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Abah Abah

D’après une note transmise au chef de l’Etat en 2010 par la Direction du renseignement militaire, l’ancien directeur camerounais des Impôts, reconnu comme prisonnier politique par l’ONG française CL2P, faisait partie des personnalités à abattre avant la présidentielle de 2011. Les services spéciaux voyaient leurs ombres derrière une tentative de déstabilisation du pays.

L’exploitation de l’historique du compte bancaire de l’ancien directeur des Impôts et du témoin de l’accusation a permis de se rendre à l’évidence que les 1,8 milliards viré dans le compte personnel d’Abah Abah l’a été à l’insu de ce dernier et par une erreur de la Commercial Bank of Cameroon elle-même.

Sollicitée depuis le mois dernier par le parquet général du Tribunal criminel spécial pour la production de l’historique du compte personnel de l’ancien directeur des Impôts et ancien ministre des Finances, la Commercial Bank of Cameroon (Cbc) reste toujours muette. Accusé du détournement d’un montant de 1,8 milliards de F CFa, Polycarpe Abah Abah est reconnu comme prisonnier politique par l’Ong française CL2P.

L’incarcération depuis plus de 7 ans de l’ancien directeur des Impôts et ancien ministre camerounais présente une façade d’assainissement des mœurs publiques qui cachent mal une guerre fratricide dans le sérail camerounais. Embastillé dans un camp militaire à Yaoundé, Polycarpe Abah Abah se trouve ravalé par une avalanche de procès qui a suscité l’intérêt du Comité de libération des prisonniers politiques au Cameroun, une ONG française qui s’est mise sur ses traces depuis quelques mois. Voyage au cœur des tribulations judiciaires de l’ex-grand argentier national.

Lors de la visite de François Hollande au Cameroun le 3 juillet dernier, le président camerounais a soutenu la thèse officielle selon laquelle l’avocate française d’origine camerounaise avait détourné une partie des 2 milliards qu’elle a été chargée de recouvrer pour le compte de l’Etat du Cameroun. Pourtant, d’après une correspondance adressée en janvier 2005 par le ministère des Finances de l’époque au Premier Ministère, la conservation par Me Lydienne Eyoum d’une partie de cette somme se justifiait bel et bien.

Au cours d’un point de presse ce samedi à Yaoundé, les avocats de l’ancien ministre des Finances, condamné à 25 ans de prison ferme mardi dernier, ont regretté que tous les arguments de fait et de droit en faveur de leur clients aient été ignoré par la justice. S’agissant des …