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Mauritanie : Lutte contre l’esclavage : Le calvaire des défenseurs des droits humains

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D’après un rapport rendu public il y a quelques jours par Amnesty International, le gouvernement mauritanien brime les activistes qui dénoncent l’esclavage et la discrimination vis-à-vis de certaines minorités.

Arrestations arbitraires, torture, détention dans des prisons éloignées et interdiction systématique de se rassembler. Voilà en quoi se résume le chemin de croix des défenseurs des droits humains en Mauritanie. Leur crime : dénoncer haut et fort l’esclavage et la discrimination dont sont l’objet les membres des communautés haratines et afro-mauritanienne.

« D’après les estimations d’organisations internationales antiesclavagistes, jusqu’à 43 000 personnes étaient réduites en esclavage en Mauritanie en 2016, soit environ 1 % de la population totale », lit-on dans le rapport d’Amnesty international rendu public le 22 mars dernier et intitulé « Une épée au-dessus de nos têtes.La répression des militants qui dénoncent la discrimination et l’esclavage en Mauritanie ».

L’ONG dénonce également la discrimination dont sont victimes ces communautés en Mauritanie : « ceux-ci sont absents de pratiquement toutes les positions de pouvoir et rencontrent des difficultés pour se faire enregistrer sur les registres de l’état civil, ce qui limite notamment leur accès à des services essentiels ».

Malgré son abolition il y a 40 ans, le gouvernement mauritanien continue de tolérer la pratique de l’esclavage. De plus, très peu d’affaires y relative ont été enrôlées par les juridictions : « En 2016, seulement deux personnes ont été condamnées par les tribunaux du pays compétents pour connaître des affaires d’esclavage, alors que ces juridictions avaient été saisies de 47 dossiers, dans lesquels 53 suspects étaient impliqués » lit-on dans le rapport.

D’après Amnesty international, depuis 2014, 168 cas de défenseurs des droits humains ont été arrêtés arbitrairement dont 17 au moins ont été torturés et soumis à d’autres mauvais traitements : « Ils m’ont attaché les mains et bandé les yeux. Je ne voyais pas où ils m’emmenaient. Quand nous sommes arrivés, un officier a dit : “Bienvenue à Guantánamo », témoignait à Amnesty international en juin 2017 Amadou Tijane Diop, militant antiesclavagiste arrêté en 2016.

Amnesty invite les autorités mauritaniennes à mettre fin à la pratique de l’esclavage et de la discrimination ainsi qu’à cesser la répression vis-à-vis des défenseurs des droits humains qui dénoncent cette pratique.

hurinews.com

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