cameroun sont ainsi mises à prix et leur extradition ne serait plus qu’une question de temps.

Daniel TIWO BEMBOT

Commentaires

commentaires

Article précédent

Cameroun : Livre : Un défenseur des droits humains déshabille Paul Biya

Article suivant

Cameroun : Présidentielle 2018 : Un ex-conseiller de Kadhafi prédit un soulèvement populaire en cas d’élection de Paul Biya