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Guerre d’indépendance au Southern Cameroons : Les évêques anglophones appellent à la reprise des cours en septembre prochain

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Dans une lettre ouverte, les évêques de la conférence provinciale épiscopale de Bamenda appellent à la reprise en cours en septembre prochain dans le Cameroun anglophone en guerre et invite les soldats camerounais à ne plus faire des écoles des campements militaires.

Tous les enfants du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (le Southern Cameroons) ont droit à l’éducation. Non à l’exploitation des enfants à des fins politiques. C’est sur cette résolution qui a valeur de mot d’ordre que la 67e session ordinaire de la Conférence épiscopale provinciale de Bamenda (qui coiffe tout le Cameroun anglophone) s’est achevée le 23 août dernier à Bamenda. La conférence des évêques a démarré le 16 août dernier.

Dans une lettre ouverte rendue publique par les évêques anglophones à l’issue de ce conclave, les hommes de Dieu soulignent que tous les enfants du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont droit à l’éducation et condamnent l’utilisation de ce droit fondamental des enfants à des fins politiques. Selon les évêques, dans certains pays qui ont connu à un moment donné de leur histoire des troubles socio-politiques, jamais l’école n’a été sacrifiée. Et les prélats de citer des exemples tels que  l’Afrique du Sud lors de la lutte de l’African National Congress contre l’apartheid, l’Erythrée lors de la guerre d’indépendance contre l’Ethiopie.

Des évêques anglophones lors d’une cérémonie

Diaspora anglophone pointée du doigt

Aussi, la conférence épiscopale a-t-elle appelé les parties prenantes à ce conflit d’indépendance dans le Cameroun anglophone à permettre aux élèves de se rendre à l’école en toute sécurité : à l’armée, il a été demandé de ne plus faire des écoles des campements militaires ni s’attaquer aux élèves, aux « restaurations forces » (indépendantistes anglophones armés), il a été dit de ne pas s’en prendre à ceux qui sont favorables à la reprise des classes.

Toujours dans le sillage de l’exhortation à la reprise des cours, les évêques ont reproché à la diaspora anglophone qui est au cœur de ce conflit d’empêcher les enfants restés au pays d’aller à l’école pendant que les leurs sont scolarisés dans les pays où ils se trouvent. Aux parents, les évêques ont demandé de braver la peur pour envoyer leurs enfants à l’école car il est de leur responsabilité de le faire.

www.hurinews.com   

HOMMES DE DIEU, SERVITEURS DE MAMMON !

Le commentaire de la rédaction de www.hurinews.com suite à l’exhortation faite aux acteurs de la crise anglophone par les évêques de la Conférence provinciale de Bamenda de favoriser la reprise des cours en septembre prochain.

Après avoir lu cette lettre pastorale des évêques anglophones de la Conférence épiscopale provinciale de Bamenda, on a tout de suite envie de crier comme le Christ sur la croix : « père, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Eh oui ! Le peuple anglophone du Southern Cameroons, engagé dans la lutte pour son droit d’autodétermination, pour la restauration de cet Etat dont la date d’indépendance a été fixée par les Nations Unies au 1er octobre 1961, ne doit nullement compter sur les hommes de Dieu de l’Eglise catholique romaine pour faire entendre sa voix. Ces derniers semblent  avoir abandonné ce peuple à la merci des fauves qui gouvernent à Yaoundé et les bouffent au quotidien sans état d’âmes.

En effet, il est à la fois grave et scandaleux que dans cette lettre ouverte, les évêques parlent avec insistance du droit à l’éducation tout en faisant fi de ces nombreuses familles qui vivent sans abri, en brousse ou réfugié au Nigéria voisin parce que leurs villages ont été brûlés par des militaires camerounais. Les enfants ainsi sinistrés n’ont-ils pas droit à l’éducation ? Nulle part dans leur longue lettre ouverte, ces évêques ne parlent de ces hommes, femmes, enfants et nouveaux-nés massacrés de sang-froid par des soldats camerounais lors des  opérations militaires dans les villages en zone anglophone. Pas plus tard que ce dimanche 25 août 2019, à l’entrée du marché de Ndop (nord-ouest anglophone), une jeune fille de 24 ans enceinte, sa petite sœur de 12 ans et son bébé de 6 mois ont été abattues par des soldats camerounais. Cet enfant de 12 ans n’avait-il pas droit à l’éducation ?

C’est bien beau de tirer les oreilles à la diaspora anglophone en l’accusant d’empêcher les enfants restés au pays de reprendre le chemin des classes. Mais c’est surprenant que les évêques anglophones, au sortir de leur conclave à Bamenda, n’aient pas rappelé à Paul Biya et à son régime assassin et va-t’en guerre la nécessité de participer à des négociations de sortie de crise en vue de garantir un climat propice à la reprise des cours en septembre prochain.

Corruption

Il n’échappe à personne d’avisé que les hommes de Dieu qui se sont réunis à Bamenda entre le 16 et le 23 août dernier ont tourné le dos aux sinistrés et victimes potentielles de cette guerre déclarée par Paul Biya le 30 novembre 2017. Ils ont abandonné le Dieu des pauvres, des affligés et des opprimés du Southern Cameroons pour suivre Mammon, le Dieu des biens matériels. Oui, disons-le sans ambages. Pour ces évêques, l’argent issu des frais de scolarité payés par les parents dans les écoles catholiques a plus d’importance que la vie de ces pauvres parents et celle de leurs progénitures, en danger permanent dans cette zone. Cette vie qui est pourtant le premier don de  Dieu.

Autre vérité qui mérite d’être sue, en appelant avec insistance à la reprise des classes le 2 septembre prochain, les évêques anglophones ont pris fait et cause pour le pouvoir de Yaoundé qui, pressé par la communauté internationale de participer à des négociations de sortie de crise, s’y refuse catégoriquement et compte sur la reprise des cours en zone anglophone pour casser le mot d’ordre de villes-mortes décrété par les leaders indépendantistes en exil et donner l’impression à la communauté internationale que le dialogue n’est plus nécessaire, les choses étant en train de revenir à la normale.

Par ailleurs, dans sa lettre ouverte, le collectif des évêques n’apporte aucun démenti aux accusations de corruption par le régime de Yaoundé qui pèsent sur l’Eglise catholique dans le Cameroun anglophone. En effet, d’après des informations de sources concordantes proches du sérail camerounais, d’énormes sommes d’argent ont été remises aux responsables d’établissements scolaires confessionnels, catholique comme protestant, en vue de battre la campagne « back to school » si chère au régime Biya qui la mène en ce moment tambour battant.

Les choses sont donc suffisamment claires : les évêques anglophones ont fermés les yeux sur le climat de terreur que Biya et sa bande font régner sur le peuple anglophone pour ne penser qu’à l’argent et à la politique. Une politique qui consiste pour eux à se ranger du côté de l’oppresseur.

Michel Biem Tong

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