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Tchad : A l’approche de la présidentielle : Les libertés publiques se dégradent

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A mesure qu’approche la date de la présidentielle de 2021 au Tchad, le régime du maréchal Idris Deby fait régner un climat de terreur qui cible principalement les opposants et les défenseurs des droits humains. Le pouvoir de N’djamena utilise le prétexte de la lutte contre le COVID-19 pour restreindre la liberté de presse, la liberté de réunion et de manifestation publiques. Ci-dessous, l’intégralité du communiqué d’Amnesty International  rendu public le 2 décembre dernier :

L’activiste Alain Kemba Didah placé en détention. Interdiction systématique des rassemblements de la société civile et de l’opposition. Une radio privée attaquée par des éléments de la police. La multiplication des atteintes à la liberté d’expression et d’association a atteint une proportion inquiétante au Tchad, depuis que les autorités ont organisé le mois dernier, un forum sur des réformes politiques et institutionnelles, boycotté par une partie de l’opposition et de la société civile, a déclaré Amnesty International aujourd’hui.

Le défenseur des droits humains Alain Kemba Didah, coordonnateur du mouvement citoyen Le Temps qui figure parmi les organisateurs d’un forum alternatif prévu du 27 au 29 novembre, à l’initiative de plusieurs organisations et partis politiques, a été placé en détention provisoire lundi.

Arrêté le week-end dernier dans les locaux de la radio privée FM Liberté à N’Djamena la capitale, Didah est inculpé pour troubles à l’ordre public et acte de rébellion. La lutte contre la pandémie de COVID-19 ne doit pas servir de prétexte pour limiter abusivement les droits des citoyens en interdisant systématiquement des rassemblements de la société civile et des partis d’opposition.

Tity Agbahey, chargée de campagnes pour l’Afrique centrale à Amnesty International : « La lutte contre la pandémie de COVID-19 ne doit pas servir de prétexte pour limiter abusivement les droits des citoyens en interdisant systématiquement des rassemblements de la société civile et des partis d’opposition, » a déclaré Tity Agbahey, chargée de campagnes pour l’Afrique centrale à Amnesty International. Les autorités doivent abandonner toutes les charges contre Alain Kemba Didah, ainsi que les deux autres personnes arrêtées dans les mêmes circonstances et les libérer immédiatement. »

Le maréchal Idris Deby Itno, président de la République du Tchad et bourreau des défenseurs des droits humains au Tchad

Le 27 novembre, la radio privée FM Liberté a invité les initiateurs du forum alternatif pour recueillir leur réaction face à cette interdiction. Des éléments de la police sont intervenus dans les locaux de la radio et auraient fait usage de gaz lacrymogène. Selon les informations recueillies par Amnesty International, plusieurs personnes se trouvant sur place au même moment pour une formation ont été arrêtées avant d’être embarquées. Il y avait des journalistes dans ce groupe de personnes arrêtées dont certaines auraient reçu des coups de la part des éléments de la police.

Elles seront libérées quelques heures après leur arrestation à l’exception de Alain Kemba Didah et deux autres personnes. Dans un communiqué, la police a indiqué que ces personnes avaient été arrêtées en application d’un arrêté ministériel portant interdiction du forum citoyen. A l’appel de l’Union des radios privées du Tchad, une « journée sans radio » a été organisée hier dans le pays pour dénoncer les atteintes à la liberté de la presse et protester contre l’attaque de la radio FM Liberté.

Ces nouvelles atteintes à la liberté d’expression et la liberté de réunion pacifique interviennent quelques semaines seulement après l’encerclement des sièges de partis politiques et de mouvements de la société civile par des éléments des forces de l’ordre. Du 30 octobre au 1er novembre, le gouvernement tchadien a organisé le deuxième forum national qui a adopté des propositions de réformes politiques et institutionnelles dans le pays dont la mise en place d’un Sénat, la création d’un poste de vice-président, et la baisse de l’âge pour être candidat à la présidentielle, de 45 ans à 40 ans.

« Alors que la journée dite de la fête de la liberté et de la démocratie a été célébrée hier au Tchad, les autorités doivent garantir en tout temps et en toutes circonstances le libre exercice de la liberté d’expression, y compris le droit à l’information de la population, » a déclaré Tity Agbahey.

« Alors que la journée dite de la fête de la liberté et de la démocratie a été célébrée hier au Tchad, les autorités doivent garantir en tout temps et en toutes circonstances le libre exercice de la liberté d’expression, y compris le droit à l’information de la population ». Tity Agbahey.

Source : amnesty.org

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