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Le CL2P: Reportage, Accusation, et Discours risqué

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Le CL2P: Reportage, Accusation, et Discours risqué

Alors que notre représentant au Cameroun, le journaliste Michel Biem Tong, est incarcéré dans le mouroir concentrationnaire de Kondengui à Yaoundé, pour un supposé « outrage au prophète» Paul Biya, parmi d’autres accusations fallacieuses telles que la « propagation de fausses nouvelles » et l’«apologie du terrorisme», il est urgent de réfléchir sur les notions de reportage, d’accusation, et de discours risqué dans des régimes oppressifs comme celui de Paul Biya (85 ans, 36 ans de règne).

 En effet la définition simple du reportage est l’acte ou le processus de reporter les actualités. Plus précisément, quelque chose (comme une actualité) qui est rapporté ou écrit puis destiné à rendre compte d’événements observés ou documentés. Ainsi, les reportages d’actualité, notamment par un témoin oculaire d’un fait ou d’une information d’intérêt général qui ont été rapportés; couverture médiatique d’un sujet ou d’un événement.

Toutefois, ces reportages peuvent être interprétés comme des «accusations». En effet, des systèmes de pouvoir autoritaire enracinés, perçoivent souvent à contrario un reportage qu’ils n’aiment pas comme une forme « d’accusation ». Cette tactique cynique de tourner des formes de reportages légitimes défavorables en accusations systématiques vise à délégitimer tout type de reportage qu’ils veulent absolument discréditer. Ces systèmes de pouvoir enracinés manipulent ainsi les preuves pour créer un climat de méfiance dans lequel même l’expérience de la vie peut être discréditée. À ce sujet, Joël Didier Engo, président du CL2P, en sait long sur le régime de Biya, ses laquais extravagants et ses idiots utiles qui l’ont toujours présenté comme le jumeau siamois de son père cloué au piloris. Ce qui est complètement absurde, car les jumeaux siamois ne peuvent pas être père et fils! Mais cela montre la profondeur des absurdités que ces gens-là sont prêts pour discréditer un homme et sa famille et montrer leur loyauté au prophète.

Plus fondamentalement, dans ces types de systèmes, il n’y a aucun moyen de rectifier la vérité car la vérité n’est jamais l’objet, mais le pouvoir. Ainsi, dans les systèmes oppressifs, il n’y a pas de possibilité de réponse objective, mais une question de statut.

Qui plus est le pouvoir de la définition et de l’auto-définition, à travers lequel les régimes oppressifs sont particulièrement efficaces pour qualifier les gens ordinaires, en particulier, d’opposants et de terroristes. Ce qui les transforme d’office en catégories biopolitiques bonnes à exterminer. Plus précisément, ces régimes n’ont même pas besoin de preuves, mais seulement du pouvoir du discours performatif. Ainsi, tout militant des droits civils peut devenir du jour au lendemain un terroriste.

C’est une tactique bien connue pour créer un effet paralysant. Hannah Arendt a observé qu’« un peuple qui ne peut plus rien croire. . . est privé non seulement de sa capacité d’agir, mais également de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez alors faire ce que vous voulez ».

Voici la réalité telle qu’elle se présente: nous ne pourrons pas tous nous entendre sur un reportage. Mais nous devrions au moins nous efforcer de trouver les faits dont nous pouvons discuter ensemble.

Alors, comment identifions-nous les faits? Voici quelques astuces pour déterminer la fiabilité des informations – astuces que nous n’utilisons pas systématiquement mais qui pourraient s’avérer utiles:

1) Localisez les évidences

Cette notion vient de la réalité que les sources anonymes sont en effet anonymes. Par conséquent, n’accordez aucune valeur aux sources anonymes, à moins qu’une organisation structurée et crédible qui a toujours fait preuve de prudence en revendique la publication. Cela signifie également que lorsqu’une source anonyme nie une allégation émanant d’une autre source anonyme, vous ne devez pas simplement croire la source anonyme que vous aimez.

2) Les Organes d’Informations qui apportent des corrections sont plus fiables.

Si un organe d’information publie des corrections, il est plus probable qu’il soit plus fiable que les autres. Les organes d’information qui s’obstinent après avoir été prouvés faux ont obstinément raison ou, bien plus probablement, obstinément faux. Cela ne signifie pas que les organes d’infos qui reculent constamment sont meilleurs que ceux qui ne le font pas. Cela signifie seulement que les organes d’infos qui ne reculent jamais n’en valent pas la peine.

