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Jean Marie Atangana Mebara

L’ONG parisienne dénonce une parodie de justice et en appelle à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples afin qu’elle saisisse la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. L’intégralité du communiqué:

La Cour suprême devra rendre sa décision sur la condamnation à 20 ans prononcée en octobre 2013 par le Tribunal criminel spécial contre l’ancien secrétaire général à la présidence de la République et son co-accusé Ephraïm Inoni, ancien Premier Ministre. A l’audience du 13 juin dernier, un conseiller-rapporteur de la Cour avait suggéré à cette dernière la confirmation de la décision du Tribunal. Accusés du détournement d’une somme de 1,7 milliards de F CFA dans le cadre de la gestion de la dette de la défunte Cameroon Airlines, les condamnés clament leur innocence.

La décision de condamnation a été rendue ce mercredi 22 juin 2016 par le Tribunal criminel spécial du Cameroun. Il est reproché à Atangana Mebara le détournement de près de 3 milliards de F CFA destiné à l’achat d’un avion présidentiel. Cette peine de prison infligée à l’ancien secrétaire général à la présidence vient s’ajouter à deux autres à 15 puis à 20 ans de prison pour malversations financières.

Inculpé en 2009 pour détournement de 3 milliards de F CFA destiné à l’achat d’un avion présidentiel, l’ancien secrétaire général à la présidence ne sera fixé sur son sort que le 22 juin prochain. Pourtant, les conventions internationales relatives aux droits de l’homme ratifiées par le Cameroun prescrivent le jugement des citoyens dans un délai raisonnable. Bien plus, Jean Marie Atangana a dénoncé au cours de ce procès une violation de ses droits à la défense.

Dans une décision rendue récemment, la Commission des droits de l’homme de l’Union africaine recommande également à l’Etat du Cameroun de verser à l’ancien ministre 400 millions de F Cfa en guise de dédommagement pour détention arbitraire. Pour cet organe quasi-juridictionnel, Jean Marie Atangana Mebara, incarcéré depuis août 2008 à la prison centrale de Yaoundé, n’a pas eu droit à un procès équitable. Ce, en violation de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Alors que le Tribunal criminel spécial dispose d’un délai légal de 9 mois maximum pour statuer, le procès de l’ancien secrétaire général à la présidence n’a toujours pas connu de verdict un an et demi après. La procédure en cours achoppe sur la comparution des témoins de l’accusé. Ce dernier est poursuivi pour le détournement de 4 milliards de f Cfa dans le cadre de l’achat d’un avion présidentiel.

Dans l’imagerie de l’homme camerounais, l’ancien secrétaire général de la présidence est celui dont les malversations financières ont privé le chef de l’Etat d’un aéronef pour ses déplacements. Mais en réalité, ses ennuis judiciaires procèdent des ambitions présidentielles que certains membres de l’entourage présidentiel lui ont prêtées.