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Egypte : Justice : 15 ans de prison par contumace pour un célèbre militant des droits humains

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Exilé en France depuis 6 ans, l’emblématique défenseur des droits humains Bahey El-Din Hassan a été condamné le 26 août dernier à 15 ans de prison ferme par la justice égyptienne pour entre autres outrage à l’institution judiciaire. Bahey El-Din est réputé pour ses tweets critiques envers le régime d’Al Sissi.

Bahey Eldin Hassan

Les juges de la 5e chambre dédiée aux affaires terroristes de la Cour pénale du Caire ont eu la main lourde envers Bahey El-Din Hassan. Exilé en France depuis 2014, le directeur de l’Institut du Caire pour l’étude des droits de l’homme (CIHRS) et figure emblématique de la défense des droits humains en Egypte a été condamné à 15 ans de prison ferme le 26 août dernier pour « publication de fausses nouvelles, d’incitation à la violence et d’outrage à la justice ».  Des accusations « montées de toutes pièces en représailles contre son travail légitime en faveur des droits humains », ont indiqué dans un communiqué publié le 27 août dernier un collectif d’ONGs de défense des droits humains dont Amnesty International, Human Right Watch, Reporters Sans Frontières, Ifex et l’Organisation mondiale contre la torture.  

En effet, le régime égyptien du colonel Abdelfatah Al-Sissi a décidé de réprimer les tweets de Bahey El-Din à travers lesquels il dénonce les violations des droits humains en Egypte et particulièrement la pratique de la torture et le manque d’indépendance de la justice : « En septembre 2019, un tribunal l’a condamné par contumace à trois années de détention et à une amende de 20.000 livres égyptiennes (1.260 dollars US) pour un tweet dans lequel il critiquait le procureur général égyptien », rappelle le collectif d’ONGs. Journaliste, Bahey El-Din est l’auteur de plusieurs articles de presse sur l’Egypte publiés par les journaux américains New York Times et The Washington Post.

Le président egyptien, Abdelfatah Al-Sissi

C’est en 1993 que le défenseur des droits humains fonde l’Institut du Caire pour l’étude des droits de l’homme. Après l’arrivée au pouvoir d’Al Sissi en 2014, Bahey El-Dine va faire l’objet de menaces de mort qui vont le contraindre à prendre le chemin de l’exil en France. Malgré cette lourde condamnation, le défenseur acharné des sans-voix égyptiens a dit aux confrères de Radio France Internationale (RFI) sa détermination à aller jusqu’au bout dans ses dénonciations.

La condamnation d’El-Dine à 15 ans de prison ferme par contumace renseigne à suffire sur les menaces qui pèsent sur les journalistes, blogueurs, cyber-activistes et autres défenseurs des droits humains qui osent dénoncer les coups tordus du régime d’Al-Sissi : « Sous la présidence d’Abdel Fattah al-Sissi, les autorités égyptiennes ont sévi contre les organisations et activistes des droits humains de manière inédite. Des douzaines d’entre eux ont été arrêtés ou victimes de disparitions forcées, torture, mauvais traitements et harcèlement judiciaire comprenant notamment la tenue d’enquêtes abusives, l’interdiction de voyager ou un gel des avoirs », souligne le communiqué du collectif des ONGs.

Michel Biem Tong

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