3) Considérez l’idéologie.

Supposons qu’un site se penche à droite mais affiche des informations qui vont à l’encontre de son orthodoxie ou qui tolèrent les voix dissidentes au sein d’une bande du spectre. Il est plus probable qu’un tel site traite l’information avec respect, car l’idéologie n’a pas préséance sur les faits. C’est dangereux lorsqu’un site décide d’annuler ou de réécrire des nouvelles en fonction de leurs ramifications idéologiques

4) Ne vous contentez pas de lire rien que le titre et/ou ignorer l’histoire du journaliste.

Nous lisons tous les titres comme des raccourcis, mais trop souvent le point réel d’un article est enterré au paragraphe 19, comme le comprennent tous les organes d’informations traditionnels (raison pour laquelle, comme tout bon Eichmann, des personnes comme le colonel geôlier Joël Émile Bamkoui enterrent immédiatement toutes les informations qui disculpent Michel Biem Tong sur ses supposées ses relations avec les anglophones). La complexité accrue de l’information rend la digestion plus difficile et nous incite à filtrer les informations nouvelles ou conflictuelles, mais elle rend également notre information plus précise.

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques – CL2P

English version

The CL2P: Reportage, Accusation and Risky Speech

As our representative in Cameroon, Michel Biem Tong, is being incarcerated in the Biya’s personal dungeon of Kondengui, among other trumped charges which are propagation of fake news and “outrage against the head of state,” it is important to reflect on notions of reportage, accusation and risky speech in oppressive regimes.

The simple definition of reportage is the act or process of reporting news. More to the point something (such as news) that is reported or writing intended to give an account of observed or documented events. Thus, the reporting of news, especially by an eyewitness pertaining of news or information of general interest that has been reported; media coverage of a topic or event.

This reporting of news, however, can be interpreted as an “accusation.” Indeed, entrenched systems of power, often, perceived reportage they do not like as forms of accusations to delegitimize any kinds of reporting they want to discredit. These entrenched systems of power manipulate evidences to create a climate of distrust where even life experience can discredited.

In these kinds of systems, there is no way to rectify the truth because the truth is never the object but power. Thus, in oppressive systems, there are no possibilities of objective responses but a question of standing.

Thus, the power of definition and self-definition and the oppressive regimes are very good at labeling ordinary people, especially, as “opponents” and “terrorists” which turn into biopolitical categories to be exterminated. More to the point, these regimes do not even need evidences but only the power of performative speech act. Thus, any civil right activists can become overnight a terrorist.

This is a well-known tactic to create a chilling effect. Hannah Arendt observed that “a people that no longer can believe anything . . . is deprived not only of its capacity to act but also of its capacity to think and to judge. And with such a people you can then do what you please.”

Here’s the reality: We’re not all going to be able to agree on narrative. But we should strive to find the facts we can discuss together.

So, how do we identify the facts? Here are a few tips for determining reliability of information — tips that we all fail to use consistently but that could prove handy:

  1. Locate the Facts

This notion comes from the reality that anonymous sources are indeed anonymous. Thus, don’t put tons of weight on anonymous sources unless an organization with a history of caution has a bunch of them claiming the same thing. This also means that when one anonymous source denies an allegation from another anonymous source, you shouldn’t just believe the anonymous source you like.

  1. Outlets that make corrections are more reliable. If an outlet issues corrections, it is more likely to be more reliable than others. Outlets that double down after they’ve been proved wrong are either stubbornly right or — far more likely — stubbornly wrong. That doesn’t mean that outlets that constantly back down are better than those that don’t. It means that outlets that never back down are probably willing to fib to you.

  2. Consider the ideology. Let’s say a site leans right but will print information that counters its prevailing orthodoxy or will tolerate voices of dissent within a band of the spectrum. It’s more likely that such a site will treat information with respect, since the ideology doesn’t trump the facts. It’s dangerous when a site decides to quash news or rewrite news based on the ramifications of the news.

  3. Don’t just read the headline and possibly the history of the journalist. We all read the headlines for shorthand, but all too often the real point of an article is buried in paragraph 19, as all the mainstream outlets understand (which is why, as good Eichmann, folks like Bamkoui bury all the exonerating information about Michel Biem Tong and his Anglophone’s connections). More complexity in information makes it more difficult to digest and tempts us to filter out new or conflicting info, but it also makes our information more accurate.

The Committee For The Release of Political Prisoners – CL2P

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