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SOUTHERN CAMEROONS

Le gouvernement indépendantiste vient de contacter des cabinets d’avocat américains pour une plainte à la Cour pénale internationale contre le président camerounais, quelques membres de son gouvernement et certains hauts gradés de l’armée. Ce beau monde devra répondre des faits de génocide et de crimes contre l’humanité suite aux massacres de dizaine et de milliers de civils dans le Southern Cameroons (nord-ouest et sud-ouest anglophones du Cameroun). Les indépendantistes anglophones ont jusqu’au mois d’avril prochain pour déposer leur plainte.

Depuis la survenue le 14 février dernier du massacre par l’armée et une milice locale pro-gouvernementale de jeunes enfants et de femmes enceintes à Ngarbuh, dans le nord-ouest anglophone du Cameroun, le pouvoir de Yaoundé et ses soutiens sont en train d’instrumentaliser un drame vécu quelques jours plus tard et non loin de là par une famille bororo (peuple autochtone) afin de détourner les attentions de l’incident de Ngarbuh. Pourtant, le calvaire que vit la communauté bororo dans le Southern Cameroons est en réalité la conséquence de l’utilisation de cette communauté par le régime de Paul Biya pour la création des milices en vue de terroriser les populations bantoues locales qui apportent leur soutien aux indépendantistes.

Entre le 12 et le 18 janvier 2020,598 habitations ont été brûlées par des soldats camerounais au cours d’un raid. Des recasés de la catastrophe du Lac Nyos survenue il y a plus de 30 ans ont ont également vu des militaires camerounais réduire leurs maisons en cendres. Dans le Kupe Manengouba, au sud-ouest anglophone, plus de 50 civils ont été massacrés dans et 12 villages rasés.

C’est l’une des recommandations contenues dans le rapport établi par 5 enseignants anglais de l’University of Oxford et transmis fin octobre dernier au parlement anglais.

Abdulkarim Ali a été enlevé ce jeudi 26/09/2019 à Douala par des hommes armés et transférés à Yaoundé où il serait détenu au secret. L’acteur de la société civile est soupçonné de par ses prises de position d’être proche des milieux séparatistes.

Au cours de la semaine du 2 au 8 septembre qui vient de s’achever, plus d’une vingtaine de civils innocents ont été assassinés par des militaires camerounais au cours d’incursions dans des villages au Cameroun anglophone, à en croire plusieurs témoins contactés par la rédaction de votre journal. Ces derniers signalent l’usage des lance-roquettes par des soldats dans certaines localités. 

Les massacres se poursuivent de plus belle dans le Cameroun anglophone. Les soldats camerounais y prennent pour cible essentiellement des jeunes et des personnes âgées. Des corps sans vie y ont également été retrouvés. Pour un massacre à huis-clos, c’en est un. Le monde entier reste malheureusement muet. Ci-dessus, la liste des victimes remontée à notre rédaction par des témoins sur place, seulement pour ce mois de juillet 2019 :